‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 30 sur 471 · RESTE · texte numérisé non relu

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6t NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

doustan, coulent parallèlement Pane à l'autre et se déversent dans le même golfe de la mer d'Arabie; quoique ayant des bouches séparées, elles semblent appartenir au même système hydrographique. Mais ces deux rivières sont les seules de la côte occidentale qui aient une certaine importance: partout ailleurs, le versant des Ghat est trop étroit pour qu'un bassin considérable ait pu se former. Tous les grands cours d'eau du système des Ghat occidentales ou orientales, la Maha naddi, la Godaveri, la Krichna, les deux Panar, la Kaveri, descendent vers le golfe du Bengale, en étalant leurs alluvions en larges deltas au devant de leurs embouchures. Il est peu de rivières dans le monde qui aient une alternance plus rythmique entre la période des maigres et celle des crues : toutes leurs oscillations sont réulées par les mouvements de l'atmosphère; avant d'apparaître à la surface du sol, les cours d’eau se forment déjà dans les espaces aériens : elles sont avant tout un phénomène météorologique. Dans aucun pays de la Terre, les cultivateurs n'ont un plus grand souci d'aménager leurs rivières pour se rendre indépendents de l'alternance des saisons; c’est une condition de vie ou de mort pour eux, pressés en multitudes dans leurs campagnes. Tandis que dans l'Inde du nord la faible pente des fleuves à nécessité pour l'arrosement des terres le creusement de longs canaux se ramifiant à l'infini dans les plaines, la nature inégale du sol sur les plateaux du Dekkan et sur le versant de la côte de Coromandel à forcé les habitants à recourir à la construction de réservoirs; ils ont rétabl', pour ainsi dire, l’état primitif de la contrée, tel qu'il était lorsque les rivières, n'ayant pas encore eu le temps de régulariser leur lit, descendaient de bassin lacustre en bassin lacustre par des rapides où des cascades; ainsi l'industrie à revroduit dans l'Inde méridionale des sites qui rappellent, du moins par le ichief, ceux de la Neandinavie. Quelques-uns de ces 55 000 lacs restaurés par les agriculteurs du Dekkan et des côtes de Coromandel ont des centaines de kilomètres carrés de superficie; ce sont les plus vastes qui se trouvent dans tout l'Hindoustan, en dehors de l'Himalaya. Des digues, appelées aniculs par les Anglo-Indiens, retiennent les eaux des :-2rvoirs pour la saison des sécheresses; le surplus qui s'échappe par le seu des calingulas, sert à remplir plus bas un deuxième étang et c'est ainsi que, d'étage en élage, des bassins marquent le parcours des canaux d'irrigation, de leur origine à leur fin, comme des ganglions sur un filet nerveux. Lors des grandes pluies, il arrive fréquemment que les anicuts, mal entretenus pendant une période d'oppression, de guerre où de pauvreté, cèdent sur quel-

que point; alors un réservoir se vide tout à coup; les eaux, méèlées aux

pierres, à la boue, aux débms de toute espèce enlevés sur leurs rives,

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