‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 320 sur 471 · MUSULMANS ET CHRÉTIENS DE L'INDE · texte numérisé non relu

MUSULMANS ET CHRÉTIENS DE L'INDE

royale. Les Anglais admettent beaucoup moins de mahométans que d'Hindous au nombre des fonctionnaires impériaux ; ils leur ferment l’armée, les tribunaux, l'administration supéricure. Il est rare que dans les écoles publiques les enfants musulmans occupent la première place‘; ayant en général un esprit moins libre, une plus étroite conception des choses, ils sont plus réfractaires que les enfants hindous à l’enseignement des maites européens. D'ailleurs, c’est avec répugnance que les pères, quand ils n'ont pas de médressé qui leur appartienne en propre, envoient leurs fils aux écoles des Anglais ; dans ces établissements étrangers, la langue de l’enseignement est rarement la leur et les professeurs, hindous ou eurasiens, n’appartiennent point à leur religion. Il a fallu en appeler aux docteurs de la loi et leur faire prononcer que les jeunes musulmans pouvaient, sans danger pour leur salut, suivre les cours des écoles publiques.

Le christianisme est l’une des anciennes religions de l’Inde, ainsi qu'en témoignent, non seulement une tradition continue relative à la mission de l’apôtre Thomas dans l'Inde méridionale, mais aussi les croix, les images symboliques de la Trinité représentées par un vieillard, un jeune homme et un oiseau”, et les inscriptions en langue pehlvi trouvées sur le mont Saint-Thomas et en d'autres endroits. Lorsque les premiers missionnaires ilaliens pénètrèrent dans la péninsule Cisgangélique, au commencement du quatorzième siècle, ils s’étonnèrent de voir dans les cités du Malabar des coreligionnaires considérés à légal des brahmanes et occupant les charges élevées de l’État : l'influence des chrétiens était plus considérable qu'on ne l’admet d'ordinaire. Lors de l’arrivée des Portugais commencèrent les conversions en masse, aidées par le bras séculier; en 1599, au synode d'Oudiamper, près de Cochin, les trois quarts des « Nazaréens » se rattachèrent à l'Église romaine et adoptèrent le rite latin; mais les persécutions, les dissensions, les schismes, amenèrent bientôt la décadence et nombre de convertis revinrent aux religions hindoues. Les récits des voyageurs et des missionnaires s'accordent à dire que les chrétiens était jadis œaucoup plus solidement groupés qu’ils ne le sont aujourd'hui. Vers le milieu du dix-huitième siècle, les jésuites commandaient à plus de 40 000 fidèles dans le Maïsour et le pays de Madoura; c’est trois fois plus qu'il n’en existait un siècle plus tard. Lors de la conquête de Ceylan par les Hollandais, en 1650, les rites des cultes nationaux ne se pratiquaient plus qu'en secret : officiellement les Cinghalais étaient devenus chrétiens. Le

‘ Richard Temple, India as il is.

2 Graul, Reise nach Ostindien.

5 Albrecht Weber, Indische Skizsen.

Le

nrer

Dr Ce

pc er M OR S CEE

Fe Ts ui 50)

né

Page 1