‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 3 sur 471 · LANGUES ET RELIGIONS DES INDES · texte numérisé non relu

LANGUES ET RELIGIONS DES INDES

dit, il n'existe pas moins de cinq races bien délimitées, à la fois par l'apparence physique, les mœurs et les langues, La race dont l'influence est prépondérante, celle des « Aiyens », dont les purs représentants vivent dans le haut bassin du Gange, en vue des monts sacrés Djamnotri et Gangotri, ne comprendrait que dix millions d'individus, si l'on se borne à compter ceux qui portent le nom de brahmanes; mais en dépit de l'institution des castes, qui d'ailleurs est d'origine postérieure à l'époque des invasions, et que le bouddhisme suspendit pendant des siècles, les Aryens vainqueurs se mélangèrent diversement avec les aborigènes. Tandis qu'ils S'indianisaient eux-mêmes, ils aryanisaient graduellement les peuplades de la Péninsule; dans les régions septentrionales et moyennes de l'Inde, et dans Pile de Ceylan, on ne compte pas moins de 170 millions d'hommes qui parlent des langues aryennes. L'Inde méridionale constitue dans son ensemble une autre région glossologique, celle des idiomes dravidiens. Dans les provinces centrales, des populations encore à demi sauvages, Lelles que les Koh, les Moundah, les Santhal, les Gond, d'autres encore, qui descendent probablement des anciens maîtres de la Péninsule, refoulés peu à peu vers les pays montueux et boisés de l'intérieur, parlent des langages d'une troisième famille, à laquelle on donne généralement le. nom de Ksklarienne, d'après Fun des peuples principaux du groupe autochthone. Une autre tribu, celle des Khast où Khasia, qui vit dans une région montagneuse, entre le bassin du Brahmapoutra et celui de lrraouaddi, constitue à elle seule une quatrième famille, parfaitement distincte de toutes ses voisines par son langage. Enfin les idiomes bod où Uibéto-barmans de l'Himalaya et de l'Indo-Chine occidentale, les langues taï ou du groupe siamois, moï ou du groupe annamite, et les nombreux parlers compris sous le nom de malais sont autant de divisions nettement tranchées, témoignant de l'extrême diversité des origines, Cust ne compte pas moins de 245 langues distinetes dans les Indes Orientales, offrant toutes les transitions imaginables, des idiomes monosyllabiques de lndo-Chine aux riches langages à flexion de l'Hindoustan, dérivés du sanserit!,

Le domaine des religions qui naquirent dans les plaines septentrionales de linde s'étendit, grâce à Ta propagande, beaucoup plus loin que l'aire des langues aryennes, et ces eulles apportèrent avec eux la civilisation correspondante, Quoi qu'on en ait dit, le brahmanisme, qui succéda aux anciennes cérémonies védiques, chercha, comme toutes les autres reli-

# Robert Cust, Les Religions vt les Langues de l'Inde vit 2

ja NOUVELLE GÉOGRAPHIE ENINERSELE

vions, à conquérir de monde: 1l poussa meme ses Conqueles Jusque dans

‘ile de Java et dans ses voisines Balt et Lombok, où Fon retrouve encore Son influence dans le dialecte, les traditions, les mœurs, les arts, Tes inst tutions'politiques, Toutes les lingues des Indes Orientales gardentaucmonmns les traces des mythes et des cpopees que leur ensergnerent les nrsstons naires hindous; jusque ehez les peuplades porennes des des mabuses et les forêts de Findo-Chine se voient des cérémonies rappelant par quelques traits les rites qui se pratiquent jadis dans le pass des Sept Buvicres, Mas la propagande des disciples de Bouddha fut bien autrement acte que celle des religions brahmaniques. Wecun zèle qui ne fat jamans dépisse, les hévauts de la Grande Doctrine allérent à la recherche de tous les peuples, barbares où enilisés, pour leur annoncer Va bonne nouvelle d'evalite, de renoncement, de justice et d'amour fraternel. Hs dépasser nl méme des bornes des Indes Orientales, et franelissant Findou-kouch, le Pa mur, Pimalava, ils tentérent hr econquéte morale deseontrées qui Sétendent par dela ces monts jusqu'à Pocéan Pactique. Leur foi sabjugua les populaüons du Bbet, de la Mongolie, de li Clune. du Japon, et Fratluence Sent entr, sous la forme du chamanisme, aux bords mémes des eaux polasres, chez les Tehouktehes, les Toungouses etes Sumovedes = encore pendant moitié de ce siéele, avant les grandes révolutions elunorses et prodisteux weroissement de a race blanche en Europe et dans le Nouveau Monde, Ta religion de Bouddha avait un nombre adhérents beaucoup plus constderable que le culte catholique et les dierses sectes que se réclament du Boum de Jésus-Christ Mais tandis que le bouddhisme se cepandait ainmsr en dehors de sa patrie, apportane avec fur les idées Hindoues, et en matnte contrée a connaissance de Sa langue suimnte, le pal, et de l'écriture

