DOMINATION ANGLAISE DANS L'IIINDOUSTAN
dou’. Quoi qu'il en soit, il est rare que des Anglais se donnent la peine d'apprendre à connaitre la foule qu'ils gouvernent de si haut; les phénomènes les plus importants de la vie nationale qui s'agite au-dessous d'eux restent souvent ignorés ou ne leur sont présentés que sous un faux aspect par des brahmanes intéressés*, On ne connaît même pas encore la véritable eause de l'insurrection des cipayes qui, en 1857, menaca si gravement le maintien de la domination britannique’. Le résident étranger, entouré des siens, s'étant créé toute une petite Angleterre, aperçoit comme des ombres ces gens de race différente qui s’agitent autour de lui. I ne sait quels sont leurs sentiments, leurs pensées, leurs passions. I lui suffit d'avoir intéressé à sa cause de vaniteux babous, quelques parsis de Bombay, autres étrangers, et des princes richement pensionnés, pour qu'il s'iaagine avoir acquis les sympathies de la nation. Mais dans laquelle de ses possessions immenses le conquérant a-t-1l réussi à se concilier les habitants, à faire des Anglais de cœur, sinon de race? Or telle est la condilion première d'une véritable union politique. La domination britannique reste done toujours instable dans les Indes, non que les indigènes puissent s'unir contre les conquérants étrangers, si le régime des castes n'est pas emporté par une révolution plus profonde que ne le furent le bouddhisme et le kabirisme. Les Hindous sont trop divisés en classes inconciliables pour qu'ils puissent naître à l’idée de patrie et revendiquer leur indépendance commune; le despotisme est le régime qui « divise le moins » les Hindous, mais ils changeraient volontiers de maitres : passer d’an esclavage à un autre apparaît aux asservis comme une sorte de liberté.
Et puis, chaque peuple n'a-t1l pas de ressources ignorées de luimême, qui se manifestent lout à coup sous l'influence des évènements? Bien que les castes se trouvent presque toujours isolées, s'interdisant tous rapports muluels, on les a vues pourtant s'unir sans accord préalable. En 1S77, à la suite d'indignités que la police avait fait subir à des combis, le travail cessa comme par enchantement sur les quais et dans le port de Bombay : la vie commerciale de la cité s'arrêta soudain. Jamais on ne vit en Europe de grève aussi unanime dans ses demandes, aussi prompte dans ses effets*. Gens de toute easte, Hindous et mahométæss, ne pourraient-ils un jour se réconciher de la mème manière contre l'étranger qui
les domine”?
! Henry Morris, À Descriptive Account of the Godavery district, in the presidency of Madi # Nelson, Prospectus of a scientific Study of the Hindu Law.
5 Draddon, Life in India
4 Trant, Fortnightly Review, vol, AANE, 1879.
C'est done par la force et par le prestige de leur nom que les Anglais ont
à conserver la possession de lnde; mais il ne s'agit pas seulement de se
Ux maintenir dans le pays, il faut aussi en garder la route contre loute attaque ; 14 les seuls ennemis à redouter ne sont pas des insurgés futurs, hindous ou 1 mahométans, ce sont les puissances dont les domaines bordent le chemin DM des Indes, Autrefois, quand les moyens de communication par terre étaient
Que dificiles et que toute la région comprise entre l'Europe centrale et F'Hindoustan était infranchissable aux armées, même presque fermée aux expéditions de commerce, la route de l'Inde contournait le continent d'Afrique et est dans la Péninsule même que devaient se livrer les luttes DES pour la suprémalie : c'est ainsi que Hollandais et Portugais se disputèrent l'empire indien et qu'un siècle plus tard Anglais et Français combaltirent pour la possession du Bengale et du Dekkan. Cette première route de l'Océan est restée aux mains des Anglais, qui possèdent le Cap de Bonne- Espérance, Natal, Maurice et qui, sous un nom d'emprunt, commandent à Zanzibar. Mais la route directe de la Méditerranée a pris plus d'impornee que celle de l'Océan, et dès Ta fin du siècle dernier la lutte recourmença entre la France et l'Angleterre pour là eonquète de l'Égypte, étape intermédiaire entre FEurope occidentale et Ta péninsule Cisgangétique. Après quatre-vingts années de péripéties, Ta question s'est encore décidée au profil de l'Angleterre, et maintenant la route maritime directe est défendue par d formidables places d'armes, Gibraltar, Malte, Mexandrie, Aden. Mais ces conquéles mêmes obligent Ja Grande-Bretagne à des conquètes , futures. Dans un avenir prochain, les routes de mer ne suffiront plus et perfe fi PABlE 4 diront smgulièrement de leur importance en comparaison des chemins de RUE | fer qui suivront la diagonale de F'Aneien Monde par Constantinople, He: lu 4 et Delhi. C'est vers Fangle nordsocerdental de leur empire indien, au po {| 1 ren où déboucher celte voie maitresse, que les Anglais ont le plus rapproché | La leurs garnisons, établi le plus de camps et de eitadelles, Firozpour, Lou- FRA e à diana, Bjallandar, Eahore, Atok, à litraversée de Flndus, Pechaver, à Fenri tuée des défilés du Caboulistan. Déjà plusieurs lois les armées de Fine ont dû monter sur les plateaux de Fouest pour essayer d'Y tracer une e Frontier scientifique » et les diplomates anglais disputent la Perse à eeux de R Russie. Les évènemeats projettent leur ombre devant eux et déjà Fon
peut voir PAngleterre forcée de revendiquer ee protectorat de la Turquie
de LEE d'Asie, qu'elle s'était fait accorder par le Sultan, mais que la jalousie HA des États européens ne ui a pas permis d'exercer, I ne ui suflira plus. “Al postée à Chypre, de surveiller la côte voisine, Ne lui faudra-t-il pas aussi
S'emparer des plateaux de FAnatolie, devembe, dans la vallée de FEuphrate,
Anelats ont ment de se Le attaque; hindous ou le chemin re étaient le et l'finermée aux continent les luttes se dispu- NOAIS CONnière roule de Bonnemandent à s d'impor- Le reconrvple, étape que. Après e au profil due par dl conquètes lus et periemins de ple, He:
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