MUSULMANS DE L'INDE
des « Sept » ou des « Cinq Fleuves » qui fut le berceau de leur foi. À l'orient du Pandjab, les musulmans sont partout en minorité, si ce n'est dans quelques districts; mais en plusieurs provinces, et surtout dans le Bengale, ils sont assez nombreux pour faire front aux populations hindoues. Dans l'Inde méridionale, ils peuplent surtout les villes maritimes du littoral, et le plus grand État médiatisé, le royaume de Haïdarabad, est sous la domination d’un prince musulman.
Les éléments étrangers, Afghans et Rohilla, Persans et Tures, sont assez fortement représentés parmi les mahométans des provinces nord-occidentales, mais dans les autres parties de l'Inde l'Islam n'a guère d'autres sectateurs que des Hindous de basses eastes : la même révolution populaire qui avait jadis converti la population indienne au bouddhisme s’est renouvelée, mais en bien moindres proportions, pour le mahométisme; la suppression des castes devait attirer ceux qui voulaient échapper à la loi de fer imposée par les brahmanes. Mais parmi ces millions de musulmans la plupart ne le sont guère que de nom. Dans presque tous les villages du Bengale, les gens des deux religions participent aux mêmes cérémonies, et la seule différence consiste en formules de prières prononcées par les prêtres des cultes respectifs. De même, sur le territoire de Pondicherry, les divers eultes se sont rapprochés. Les musulmans ont adopté des Hindous et des chrétiens l’usage des processions, qui leur était primitivement étranger'. Les pompes de ces processions sont identiques dans les trois cultes et les membres des trois communions se font un devoir d'observer leurs fêtes en commun et d'assister avec un égal recueillement à leurs solennités mutuelles ; les mêmes drapeaux servent alternativement aux fêtes des Hindous, des musulmans et des eatholiques*. A l'approche ou à la sortie d’un port, les patrons des bâtiments, Hindous, musulmans et chrétiens, saluent également le sanctuaire ou le mausolée qui domine la cité. Imitant les Hindous, les catholiques ont ajouté à leurs rites la représentation de drames religieux interminables qui sont évidemment copiés sur les taziehs chiites et sur les mystères brahmaniques*. Cependant on peut dire que, pris en masse, les musulmans se différencient de plus en plus des Hindous appartenant aux religions issues des Védas. L'opposition des cultes a pour conséquence la diversité de la nourriture, des pratiques, des professions et des mœurs; c’est ainsi que presque tous les matelots ou lascars sont mahométans, quelle que soit leur origine, arabe, afghane ou
* Garcin de Tassy, Mémoire sur les Particularités de la religion musulmane dans l'Inde. 2 Julien Vinson, Les Castes du sud de l'Inde, Revue Orientale, 2° série, n° 4. 3 De Gobineau, Les Religions et les Philosophies dans l'Asie centrale.
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indienne, Très fréquemment des tuttes éelatent dans les villes où les denx religions sont en force: mosquées où temples sont dévastés: Hindous ct «tueurs de vaches », ainsi qu'on désigne d'ordinaire les musulmans, s'éuorgent dans les rues au nom d'Allah où de Vichnou, Le gouvernement britannique est souvent obligé d'intervenir entre les belligérants; mais i] n'ignore point que si sa puissance devait être un jour menacée, il pourvail faire appel aux uns contre les autres el maintenir son règne par la division de ses sujets.
Non seulement le nombre des musulmans s'aceroit dans l'Inde, mais leur proportion relative augmente aussi : aucun mahométan ne se fäit chrélien; mais de nombreuses eonversions, parmi lesquelles on compte celles de quelques Anglais, séduits par la Simplicité de la foi et la majesté tranquille du eulle, ne cessent de se faire au profit de Fislam; ses progrès sont
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plus grands qu'aux temps mêmes où des souverains mahométans régnaient sur l'Hindoustan". Plus des neuf dixièmes d'entre eux appartiennent à la
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secte des sunnites, mais sans trop savoir qu'ils reconnaissent ainsi le
sullan de Roum où Constantinople comme le « chef des Croyants ». Ni ce