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inférieur, de ces anciens bras ne se rattachant au fleuve principal que par un lacis de coulées et des fossés creusés de main d'homme. De même à l'ouest du « fleuve Postérieur », la plaine est traversée de canaux qui vont rejoindre le golfe de Siam. Toute la Cochinchine française, à l'ex-
À DELTA DU MEKONG. 857 ntal et le Vaïco Ô , : is 0:
» de Saïgon et ception des collines du nord-est et de quelques buttes insulaires autour ai
ans leur cours desquelles les alluvions ont repoussé les flots, appartient à la région du val, delta. La longue péninsule qui se termine au cap Cambodge (Mui-gan ou Ong-dok) a été déposée en entier par le courant fluvial, mais celui-ci a repris une grande partie de ces dépôts en remaniant ses rivages; entre les de. coulées extrêmes du delta, la distance, le long du front maritime, n'est ) HE pas moindre de 600 kilomètres; en outre, la ligne des bas-fonds, qui se pis prolonge au devant des côtes, s'avance dans la mer jusqu'à une cinquan- ‘ : #1 taine de kilomètres. Sur laquelle de ces plages aborda Camoës, soutenu par 4 une planche brisée, et tenant au-dessus des flots le manuscrit des Lusiades ? Mais le delta du Mekong n’est encore, en mainte partie de son étendue, 5 que partiellement conquis sur la mer. Comme tous les autres fleuves inondant fréquemment les campagnes riveraines, le Mekong a relevé par ses 1 pi alluvions le niveau de ses berges bien au-dessus des plaines de l’intéricur : c'est le long du lit fluvial, au bord des coulées qui en dérivent et sur le #4 pourtour des îles, que la terre est le mieux asséchée, et c’est à naturelle- 14 ment que les riverains ont bâti leurs habitations, creusé leurs sillons et ht "A semé les plantes nourricières. À quelque distance des rivages, dans l’in- Gil à Le térieur des terres et dans les îles, le sol marécageux, parsemé de lacs et PHAEA" à d'étangs, est impropre à la plupart des cultures; on ne pourrait le conqué- | 1n rir que par de grands travaux d’assèchement. La « plaine des Joncs » ou “ile « Jonquière » qui occupe au nord du fleuve antérieur une si vaste étendue, JA: LE: est une de ces terres, jadis recouvertes par la mer, qui font partie des EUR : espaces continentaux, mais où les nappes d’eau douce, rendues invisibles Fe, A par une forêt de roseaux, séjournent sur le sol pendant des mois après la dr période des inondations; les indigènes n’ont pu mettre en culture que le 6 ) pourtour de ce marais, sur les bords des rivières rapidement égouttés lors Pts RE | de la baisse des eaux '. Même dans les terres asséchées en apparence, il Fa | arrive fréquemment qu’au-dessous de la couche superficielle durcie par l’éva- CRE poration le sous-sol reste vaseux. La surface supporte les légères pail- AT | lottes des natifs, mais des constructions plus lourdes disparaîtraient infailliblement : des fondations trop profondes perceraient la croûte résistante et les matériaux s’enfonceraient en pleine vase*. Certains canaux a ni, à sont bordés de terres tellement fluides, qu'il est inutile de les draguer pour essayer de les approfondir : les vases enlevées sont remplacées immédiate- VER À ment par d’autres boues suintant des berges. Les campagnes sont parcou-
105° 15 C Perron.
incipal que be, De même canaux qui } se, à l’ex- ! Silvestre, Guide de l'explorateur dans le bassin du Cambodge Te,
* Boulangier, Revue scientifique et liltéraire, 1880. RE vit. 108 bas
rues dans tous les sens par des lits sinueux où s'écoulent les eaux d’inondation du Mekong et autres rivières du delta. Les dominateurs actuels ont laissé à ces coulées le nom que les premiers navigateurs portugais leur avaient donné : il eût mieux valu employer des mots français, tels que ceux de « ruisson », « estey », « bayou », dont se servent les Saintongeais, les Gascons, les créoles de la Louisiane.
Le débit du Mekong n'a pas encore été mesuré avec la mème précision que ceux de l'Irraouaddi, du Mississippi et des fleuves de l’Europe occidentale. À Lakhon, dans le pays de Laos, M. Delaporte évalua la portée du fleuve à 1550 mètres cubes par seconde, mais on se trouvait alors à la fin de la saison sèche. A Bassac, en aval de la jonction du Se Moun, Francis Garnier trouva 9000 mètres cubes, le 5 décembre, et déjà les eaux avaient baissé de 9 mètres et le courant n'avait plus qu’une vitesse moyenne d'un mètre par seconde, Le calcul lui donna plus de 50 000 mètres cubes pour la portée de grande crue : à la bifurcation du delta, elle atteindrait 60 000 ou 70000 mètres‘; d'après M. Boulangier, elle serait mème supérieure à cet énorme débit”, Quoi qu'il en soit, on ne saurait évaluer le module à moins de 12000 mètres. Le Mekong est un rival de l’Irraouaddi, quoique dans toute la partie supérieure de son cours des chaînes de montagnes arrêtent par un double ou triple rempart la marche de la mousson pluvieuse : dans la région inférieure du bassin, au sud du pays des Laotiens, la plus forte part des nuages vient se résoudre en pluie sur le versant occidental des monts de la Cochinchine. L'eau du Mekong, louche pendant la période des maigres, est jaune de boue lors des mois d’inondation, et jusqu’à une grande distance en mer le flot, chargé d’alluvions, a perdu sa transparence. À toutes les embouchures, le choc de la houle du large contre le courant fluvial force celui-ci à déposer une partie de ses boues et des bancs se forment à l'entrée. La vaste péninsule triangulaire
de Camao, qui se prolonge au sud-ouest du delta, est en entier « présent du fleuve » : le flot lent, bordé de « palmi lou », qui arrètent la vue de tous les côtés, se ramifie en mn naux, et les :warais occupent presque tous les espaces intermédiaires à et là s'étendent de pe-
tits lacs où les poissons se retirent en prodigieuses mubtitudes dans la saison sèche. C’est à marée haute seulement que les navires pénètrent dans le fleuve; le seuil le plus bas, le Cua-tiô, peut être franchi par des bâtiments ayant 5 mètres de calaison. A l’époque des crues, la marée,
{ Voyage d'exploration en Indo-Chine.
# Excursions el Reconnaissances, IX, 1881.
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