divine », le nagart, 1 perdait peu à peu son empure dans Findoustan et méme étut çà et lt brutalement refoulé dans les hautes vallées des monunes: esprit de caste, représenté par les cultes divers d'orsne brahma-

nique, aval repris le dessus, Plus tard une troisième religions celle de FI

am, fut umportée de Asie occidentale par la propagande et par les armes,

Léest précisément dans le pass sacré des e Sept Rivières», devenu maine

tenant Le Pandjab où les e Cinq courants», que la foi nouvelle à pris le

plus il importance : ain les religions succèdent aux religions sur le méme

sol, de méme que dans une forèt les especes d'arbres échangent de siecle

UE À ; CN Siecte Par un phénomenc de rotation naturelle, Son int les grands che-

mins de commerce avec les navires arabes, le mahomeétiqme se répandit aussi dans les archipel du sudeest de Pie en se superposant aux diverses re-

ligions locales, Quant au christianisme, lne devint religion dominan 4e

dans les pose où 1 fut smposé par la force, comme naguère à Calieut et Cela: mars dans tous ces distiiets le catholicisme perdit bientôt sa pree-

bunence apparente sur Les culles nationaux en cessant d'être religion d'Etat.

PES DE HELIGIONS DANS L'HISDOUSTAY

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1000 kil

Depuis ve âges lointains des migrations aryennes, les populations de l'inde eurent eo ujeur- un role passif dans l'histoire des cuerres el des

invasions. Au point de vüe moral, la force d'expansion du génie hindou

fut des plus considerables, ainsi que Île prouvent les triomphes du boud- } I

ti NOUVELLE GÉOGRAPINE ENINERSELLE.

dhisme dans toute FAse orientale et Faction profonde que les idées, les traditions et les mythes d'origine indienne exercérent sur les philosophes el les théologiens de l'Asie antérieure, de FEgspte et de la Grèce, pendant la période qui prépara Fasènement du christianisme. Mais au point de vue matériel les peuph s luadous. non encore arrivés à la constitution de k ut propre unailte politique, he: prouvae nt songer à débordet sur les Coll Uves voisines, ailleurs, quel pass eût pu leur paraitre désrable en comparaison de leur patrie, riche en produits de toute espèce, si belle, avec ses eux courantes, ses forèts et ses montagnes? Les terres Himitro- | hes, ali nord st les colline s hab es par di à tribus de piilards, au nord les forêts insalubres et les monts neigeux, à louest les àpres défilés et le morne desert, etaient pour eux des régions redoutables où ne se hasardatent qui des marchands, chemunant en caravanes. A l'exception de ces mA\Sérieux Tsiganes, que Fon croit étre les descendants des Djat ou des Bandjart chassés des bords du Nind par les Arabes, au huitième et au neuvième siecle, mars qui S'associérent à d'autres exilés de inde, — peut-étre à celle caste de chaudronmiers voyageurs qui ntroduisrent le bronze en 0e cident®, — aucune émigraon en masse de populations hindoues ne se fit pendant les temps historiques; aueune marche conquéraite n'eut son point de départ dans les plaines de Findoustan pour se porter au delà des monts dans Ps occidentale, Quoique riverains de la mer sur un développement coter d'environ 6000 kilometres, les Hindeus ne furent jamais de grands navigateurs, et l'expatriation eclait meme interdite aux deux casles élevées, Test rar que des Bang vana où Banians hindous, venus pour la plupart du Goudzerat et de la côte voisine, se rencontrent dans tous les ports de Ta mer d'Arabie: toutefois est par Fentremise des \rabes que de tout temps, depuis l'époque d'Hiram et de Nilomon jusqu'au Vo de Vasco de Gama, se ht la plus crande partie du commerce extérieur de la Péninsule,

Mais que de souverains ambitieux, que de généraux avides de gloire et de fortune tentérent ER conquète de ces Indes, dont le nom mème était devenu le honte de “ichesses infinies! C'est de là que venaient les etoiles précieuses, les armes merustées, les ivoires st ulptés, les perles, les diamants et For: les peuples de l'Occident attribuent à cette contrée tous les trésors des pass de la fable. Kémiramis aurait envoré déjà ses armées

jusqu'au Nindhou: Crus aurait marché lüisamème vers les confins de F'inde,

et la légende dit qu'au retour us ceux qui Faceompagnaient périrent dans

1 Paul Batatlurd: -— Girard de Rialle, les Peuples de Asie et de l'Europe.

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