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penche et commence à se flétrir, les éléphants ÿ disparaissent, Au sud du Nattik, le faite de séparation entre le Sittang et la Salouen se continue par une série de massifs dont plusieurs dépassent 1000 mètres : le Nat toung ou le « mont des Esprits », qui s'élève à l'est de Toungou, a 2400 mètres : on scandalise fort les indigènes en leur disant que cette montagne n'est pas la plus haute de la Terre ; jadis, disent-ils, un déluge, qui recouvrit loute la contrée, vint effleurer le sommet du pie. Pendant la saison des” chaleurs, la cime du Nat toung est constamment voilée par les feux que les Karen allument dans les jongles pour en défricher le sol",
Beaucoup moins abondante que l'Irraouaddi, — car elle est défendue
contre les pluies de la mousson du sud-ouest, non par un simple rempart
de montagnes comme l'Irraouaddi, mais par une double, et mème au sud, par une triple rangée de hauteurs, — la Salouen est cependant par la longueur de son cours un des grands fleuves de l'Asie, et sur la plupart des cartes elle est même représentée comme ayantun développement bien supérieur à celui de l'irraouaddi, Elle naît sur les hauts plateaux du Tibet oriental, et sous les noms de Nou kiang, Lou kiang, Loutze kiang, descend àu sud, parallèlement au Mekong et au Kinchan kiang par une de ces vallées étroites, ouvertes comme des sillons creusés par une gigantesque charrue. Mais la majeure partie de cette rivière est inexplorée et les itinéraires tracés dans les gorges septentrionales ne sont point encore raccordés avec les routes des voyageurs sur le territoire barman. À l'endroit où son courant forme la limite entre la Barmanie anglaise et le royaume de Sim, elle coule, profonde et rapide, entre des montagnes boisées, qui se rapprochent peu à peu vers l'aval et redressent leurs parois : près du confluent du Thoung yang, le lit de la Salouen est tellement rétréei en certains endroits, qu'il n’a pas même 50 mètres de large. À peu de distance en aval, des bancs de rochers traversent le fleuve d’une rive à l'autre, hérissés de saillies sur lesquelles viennent se briser des troncs d'arbre emportés par le courant. D'autres rapides, moins violents, mais également infranchissables aux canots pendant la plus grande partie de l’année, interrompent le cours de la Salouen inférieure. Elle se calme dans la région du delta, là où des coulées latérales la rattachent au Sittang et aux estuaires des rives du Tenasserim; mais elle ne se jette pas directement dans la mer et ses eaux se confondent avec les flots salés qui entourent l’île de Belou ghaïwon; des bancs redoutables, qui ont reçu le nom de Godwin sands, comme ceux de la côte anglaise du Kent, défendent les approches d'Amherst et de Maul-
* Mac Mahon, Karens of the Golden Chersonese.
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SALOUEN ET MONTAGNES DE LA BARMANIE, 763
meïn, De nombreux naufrages ont eu lieu sur ces bancs; la basse Salouen est une de ces rivières dont la montée est plus dangereuse que tout un voyage au long cours'; mais le mascaret, si redoutable dans le Niang, n'a que peu de force dans la Salouen inférieure. Les crues du fleuve s'élèvent à 9 où 10 mètres en moyenne dans la région des rapides, et les mesures de largeur, de profondeur et de vitesse du courant rapportées par les voyageurs Richardson, Sconce, Watson, O'Riley, ont permis à l'ingénieur Gordon d'évaluer en cet endroit le débit de erue de la Salouen à 17 000 à 20 000 mètres cubes*. Le débit moyen du fleuve n'a pas encore été calculé, mais il est certainement de plusieurs milliers de mètres, Les Anglais ont conclu un traité avec les Karen pour la libre navigaon du fleuve”; néanmoins il est inutile aux bateliers, si ce n'est sur une longueur d'environ 100 kilomètres, dans son cours inférieur, Plus haut, il ne sert qu'au flottage du tek, dont les billes, coupées dans les forêts à proximité des rivages, sont trainées à la rive par des éléphants et livrées au fil de l'eau, qui les emporte en longues processions. En amont de Maulmeïn, les flotteurs les saisissent dans le courant pour en construirs des radeaux irréguliers.
