COTES, POPULATIONS DE LA PÉNINSULE MALAISE
embouchures. Le courant du détroit, rejeté vers l'est par les alluvions de Sumatra, rase la côte malaise, entraînant les boues vers la haute mer : la balance des forces en lutte se fait d’un côté au profit du comblement, de l'autre en faveur de l'érosion. Ainsi, maint rivage de la côte malaise a graduellement reculé; partout où les promontoires baignent leurs saillies dans les eaux marines, ils sont rongés par le flot, qui va porter au loin leurs débris dans quelque crique abritée. Malgré le recul des rivages dans la partie méridionale de la péninsule, les indices de soulèvement sont nombreux : les Malais montrent d'anciens îlots à une grande distance dans l'intérieur, et dans l'ile de Singapour, à 12 mètres du niveau actuel de la mer, une plage exhaussée renfermant des restes de l’industrie humaine.
Grâce à son climat, à l'abondance des eaux qui l’arrosent, à ses ports situés le long d’une route océanique incessamment parcourue par les navires, la péninsule de Malacca promet d'offrir bientôt au commerce une très grande variété de denrées : c'est par centaines que les voyageurs énnmèrent tous les objets de trafic. Ses forêts possèdent les essences précieuses de l'Inde et de l'archipel Malais, et dans les terres cultivées, dont la zone s'étend peu à peu du littoral vers les hautes vallées, vivent à côté les unes des autres toutes les plantes utilisées de la flore tropicale et tempérée : riz, tabac, maïs, racines à lapioca, cafiers, poivriers, arbustes à thé, cacaoyers, cinchonas, palmiers de toute espèce ; la Malaisie continentale peut devenir une autre Java pour la puissance et la régularité de la produetion. Les bètes fauves, l'éléphant, le rhinocéros, le sanglier, le tigre reculent dans les forêts à mesure que les colons malais ou chinois tracent le réseau de leurs sentiers, et des bœufs paissent par milliers dans les savanes conquises sur les marais ou sur les bois.
Des Karen et d’autres peuplades non policées, vivant dans les montagnes de Tenasserim, confinent aux Barmans et aux Talaïng de la côte occidentale, aux Siamois de la côte orientale. En outre, il existe une population sauvage, qui se trouve rarement en contact avec les civilisés du littoral : c’est la peuplade des pêcheurs Silong ou Selong, qui campent pendant la mousson du sud-ouest sous des ajoupas des îles Mergui et qui pendant le reste de l’année vivent dans leurs bateaux ou sur les grèves, fuyant à l'apparition du moindre navire. Ils sont d’ailleurs fort peu nombreux, un millier peut-être, et parlent un langage qui n’a point encore été étudié".
Les populations sauvages de la Malaisie péninsulaire sont représentées par des tribus divisées en d'innombrables clans. Toutes connues sous les
1 Helfer, Gedruckte und Ungedruckte Schriflen.
noms génériques d'Orang Binua, « Hommes du sol », Orang Outang, « Hommes des bois », Orang Boukit, « Hommes des monts », Orang Oubou, « Hommes des rivières », Orang darat liar, « Hommes sauvages, ; ou simplement Orang Oulon, « Gens de l'intérieur », elles ne portent pas d'appellation particulière qui distingue la race, et leurs noms s'appliquent certainement à des peuplades d'origines diverses, pures ou mélangées, De mème, les Orang Slatar ou « Hommes des rivières », les Orang-Laout, les Orang Tamboura ou «< Hommes de la mer », sont loin d’appartenir à la
N° 900. — MERGUI,
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imminente) U 50 kil.
mème souche ethnique : le hasard des aventures, des guerres et des alliances les a 4:xis:s en groupes tout à fait distinets les uns des autres.
La terreur qu'insiirent les « Hommes du sol », et plus encore les atrocilés dont on s'est rendu coupable à leur égard, ont fait naître de singulières légendes chez les Malais du littoral. Ceux-ci ne manquaient pas de répéter la fable des hommes à queue, prétendant même qu’ils trempaient dans l'huile la touffe terminale de cet appendice ct l’allumaient en guise de torche pour incendier les villages malais'. D’autres Binua, les Gargasi, au dire de leurs voisins, ont le visage armé de défenses ; d’autres seraient hérissés de poils en fourrure épaisse ; ceux du fleuve Tekaïn auraient des
