‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 397 sur 471 · GRAND LAC DU CAMBODGE · texte numérisé non relu

GRAND LAC DU CAMBODGE

coulée reflue vers le Mekong pour descendre au sud-est par la branche maritime. Empli, le Grand Lac s'étend sur une longueur d'au moins 110 kilomètres et sa largeur moyenne est d'environ 25 kilomètres, la profondeur, à peu près uniforme, est de 12 à 14 mètres; lors des sécheresses, le bassin, presque vidé, a seulement quelques décimètres d’eau, un mètre et demi dans les endroits les plus creux, et ses plages sont temporairement asséchées ; il occupe alors une superficie d’environ 260 kilomètres carrés, le sixième de la surface de crue. C'est à plus de 35 milliards de mètres cubes que l’on peut évaluer le volume apporté dans le réservoir par la crue du fleuve : les inondations dans la région du delta sont allégées d'autant. En se déversant dans le Tonlé-sap, le Mekong entraîne aussi des boues, qui colmatent graduellement le fond et finiront par l’exhausser au niveau de la terre ferme; la plaine tantôt asséchée, tantôl marécageuse, qui sert de vestibule au bassin lacustre, porte le nom cambodgien très juste de Veal p'oc ou « Plaine de Boue ». Les petites rivières ou prek qui naissent à l'est de Bangkok et qui descendent vers le Grand Lac se réuniront un jour en un courant fluvial dont la pente, exhaussée par les alluvions, n'aura plus de mouvement alternatif; il sera changé en un simple affluent. Le va-et-vient de la coulée fait maintenant du Grand Lac un réservoir de pêcherie. Les myriades de poissons amenés par la crue sont poussées dans les fonds par le retrait des eaux; des nuées d'oiseaux tourbillonnent au-dessus de la multitude grouillante; les pêcheurs ne sont pas assez nombreux pour exploiter tous ces bancs, d’où le filet ne remonte jamais à vide’ : environ 30 000 pêcheurs, Annamites, Siamois, Malais, Khmer, peuplent les eaux du lac pendant la saison, et des villages temporaires de marchands chinois s'élèvent sur ses rives. Les Cambodgiens se nourrissent surlout de poisson et en exportent dans la Basse-Cochinchine sept à huit millions de kilogrammes*.

En aval de Pnom-peñh, le fleuve, accompagné de fausses rivières qui changent de cours suivant les inondations, se partage en deux bras, à l’est le Tien-giang ou « fleuve Antérieur », à l’ouest le Han-giang ou « fleuve Postérieur », qui coulent presque parallèlement sur un espace d'environ 200 kilomètres. Le Han-giang ou rivière de Bassac, presque rectiligne, va se jeter dans la mer de Chine par deux Æüa (cua) ou graus, tandis que le fleuve oriental se divise en un delta secondaire ayant un nombre changeant de bouches et s’unissant par des bayous latéraux à diverses rivières, qui

« Aymonier, Notice sur le Cambodge.

* Buchard, Excursions et Reconnaissances, V, 1880.

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furent autrefois les ramifications du Mekong : le Vaïco occidental et le Vaïco oriental, qui se rejoignent entre Mytho et Saïgon, la rivière de Saigon et le Donnaï (Dong-naï) né dans les monts de l’Annam, sont, dans leur cours

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