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de la forèt'; ils s’enfuient, disent-ils, parce que les nat sont devenus trop
nombreux autour de leur demeure; ils vont chercher un endroit dont l'atmosphère soit moins peuplée d'ennemis. Quand le Karen bénit son enfant nouveau-né, il s’arme d’un bambou pour chasser successivement vers lous les points de l’espace pauvreté, souffrance, infortune, débilité, paresse, souillure. « Maux de toutes sortes, allez-vous-en ! » s'écrie-t-il, Puis avec sa baguette il appelle les bons génies, mais ceux de la vertu avant ceux du bonheur : « Viens, droiture; viens, honnèteté; viens, richesses; viens, influence; biens de toute sorte, venez! * » Quand ils veulent se venger par des influences secrètes, les Karen invoquent également les esprits de l'air : après avoir maudit leur ennemi trois jours de suite au coucher du soleil, ils prennent une branche allumée qui va s'éteindre, un œuf pourri, les restes immondes d’un repas : « Puisse La vie expirer comme celle de cette branche! Sois privé de postérité comme cet œuf pourri! Que a fin ressemble à ces débris! » Ou bien encore ils l’envoûtent dans une image d'argile qui représente celui qu'ils haïssent, puis, après avoir veillé pendant trois jours et trois nuits sans boire et sans manger, ils brisent l’image d’un coup de pierre, qui représente la main d'un démon’. Parmi leurs divinités, les pierres fétiches sont les plus vénérées, mais elles demandent du sang, et les prêtres leur sacrifient des poules et des cochons: ces picrres sont pour la plupart des cristaux de roche, des jaspes et des alcédoines. Jadis des sacrifices humains avaient lieu et des esclaves étaient enterrés sur la tombe de leurs chefs : actuellement on se borne à les attacher pendant quelque temps à côté de la fosse. On raconte que dans certaines tribus des Karen la puissance de l'opinion publique est si grande, que l’homme accusé de quelque méfait devant ses camarades se condamne lui-même à mort : il se rend dans un endroit écarté, y creuse son tombeau et S'étrangle, Il est encore des Karen sans aucune civilisation et ne portant d'autres vêlements qu’un morceau de bois ou d'écorce ; mais la masse de la nation abandonne ses habitudes partout où elle se trouve en contaet fréquent avec les habitants des villes, Parmi les tribus indigènes de l'Indo- Chine, il n'en est pas qui aient plus facilement accepté le christianisme *, du
1 J, W. Helfer, Gedruckte und ungedruckte Schriften.
# Journal des Missions évangéliques, 1836.
% Mason, ournal of the Asiatic Society of Bengal, 1868.
Chrétiens de la Barmanie anglaise en 1880 :
Karen : 72000 protestants; 12 220 catholiques. Ensemble 84 220 chrétiens en 451 paroisses Barmans : 1200.
Européens et Eurasiens : 11 860,
Total des chrétiens de la Barmanie anglaise : 97 280
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