1 Hermann Moll, The Oriental Islands.
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utang, à pieds longs d’un demi-mètre et s'élanceraient sur le gibier pour le dévorer g Ou- 4 tout cru, » N Les indigènes de l'intérieur qui paraissent s'être le moins mélangés [4 nt pas 1 avec les Malais sont ceux auxquels on donne spécialement les noms de | iquent À Samang et de Sakaï, les premiers sur le versant occidental des monts, les dE: es, De à seconds dans les vallées de l'intérieur et sur le versant oriental, Tous les | voyageurs qui ont cu l'occasion de les visiter dans leurs campements et de à la 4 les comparer aux Papouas de la Nouvelle-Guinée, n'hésitent pas à les consi- Ar: 4 dérer comme de même race. Plus noirs de peau que les Malais, ils ont de GER | grosses lèvres, un nez épaté aux larges narines, les cheveux crépus; ils se 14 distinguent par la grandeur du pied, dont les trois doigts extérieurs sont las tournés en dehors; presque tous, menant une existence de privations, sont petits et maladifs et la proportion des femmes stériles serait considérable. Les hommes, n'ayant pour tout vêtement qu'un pagne, ne portent cat aucune espèce d'ornement, ne se tatouent même point; les femmes, plus HR coquetltes, se tracent une courbe et de petites marques sur la joue, percent si? ; le lobe de leurs oreilles et se traversent la paroi des narines d’une aiguille AS de porc-épie. Les plus sauvages Papouas de la presqu'ile malaise n'ont k même pas de maisons; ils passent la nuit au sommet des arbres, et tout RL \ leur avoir consiste en un couteau ; d’autres ont la sarbacane, d'où s’en- à vole un trait empoisonné par la sève de l’upas. Ils se glissent comme des serpents à travers les fourrés sans casser ni branches ni lianes. D’après FE ro 4 Mikloukho Maclay, quelques tribus de Sakaï se donneraient des chefs, vi- Ft À vant d’ailleurs de la même manière que les autres sauvages ; quand un b à de ces radjahs meurt, sa femme peut se faire reconnaître comme reine. . 18 Les mariages se font sans cérémonie ; chez les Sakaï de Pahang, l’homme doit conquérir la femme à la course; il lui laisse une certaine avance et : Es t des 4 s’il ne l’atteint pas en deçà du but, il lui est interdit de tenter la fortune à “LA 4 es, 4 nouveau”. D'après le même voyageur, quelques tribus auraient une forme alro- 4 de mariage communautaire très primitive, antérieure même à celle que ingu- ; présentent les unions des Naïr au Malabar; chaque femme appartient à la à as de ; tribu, quoique toujours considérée comme liée à son premier époux. Chez | Fi MER paient À ces familles errantes, l'enfant ne porte point le nom de la mère, mais celui LE guise de l'arbre au pied duquel il est né*. Dr ‘el rgasi, Les influences des religions hindoues et du mahométisme arabe se re- «he raient trouvent dans les cérémonies des sauvages, mais le fond de leur culte est Je nt des | 1 4 Mikloukho Maclay, Straits Branch of the Royal Asiatic Society, n° 2, dec. 1878. # Plaisant, Annales de la Propagation de la Foi, nov. 1848. 3 Pupier, même recueil, 1826.
vu, 3 416
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la conjuration des esprits ; leurs prêtres ou poyang pratiquent une sorte de chamanisme, comme ceux des Batta et des Dayak dans les îles de Sumatra et de Borneo'. La plupart des Binua parlent le malais, cependant un ces. lain nombre de vieillards ne connaissent que l'idiome de leurs aïeux, peu différent de celui des habitants de la Nouvelle-Guinée. Même ceux qui se servent du malais comme langue usuelle ont gardé dans leur vocabulaire beaucoup de mots d'origine papoua. D'après la croyance générale, les chercheurs de camphre ne peuvent compter sur le succès qu’à la condition de parler encore l'ancienne langue; s’il leur arrive de prononcer par mégarde un mot malais, le camphrier se cache, füt-il à portée du bras. Les chasseurs malais essayent eux aussi d'apprendre le « langage du camphre » et contribuent à en maintenir l'existence”. Mais la race est bien menacée, Dans le voisinage des campements de sauvages, les Malais se tiennent en embûche pour voler les enfants et les vendre en esclavage. Il ne restera bientôt plus que des Orang « apprivoisés », tels que les Yakoun de Djohor, Binua tellement modifiés par les croisements avec Chinois et Malais qu'ils ont fini par perdre tous }"3 traits caractéristiques de l'indigène”.
