‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 359 sur 471 · FREE · texte numérisé non relu

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forcés d'abandonner. On à vu fréquemment les bandes de rongeurs traverser en ordre de très larges rivières", Il est rare que les indigènes utilisent les peaux des animaux, rhinocéros, bufles ou tigres; mais sur le littoral ïis chassent une espèce d'alevon, dont les plumes, d'un bleu céleste, servent à orner les robes des mandarins chinois.

Les pêcheurs, plus nombreux que les chasseurs, vivent en multitudes sur les bords de l'Irraouaddi, du Sittang et de la Salouen; mais les autres Barmans les considèrent comme des « meurtriers ». Ils fabriquent une pâte de crustacés et de poisson à demi pourri, le ngapi, qui sert à l'assai-

sonnement de tous les mets, quoique, pour l'Européen, l'odeur en soit

abominable. Autour des ateliers se pressent les chiens et tourbillonnent les oiseaux, chacun attendant sa part du régal.

Les populations, sauvages ou civilisées, qui se partagent le territoire barman, appartiennent pour la plupart à la même souche ethnique, à en juger par la ressemblance des traits physiques, des idiomes et des traditions. Les différences proviennent surtout du genre de vie, et naturellement ce sont les montagnards qui ont le mieux gardé le type originaire.

Parmi les tribus du nord-ouest, l'une des plus civilisées, celle des Khamti, vit dans les vallées des monts Patkoï, sur les deux versanis du Brahmapouta et de liraouaddi. Généralement grands, forts et bien faits, ils ont la figure plate du Chinois, mais le teint plus foncé, les traits moins réguliers; d'ailleurs un grand nombre d'entre eux, mêlés par des mariages avec les Assamais où avec les Barmans, ne se distinguent guère des habitants de la plaine. La plupart ont l'habitude de ramener leurs cheveux au sommet de la tête pour les attacher en un chignon bouffant. Ils sont décemment vêtus comme leurs voisins barmans et graduellement en adoptent les coutumes: convertis au bouddhisme, ils ont même bâti quelques pagodes; quelques-uns ont appris l'alphabet et déchiffrent les livres saints. Les jeunes filles nubiles vivent à part dans de grandes cabanes : c’est là que viennent les chercher les jeunes gens, après un achat régulier et la construction de la maison conjugale. Quoique les armes soient la monnaie courante du pays et que le gouvernement de Mandalé recrute des soldats dans leurs villages ils sont très pacifiques, et négligent la chasse pour les travaux de l'agriculture, de l'industrie et du commerce : ce sont

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1 Mason, Natural Productions of Burma.

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KHAMTI, KAKYEN. 767

munauté, sont officiellement les possesseurs du sol, mais tous les Khamti du même village sont associés et chacun a la part entière de produits qui revient à son travail’.

Les nombreux gaoum ou clans, désignés dans F'Assam sous le nom de Singp'o ou Tchingp'o, c'est-à-dire « Hommes”? », et qui sont connus en Barmanie et dans le Yunnan chinois par l'appellation de Kakyen (Kha-khyen, Kachin, Kakou), constituent le groupe ethnique le plus important dans la région septentrionale du territoire barman ; mais aucun lien politique ne les unit en nation. Près de la frontière de F'Assam, il sont partiellement civilisés par les Khamti, auxquels ils ressemblent par les habitudes, le costume et les armes; mais du côté de la Chine ils sont plus sauvages et les voyageurs se méfient de leur dao (dah) où grand couteau, qu'ils manient avec une singulière dextérité. Presque tous sont taloués : les femmes surtout sont couvertes de dessins fort élégamment tracés, servant à la fois de parure et d'écrilure magique pour écarter les maladies et les sortiléges”, Les riches Kakyen portent des bâtonnets d'argent aux lobes des oreilles, et lous s'ornent de ceintures avec grelots ou coquillages. Leurs vêtements sont uüissés par les femmes et teints dans une préparation d'indigo; les indigènes, très habiles forgerons, fabriquent des armes exportées chez leutes les peuplades des alentours. La plupart des clans s'occupent peu d'agriculture, si ce n’est pour la production de l'opium et des céréales, et leur seul animal domestique est le cochon; S'ils possèdent des buffles, e'est pour les avoir volés dans la plaine. Les tribus les plus voisines des Barmans et des Chinois payent fimpôt, mais dans les vallées éloignées des routes elles ne reconnaissent d'autres maitres que leurs chefs ou tsoboua, dont le litre héréditaire passe toujours au plus jeune fils, ou, à défaut de descendance directe, au plus jeune frère; le fils aîné quitte le pays pour aller chercher fortune, Dans quelques gaoum, il reçoit une part d'héritage, vénéralement les immeubles; mais les fils intermédiaires n’ont d'autre legs que des armes. Tous les enfants, nés de femmes légitimes où de conenbines achetées, sont traités de la même manière; les esclaves, fort nombreux, sont rarement frappés, quelle que soit l'origine de leur servitude : l'enlèvement, la capture pendant la guerre ou le non-payement d’une dette. En de nombreux villages, une seule maison réunit tous les habitants, chefs, su-

! Cooper, New Routes for Commerce: — Dalton, Ethnology of Bengal.

*# John Anderson, Mandalay to Momien..

5 Adolf Bastian, Geographische and Ethnologische Builder.

* Bigandet, Annales de la Propagation de la Foi, 1866; — John Anderson, ouvrage cité, — Leitschrift für Ethnologie, 1872.

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