Les montagnes des Chan, prolongement de celles du Yunnan, si riches en métaux de toute espèce, et les massifs qui séparent le Pegou des bassins du Yanzoulin et de la Salouen, renferment aussi de puissants gisements minéraux, fer, plomb, cuivre, étain, argent; la rivière Chwili, qui nail au nordest de Bhamo, dans le Yunnan, roule des paillettes d'or; des pierres précieuses, surtout le saphir et le rubis, sont recueillis pour le trésor royal dans les montagnes qui s'élèvent au nord-est de Mandalé. La Barmanie est l’une des rares contrées où se trouvent des carrières de jade : le centre de l'exploitation est dans le district de Mogoung, au nord de Bhamo.
Limitrophes de l'Inde Cisgangétique et séparées des vallées de l'Assam et du Tipperah par des montagnes peu élevées, les forêts et les jongles de la Barmanie présentent la même variété de plantes que la péninsule occidentale et fournissent à l'alimentaiion et à l'industrie les mêmes produits, graines, fibres et gommes. Un jardin botanique établi à Rangoun, ainsi que des fermes d'essai, ont reçu les végétaux utiles de la zone tropicale qui manquaient à la flore indigène, et de proche en proche la culture s'en. est répandue, même en dehors de la Barmanie anglaise. En outre, les espèces de la zone tempérée, surtout les légumes d'Europe, ont été
# Pauline Nostitz, Helfer's Reisen in Vorderasien und Indien. # Report on the D'rawaddy River.
5 Records of the Governement of India, XLVNIIL.
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introduits dans les régions des collines. Ilest peu de contrées où, grâce au sol et au elimat, l'homme jouisse d'une plus grande diversité de pro. ductions végétales. La Barmanie est un des greniers de l'Inde et du monde par son riz, dont les ports du littoral expédient chaque année d'énormes quantités, Après celle céréale, les diverses espèces d'arbres fruitiers ont lo plus d'importance : en maints endroits, la moindre cabane est entourée d'arbres à fruit, aréquiers, jaquiers, manguicrs, orangers et bananiers, La ‘anne à sucre est peu cultivée, mais une espèce de palmier, le dani, fournit aux indigènes le suere dont ils ont besoin; dans la seule Barmanie anglaise, ces arbres occupent 12000 hectares’. La culture du tabac se répand, Lant à cause de l'accroissement de la population dans un pays où tout le monde fume, même les enfants, que grâce à l'excellence reconnue de la feuille : Le tabac de Maulmeïn peut se comparer aux meilleurs de l'Inde, L'arbuste à thé, le cafier, le cinchona ont été introduits dans les plantations, mais jusqu'à maintenant ils n'ont fourni que peu de produits. Le caractère tropical de la végétation disparait en amont du delta, cependant le palmier-palmyre ouvre ses éventails de feuilles auprès des maisons jusqu'au nord de Mandalé*. Quant aux forèts vierges, qui couvrent encore une si vaste étendue, elles pourraient, si des routes les traversaient, livrer à l'industrie d'énormes quantités de bois de construction, d'ébénislerie où de teinture. Helfer a calculé que dans le seul district de Tenasserim, il existe au moins 640 millions d'arbres appartenant à 577 espèces, dont 25 pouvant servir à la construction des navires’. Le tek ne croit ni dans la Barmanie septentrionale, ni dans la partie méridionale de Tenasserim, au sud du 16° degré de latitude : c'est dans les montagnes du Pegouvoma et dans les régions voisines qu'il trouve les meilleures conditions pour sa croissance; mais déjà quelques forêts ont été dévastées et les planlations nouvelles sont d'origine trop récente pour avoir donné des résultats appréeiables : l'étendue annuelle des reboisements dans la Barmanie anglaise est seulement de 240 hectares par an. Après le tek, les arbres les
plus appréciés sont l'espèce d'acacia dont on it le cachou, l'arbre à vernis, qui sert à la fabrication bases, et l'arbre à l'huile (dipterocarpus læris). Les pins se m Jusque dans + voisinage de la mer sur le Pagou-voma ; à 100 mètri ltitude, se montrent les premiers arbres
de cette espèce, Sur le littoral, le plante arborescente la plus remar-
t Report on the Administration of British Burma during the years 1880-81 2 Anderson, From Mandalay to Momien.
# Gedruckle und ungedruckte Schriften über die Tenasserim Provinsen. Mittheilungen der Geog. Gesellschaft zu Wien, 1860.
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