Les Malais constituent le fond de la populauon, en dehors des grandes villes, où dominent les Chinois. Quoique leur nom, d'après Veth, ait je sens primitif de « montagnards », les Malais sont pour la plupart habitants des plaines et du littoral; en certains endroits même ils sont tous bateliers ou marins. Quel est le centre de dispersion de ces peuplades dont les représentants sont épars de Madagascar jusqu’en Océanie? Vinrent-ils du continent asiatique? ou bien leurs premiers ancêtres naquirent-ils dans ces archipels où se trouve de nos jours le gros de la race? Les opinions sont divisées. Quoi qu’il en soit, il est probable que leur patrie première n’est pas la péninsule de Malacca, puisque leurs propres traditions racontent qu'ils viennent d’ailleurs et qu'ils désignent les tribus sauvages refoulées par le nom d’ « Hommes du sol » ou « Aborigènes ». L’appellation hindoue de Malais paraît avoir été appliquée d'abord aux habitants de la côte occidentale de Sumatra.
Physiquement, les Malais de la presqu'île ressemblent à ceux de Borneo. Ils sont de taille moyenne, souples et vigoureux; leurs yeux sont petits, légèrement bridés; ils ont la face large et des pommettes saillantes, des cheveux rudes et noirs, peu de barbe, une physionomie intelligente, le sourire fin, le regard fier. Leurs maitres, Hollandais ou Anglais, les ont
1 Logan, Journal of the Indian Archipelago, 1.
# Mikloukho Maclay, mémoire cité, 5 Logan, mémoire cité; — Müller; Peschel, etc.
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BINUA, MALAIS. 925
‘alomniés. On les a représentés comme des hommes sanguinaires et rusés, et nolamment ceux de la côte de Malacca ont été dépeints comme des pirates héréditaires, ne vivant que de fraudes et de rapines. Sans doute les îles du littoral ont souvent abrité des corsaires, surtout quand les puissances européennes armaient les indigènes les uns contre les autres; mais la grande masse de la population, pendant la période historique, s’est toujours composée de paisibles agriculteurs. Souvent aussi les Malais ont été qualifiés de pirates par les Anglais pour excuser les campagnes entreprises ou justifier les annexions de territoires : les douanes intérieures établies aux entrées des estuaires, aux confluents des cours d’eau, aux portages et aux cols des montagnes étaient représentées comme autant de repaires de brigands. Mais, dans les conditions normales, le Malais est le plus sociable, le plus paisible des Asiatiques, en même temps que l’un des plus courageux et des plus fiers. Dans les villages, chaque homme respecte scrupuleusement les droits de son voisin; nulle part il n'y a plus d'égalité réelle'. Il n’est pas d'homme qui sache mieux commande: à ses passions que le Malais, discuter avec plus de déférence pour son interlocuteur, contredire en ménageant plus habilement l'amour-propre d'autrui, lui faire accepter un reproche avec plus de grâce courtoise, donner à sa franchise les formes d’une plus grande politesse. Mais il a le droit d'attendre des autres ce qu’il leur a donné lui-même. La bonne grâce gagne son cœur, tandis que la morgue par laquelle les Européens cherchent souventà se grandir fait naître chez les M.lais un sentiment de haine mélangé de mépris’. Il peut arriver aussi chez ces hommes, qui savent si bien se contenir dans la vie ordinaire, que les passions fassent une explosion soudaine. Quand la fureur s'empare de lui, le Malais #'es, retenu par rien : c’est alors qu'il « court l'amok », tuant au hasard, jusqu'à ce qu’on le force et qu'on le tue comme une b'ie fauve. Parfois aussi la course de l’amok est une cérémonie de funérailles : les aïeux demandent à se repaître du sa1g que leur versent des amis dévoués, donnant le leur en même ‘emr: que celui des autres”,
Avant de devenir mahométans, les Malais étaient les adeptes des religions hindoues, et mainte tradition, maint trait de mœurs rappellent les temps où ils n'étaient pas encore entrés dans le giron de l'islam : ils ont mème plus d’une superstition commune avec l£s « Horimes du sol », qui 1dorent les esprits bienveillants et conjurent les mauvais génies. La polygamie est
“AR. Wallace, Malay Archipelago ; — Thomson
$ Reete Juke-, #ly, vol. I; — Logan, Jom'nal ot !:e Indian Archipelago, V. 5 Elie Reclus, No/es manuscriles.
