CRETE
Le
jets eLesclaves : il en est d'autres où des appartements spéciaux sont réservés aux diverses familles ; ailleurs encore, le dortoir des hommes et celui des femmes est séparé par la pierre du foyer". Sur le haut Irraouaddi, fa monnaie courante des Kakyen consiste en boulettes d’opium *. Bouddhistes quand ils descendent de leurs montagnes dans les cités de la plaine, les Kakyen n'ont en réalité d'autre religion que celle des esprits où nat, et leurs cérémonies n'ont d'autre but que de conjurer le pouvoir de ces êtres surnaturels. Lorsqu'une maladie infectieuse fait périr un des leurs, ils ne lui rendent point les honneurs funèbres et ne lui mettent point dans la bouche la pièce de monnaie qui payerait son passage à travers le torrent de la mort; ils n’ont d'autre souei que de chasser les mauvais uénies ou de s'enfuir eux-mêmes. Jadis, quand une femme mourait en couches, on s'empressait de la brûler, et l'on jetait le nouveau-né dans les flammes en criant à la morte : « Emporte ton enfant! » Un étranger seul avait le droit de le sauver, le père devait le laisser périr*. Nulle part la toutepuissante coutume n’a mieux réglé les actes de la vie; nulle part il n'importe plus de mesurer ses mouvements et d'observer les usages, si l'on veut éviter disputes et blessures, Les vengeances héréditaires se poursuivent de village à village, et mème le fils percera l'eau de son épée pour se venger de la rivière où le père s’est noyé. Les Kakven ont une implacable mémoire : ils disent n'avoir pas besoin d'apprendre à lire, car tout est déjà écrit dans leur cœur, Leur idiome est, dans le bassin de l'frraouaddi, un de ceux qui se distinguent le plus de la langue barmane; c’est un parler monosyllabique assez doux et-harmonieux, ressemblant beaucoup à celui des Abor et des Michmi, mais terminant chaque phrase par une sorte de
glapissement prolongé”.
Le nom des Karen (Karrian), qui rappelle celui des Khyeng de l'ouest et des Kakyen du nord de la Barmanie, aurait le sens d” € Aborigènes » d'après Cross, Mason et Gordon, tandis que les Barmans le dérivent d’un mot pali signifiant « Mangeurs Sales », synonyme de € Gens de peu »*. Quoi qu'il en soit, les Karen ne sont une race inférieure que par l'état de sauvagerie dans lequel vivent plusieurs de leurs tribus: par l'intelligence, le courage, la droiture, l'amour du travail, ils sont au contraire un des peuples remarquables de l'Indo-Chine, un de ceux sur lesquels on peut compter pour la
1 Clement Willinms, Through Burmah to Western China.
* Alaga; — Sandeman, Proceedings of the Geographical Society, may 1882. * John Anderson, ouvrage cité,
# Bigandet, recucil cité,
$ Mac Mahon, Aarens of the Golden Chersonese.
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