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£60 NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSELLE.
aériens à travers un crible immense’. » Les cyclones qui viennent parfois tournoyer sur les côtes de l’Annam, au renouvellement de la mousson, se produisent surtout vers la fin de l’année, en octobre et novembre. On s'attend si bien aux désastres, quand des signes précurseurs annoncent la prochaine apparition de l’ouragan, que, dans l’intérieur des maisons, les habitants s’'empressent de consolider les murs en les soutenant par de fortes poutres; malgré ces étais, il arrive souvent que les cloisons sont défoncées et la maison emportée dans la tourmente. En 1867, trois églises seulement restèrent debout sur les trois cents que les missionnaires possédaient dans le pays*.
A la fois chaud et humide, le climat de la basse Cochinchine est un des plus dangereux auxquels puisse s’exposer l’Européen : nulle part il n'a plus de précautions à prendre pour surmonter les difficultés de l’acclimatement. Les affections cutanées, y compris la lèpre, les ulcères et les maladies d’entrailles, sont communes dans la région du bas Mekong. Ta « diarrhée de Cochinchine », qui a fait périr des milliers de soldats et marins, parait être causée par un parasite, l’anguillula stercoralis, qui provient peut-être des eaux douces et se développe par centaines de mille dans le corps humain. Même, lorsque les étrangers établis depuis quelques années dans la Cochinchine n’ont eu à souffrir d'aucune maladie spéciale, ils deviennent anémiques et, s’ils ne reprennent pas le chemin d’Europe, ils risquent de s’éteindre d’épuisement, même sans paraitre malades*. Toutefois, la mortalité est devenue beaucoup moins forte sur les Européens que dans les premières années de l’occupation, grâce à l’assainissement des villes et à une connaissance plus approfondie des maladies locales et de l'hygiène à suivre. D'ailleurs, le séjour réglementaire des employés européens a été réduit à deux ans, la troisième année ayant élé reconnue par l'expérience comme étant l’année climatérique, celle du plus grand danger de mort*. Du moins le climat offre un grand avantage : il n’est guère de pays où les blessures de toute espèce guérissent plus rapidement et sans fièvre. En moyenne, le climat des régions montagueuses est beaucoup plus sain, cependant la plupart des forêts sont insalubres : en bas règne la fièvre des marécages, plus haut celle des bois, qui
{ Combes, Annai * d> la Propagation de la Foi, 1855.
2 Cezon, même recu: !, 1868,
5 Normand; Wernic), Geographisch-Medicinische Sludien ; — Mahé, Dictionnaire encyclopcdique des sciences médicules; — Oilivicr, Observations en Algérie, Chine el Cochinchine,
4 Bouillevaux, L'Annam et le Cambodge, 8 Morice, Revue d'Anthropologie, 1875,
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