plus rare chez eux que chez les autres peuples mahométans: elle <e pratique seulement lorsque le mari est assez riche pour s'acheter plusieurs épouses. Les anciennes, coutumes du matriarcat ont encore force de loi dans la plupart des familles. Le jeune homme ne demande pas de femme en mariage : à la mère revient le soin de chercher un gendre et de lui proposer sa fille : marié, il n’a aucun droit sur la fortune de son épouse, et même s’il n’a pas apporté dans le ménage une dot égale aux biens de la femme, c’est à celle-ci qu'appartiennent les enfants, et son propre avoir passe aux enfants de ses sœurs. Dans l’organisation communale, la dignité de chef, qui est en principe soumise à l'élection, suit en général le même ordre de succession; elle passe, non du père au fils, mais de l'oncle au fils de la sœur. Le chef ou panghoulou n’a d’autres droits que ceux d’un staruste dans un mir de la Grande-Russie ou une zadrouga serbe : il est le conseiller et le conciliateur des familles ou soukou, qui eultivent les lt: de la communauté.
Comme population dominante dans la presqu'ile, les Malais sont bien menacés. Déjà les Chinois forment plus du tiers des habitants dans les possessions anglaises, et très probablement ils y auront conquis la majorité numérique dans quelques années ; ils s’établissent aussi dans les États protéés et indépendants; mais une forte proportion de ces immigrants, venus presque tous de la Chine méridionale, épousent des Malaises, et leurs enfants, tout en restant Chinois, s’'accommodent aux mœurs du pays. Mineurs. artisans, agriculleurs, commerçants, intermédiaires de toute espèce, ils sont aptes à tous les métiers, et souvent les Anglais ont eu à craindre que le pouvoir ne passät entre les mains de ces industrieux colons. Ils redoutent surtout les sociétés secrètes chinoises, dont les membres font serment de ne jamais s'adresser aux magistrats européens et de ne reconnaitre qu'une autorité, celle de leur association. La politique des Anglais consiste à diviver ces dangereux sujels en groupes hostiles les uns aux autres et ils ont partiellement réussi, grâce à la connivence des Chinois riches admis à divers titres dans l'administration britannique. L’animosité naturelle des Malais contre les Chinois est un autre moyen de domination pour les Anglais', Les forces de police qu'ils ont organisées dans les distriets miniers où les Chinois sont en majorité se composent de soldats sikh et gorkha tirés des régiments les plus dévoués,
Les Hindous des États malais et des Straits Settlements se divisent en plusieurs groupes, suivant leur lieu d'origine. Les Bengali, que l'on
! Thomson, Dix Ans de Voyages dans la Chine el l'Indo-Chine.
HMALAIS, CHINOIS ET HINDOLS. 925
elle <e reconnaît à leur turban rouge et parmi lesquels on choisit les beaux
r plu- mandour, sortes de gendarmes qui marchent devant les blancs en témoi- Me » force gnage de respect, n'habitent pas les mémes quartiers que les Malabares de ! pas de l'Inde méridionale. Les King, Tchiglia ou Telougou de Madras, qui ont LE e et de le monopole de divers métiers, enire autres celui de cochers, et que l’on [a pouse, voit courir tout le jour, frottés d'huile de la tte aux pieds, à côté de leurs f s cle Ja petits ponys, sans montrer trace de fatigue, vivent aussi en des quar- > avoir üers distincts. Enfin, d'autres Hindous demeurent dans les baraques des d dignité camps : ce sont les malheursux coulis, « engagés », Santal, Oraon ou Kohl, fa. méme qui travaillent dans les plantations de la côte ferme, libres d’après le texte À Hi au fils de leur contrat, mais réellement assersis. Des Arabes, des Arméniens, | laroste quelques centaines de Juifs, des Eurasiens, d'origine portugaise pour la onseil- plupart, des Européens ou Orang Pouti, c'est-à-dire « Blanes », tous néde la gociants, fonctionnaires, planteur<, 2joutent à la variété des physionomies à ; et des costumes dans cette population cosmopolite’. Quoique dans le voisi- Ke nt bien
nage de l'équateur, les villes de k Malaisie anglaise sont parmi les plus salubres des Indes. celles où les familles européennes se maintiennent et se perpéluent de genéralion en généralion”. Quant aux « Portugais » de S proté- Poulo-Pinang, de Malacca et de Singapour, ils sont devenus plus noirs , venus que les Malais et seulement un gets nombre rappellent par les traits les lol ris Souza, les Castro, les Magalhaës et Les Mbuquerque dont ils se disent issus.
