KAREN
civilisation future de la péninsule Transgangétique; leur angle facial est plus ouvert que celui des autres sauvages‘. Dans les possessions anglaises, ils sont plus de 500000, grâce à une immigration considérable ; on évalue tous les Karen à un million, répandus sur un espace dépassant 1500 kilomètres de longueur, des montagnes qui dominent à l'est les campagnes de Mandalé à celles du Tekässerim méridional; mais ils sont divisés en de nombreuses tribus et celles-ci sont elles-mêmes subdivisées en familles dispersées dans les forêts : c’est dans les hauteurs voisines de Tongou, dans la vallée de la Salouen et dans le delta de l'rraouaddi que leurs groupes sont le plus rapprochés. On les connait sous d'innombrables noms locaux, mais les trois grandes divisions sont celles des € Blancs », des € Noirs » et des « Rouges », ainsi désignées, non d'après la couleur de la peau, mais d'après la nuance des vêtements. Les Karen Rouges où Karen Ni, qui parcourent les forêts de la Barmanie anglaise, sont le mieux connus et pris sénéralement comme type de tous les Karen; différant par les usages, ils professent le même culte, démonolätrie mêlée de cérémonies bouddhiques”, et parlent des dialectes dérivés d'une même souche. La langue des Karen Rouges, écrite pour la première fois par Wade en 1832, est un idiome monosyllabique comme le chinois, et l'accent tonique, changeant le sens des syllabes, y joue également un rôle capital; un grand nombre de mots barmans sont entrés dans le vocabulaire karen*. Les traditions nationales rattachent les Karen aux Chinois; elles parlent aussi d’une migration qui se serait faite à une époque lointaine des régions situées par delà le « grand courant de Sable ». Des ethnologistes en ont conclu que les Karen sont des Mongols venus des steppes septentrionales du Gobi où du Takla Makan*. Actuellement, les Karen ressemblent aux autres peuplades des montagnes barmanes. Les plus beaux et les plus forts sont les Gaïkho, qui vivent à l'ouest du Sittang, des deux côtés de la frontière anglo-barmane; leurs femmes ont une grande réputation de beauté et il en est qui n'ont pas le teint plus foncé que les Chinoises.
Unis par groupes de einq ou six familles, les Karen d'un mème hameau sont toujours parents, les mariages ne se faisant point en dehors du clan. Une ou deux grandes cabanes, où s'abrite la communauté, constituent le village; après quelques années de séjour, le groupe familial abandonne ses champs pour aller fonder un autre établissement sur un terrain vierge
1 WRiley, Journal of the Indian Archipelago and Eastern Asia, 1859.
Bigandet, Annales de la Propagation de la Foi, 1866; — Mason; — O'Riley.
Logan, Journal of the Indian Archipelago, vol. 3 — Max Muller, Science of Languages. # Ch, Alexander Gordon, ouvrage cité,