‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 317 sur 471 · SES VER · texte numérisé non relu

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et c'est contre eux surtout que se composent les chansons de village. Une part très considérable de la fortune du pays se trouve entre leurs mains, quoiqu'ils soient relativement très peu nombreux; mais ils se soutiennent mutuellement et constituent dans l'Inde entière une association puissante. Parmi tous les habitants de la Péninsule, ce sont eux qui témoignent du plus grand zèle comme bâtisseurs ; quelques-uns de leurs groupes de sanctuaires, Palitana, dans le Kathyawar, le mont Abou, dans le Radjpoutana, la colline de Sounagarh dans le Bhoundelkhand, le mont Parasnath, dans le Bengale, sont parmi les plus somptueux qui existent : ce sont de véritables cités religieuses".

Leurs plus beaux monuments datent, comme ceux des brahmanes, des onzième, douzième et treizième siècles. C’est alors que furent élevés ces temples prodigieux qui ont à la fois la majesté d’aspeet, la belle disposition des masses, l’infinie variété des ornements et la délicatesse du travail. On peut citer le temple de Kadjraha, dans le Boundelkhand*, en exemple de ces constructions admirables, œuvre de tout un peuple. Mais les temples hindous n'offrent que bien peu de représentations vraiment belles de la figure humaine : seuls les bouddhistes, avec lesquels les Gréco-Bactriens ou Yavanas sont associés par les historiens de l'Inde”, sculptèrent sur leurs stoupas des bas-reliefs, dont quelques-uns ne dépareraient pas un monument de la Grèce ou de l'Asie Mineure. Les peintures murales ne se rencontrent guère non plus que dans les temples souterrains des bouddhistes, dans la partie nord-occidentale du Dekkan. Un des caractères du temple hindou est l’étroitesse de l’espace réservé au dieu. Si vaste que soit l'édifice avec ses cours, ses périsiyles, ses étangs, ses pyramides d'entrée, le sanctuaire proprement dit n'est qu'une étroite et sombre cellule, d'autant plus auguste aux yeux de l’adorateur tremblant qui s’y trouve face à face avec le dieu.

Des religions étrangères qui se sont propagées dans les Indes, une seule, l'islamisme, a de l'importance par le nombre de ses fidèles. Environ le cinquième des habitants de la péninsule Cisgangétique se réclament de Mahomet, et la Grande-Bretagne se trouve ainsi € la première puissance musulmane du monde ». Les mahométans ne forment la majorité de la population que dans l'Inde nord-occidentale, des deux côtés de l'Indus : cette région, si souvent envahie par des conquérants descendus des plateaux de l'Occident, se rattache par le culte au monde de l'Asie antérieure; les Hindous ont dù céder aux immigrants de religion sémitique la contrée

! James Fergusson, History of the Indian an1 Eastern Architecture.

2 L. Rousselet, L'Inde des Rajahs.

5 W. W. Hunter, Orisra.

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