INCUrS, Une tribu des Yakoun se prétend de méme origine et l'on ne remarque
èce, ils en effet entre elle et les < Portugais » de Malacca aucune différence pour la à lre que stature, la nuance de la peau, là forme du visage”. “ redouserment Es qu'au Les ports de la eôte oecidentale de la Péninsule, au sud de Maulmeïn, . | à divi- n'ont qu'un faible trafic, mais qui ne peul manquer de s'accroître rapi- 4 |
ile t " ‘ 2 ‘ :
| ils ont dement dès que des routes uniront Tasoï et Mergui avec les côtes du golfe
dmis à de Siam et que les plantations récentes des collines avoisinantes en cafiers, elle de arbustes à thé, cinchonas, épiers, seront en plein rapport; les conces-
our les
sions se font par lots de #4 3 2400 bectarrs*. Tenasserim, qui a donné son listriets
sikh et 1 Iabitants des Straits Settlements ea 1581 - HN: M ina stades OR TE A LU ai TC CU e PA divisent Chinois RE TN UT A EE 174327 Eurawens 41 Américains . Ets 1 656 1 M . Made, les : à 4 + +: 68 té * juils él Arinéniens, . , . . . . . o16 LÉ ue l'on re # A. Clarke, Proceedings of We Groprapñsral Sursty of London, auz. 1882, FRA à 5 Favre, An account of the wild Tribes imhahetimg he Malayan Peninsula. * itRrs # Commerce de Tavoi pendant Fanae fa 1880-1881 : 2 061 100 francs ARR , Merzui , , , 24520759 » C E) o + Ê s Œu #5
nom à l’une des trois divisions administratives de la Barmanie anglaise, n'est qu'un village, que visitent, non sans peine, des bateaux d'un faible tirant. Les pécheurs de la côte, notamment ceux de Tavoï, ont un animal domestique pour lequel tous autres que les indigènes n'éprouveraient que de l'horreur : c’est un serpent boa. Is le nourrissent d'œufs et de riz comme leurs enfants, leurs chiens et leurs chats, qui vivent en bonne harmonie les uns à côté des autres. Le boa est le compagnon indispensable des pécheurs dans toute expédition. Il s'enroule au fond de 12 barque, où il reste sans bouger pendant des journées entières; mais qu'une tempête se prépare, il dresse la tête et, glissant par-dessus bond, plonge dans la mer pour nager ver. à terre ferme : les marins s’empressent de tendre les voiles et de le suivre
Au sud de l sivière Pakchan, destinée peut-être à devenir une voie de trafic international, ie territoire de la péninsule appartient au royaume de Siam ou à des radjahs tributaires. Des evllines élevées montrent de loin le «genou » de la péninsule, c'est-à-dire l'endroit précis où la côte, cessant de se profiler du nord au sud, prend la direction du sud-est. Une grande ile, \alang, Salang, Ceylan ou Jonk-Ceylan, prolonge la côte du nord, abritant à l’est un ensemble de ports où des flottes entières mouilleraient entre les ilots et les récifs. Ce nom de Ceylan semble rappeler la confusion qui se faisait autrefois dans l'esprit des marins inexpérimentés entre l'ile hindoue de Taprobane et les terres de l'archipel Malais * : c'est là ou dans le voisinage, peut-être à Panga ou à Kedah. qu'il faut chercher la Kalah des navigateurs arabes, grand marché que les premiers commentateurs cherchaient dans l'ile de Ceylan, à Pointe de Galle.
Sur la côte orientale, au nord du golfe de Siam. les villes siamoises ou malaises n'ont actuellement qu'une fxible importance commerciale, Les populations de l'intérieur sont trop peu nombreuses pour alimenter un trafic de quelque importance ; les mines d'étain ne sont que faiblement exploitées, les gisements de houille ont seulement été reconnus et des routes ou canaux, traversant la presqu'ile de mer à iner, n'ont pas encore vu surgir de villes gardiennes à leurs extrémités maritimes. Les cités de Lior et de Patani, sur la rive orientale de la péninsule, eurent jadis un commerce assez «7 4f, avant que Batavia, Ningapour, Pinang, n'eussent, au commencement du dix-septième siècle, appelé dans leurs ports le
grand mouvement des échanges: les Hollandais fondèrent un comptoir
1 Shwar Yoe, The Burman.
# Yule, Cathay and the way thither ; — The Book of ser Marco Polo.