‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 41 sur 471 · LEE · texte numérisé non relu

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sécheresse alternant avec des orages, Môme dans le Pandjab, à la base des avant-monts de l'Himalaya, les eultivateurs regardent souvent vers le ciel, dans l'attente de la pluie désirée, et la ferveur des anciens Aryas, invoquant les dieux de l'orage, nous prouve qu'à l'époque où ils habitaient la contrée, les nuages étaient, comme de nos jours, trop avares de leurs eaux fécondantes', Mais à l'est la mousson de la mer des Indes, régulièrement infléchie vers le nord-est, déverse un lourd fardeau de pluies, dont la chute coïneide précisément avec la fonte des neiges; les torrents et les fleuves grossissent à la fois des eaux que leur apporte le vent et de celles que leur envoie la montagne. Si considérable que soit dans l'année la précipitation d'humidité, sous forme de neige et de pluie, sur les pentes de l'Himalaya, surtout dans le Sikkim, cette quantité est notablement dépassée par la chute d'eau qui se fait au nord-est de l'Hindoustan, dans l'impasse de montagnes où vient s'engouffrer la mousson d'été. Tandis qu'à Caleutta, dans les plaines basses du Gange, les nuées ne laissent tomber que 2 mètres d'eau par année moyenue, elles apportent une masse liquide presque décuple sur les monts Garro et Khasi, formant promontoire au-dessus des campagnes du Brahmapoutra. Jusqu'à maintenant, la station de Tcherapondji, dans une vallée des monts Khasi, est celle où les météorologistes ont observé la tranche annuelle d'eau de pluie la plus considérable : elle est de 16 mètres en moyenne; en 1861, elle atteignit même 20",44, c'est-à-dire que dans ces contrées il tombe parfois plus d'eau en douze mois que dans la Champagne pendant cinquante années. Encore est-il fort probable que cet énorme abat d'eau est dépassé en quelques entonnoirs de vallées, mieux disposés pour recevoir les nuages et les faire ruisseler en pluies. D'après Hooker, une seule averse, comparable à l'écroulement d'une trombe, recouvrit le sol d’une couche liquide de 760 millimètres, autant que la part annuelle de la France. De même que les Ghat occidentales, les montagnes de l'Assam qui reçoivent le choc des pluies batiantes sont profondément découpées par des ravins et des éboulis : nulle part les rochers ne portent de marques plus évidentes du constant travail d'érosion accompli par les intempéries.

La moindre irrégularité dans les balancements annuels du climat, suivant la pression atmosphérique, la marche des vents et des nuages, a les conséquences les plus graves en Hindoustan. Lorsque les pluies manquent ou se réduisent à de légères ondées, quand les rivières sont desséchées et les canaux taris, la famine est inévitable, et des millions d'hommes

#* Oldham, Calcutta Review. july 1874.

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sont menacés de la mort par inanition. Les disettes sont à craindre surtout dans le Sind et le Pandjab, dans les plaines du bassin gangétique et sur les côtes orientales de la Péninsule, c'est-à-dire dans les régions où la pluie moyenne est de 4 à 1",50; ces contrées se dépeupleraient pério-

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