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les pluies d'été qui alimentent les fleuves de l'Hindoustan, qui font croître les forêts et prospérer les cultures et qui, en donnant le pain, ont été le grand agent de la civilisation dans la Péninsule, C'est là ce que répètent sans cesse les premiers chants des Richis, invoquant Indra, qui fend la nue pour délivrer les troupeaux du ciel et verser la richesse et l'abondance à ses adorateurs. € La pluie nous vient des dieux; elle nous donne les plantes, desquelles dépend le bien-être des hommes". »
La quantité des pluies qu'apporte la mousson d'été est inégale d'année en année et varie singulièrement dans les diverses régions de l'Hindoustan. Sur les pentes occidentales des Ghat, elle est très considérable et s'élève en moyenne à plusieurs mètres d'épaisseur. Pressés par le vent contre les escarpements et dans les vallées étroites des montagnes qui forment le rebord du Dekkan, les nuages se transforment en torrents qui descendent rapidement vers la mer, complétant ainsi en peu de jours le cireuit des eaux qui se fait entre l'Océan, les airs et le continent; mais, dans leur court trajet, les eaux du versant occidental de l'Inde font naître sur leurs bords une végétation touffue et renouvellent le sol nourricier des campagnes riveraines, en Jui apportant les débris des laves écroulées. Ce sont les pluies violentes que lance la mousson contre le flanc des Ghat qui les ont ainsi découpées en tours et en aiguilles, ravinées de gorges et de précipices. Mais au delà des saillies qui couronnent le rempart des Ghat, les nuages que porte la mousson sont allégés de la plus grande partie de leur humidité et les fortes pluies ne tombent guère que sur les pointes les plus élevées des collines qui dominent çà et là le niveau général des hautes terres du Dekkan. Tandis que la chute moyenne des pluies dépasse 7 mètres en quelques endroits du versant occidental des Ghat, elle est de # mètres seulement à Mercara, sur le plateau accidenté de Courg; plus à l’est, elle est moindre encore. Sur une même montagne, la différence est très considérable de l’un à l’autre versant; c'est ainsi que sur la Tchambra, mont des Ghat qui s'élève à l’ouest des Nil ghiri, les pentes occidentales reçoivent 472 centimètres de pluie, presque un mètre de plus que les pentes orientales. Et non seulement la proportion de l’eau tombée diminue de l’ouest à l'est du rempart des Ghat, elle s’amoindrit aussi, à partir de Bombay, dans la direction du nord au sud, ce qui provient sans doute du rétrécissement graduel du corps péninsulaire et de la moindre force d'appel exercée en conséquence par l'atmosphère échauffée, Ainsi, la moyenne de précipitation n’est plus que de 2 mètres dans les plaines basses de Tra-
t Maha Bharata, Adi Parva, distiques 1720, 1791.
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