MONTAGNES, CLIMAT, RIVIÈRES DE MALACCA
vailles faites dans les palafittes de l'Europe ont des poignées qui ne peuvent convenir qu'aux mains des Hindous ou de leurs voisins orientaux; la différence moyenne entre ces poignées et celles des armes de France dépasse 5 centimètres. Divers instruments, qu'on retrouve dans l'Asie orientale, et des motifs d'ornementation, tels que le signe de la croix, témoignent aussi du commerce qui se faisait aux premiers temps de l'âge de bronze entre les Indes et l'Europe occidentale".
Les pluies qui tombent sur les pentes des montagnes du Tenasserim et de la Malaisie sont fort abondantes, principalement sur le versant occidental, dont les roches, fréquemment ravinées per les averses, sont toujours plus nues que celles du versant oriental. En moyenne, la tranche d'eau fluviale dépasse 5 mètres par an; il pleut presque tous les jours. de novembre en mai, et pendant le reste de l'année il n’est pas rare que les vents, de quelque côté qu’ils soufllent, apportent de l'humidité ; entourée de tous les côtés par les eaux de la mer, la presqu'ile baigne par ses monts dans une atmosphère chargée de vapeurs; il ne se lève pas un seul jour qui soit complètement pur*. Aussi les fleuves qui descendent des montagnes sont-ils très abondants en proportion de leur cours, et plusieurs, accessibles aux bateaux à vapeur dans la partie de leur courant que remonte la marée, portent des barques jusqu’au pied mème des montagnes. Tels sont les fleuves Perak, Bernam, Selangor, Klang, Moar, sur le versant du détroit de Malacca, et ceux de Pahang et d'Indaou, sur le versant de la mer de Chine. Mais le cours de toutes ces rivières est interrompu par des rapides qu'il est souvent périlleux de franchir. Ainsi le haut Perak, la « rivière d'Argent », descend par une succession de 55 djeram ou rapides, que les bateliers cherchent à se rendre propices par des offrandes. Avant de tenter les passages les plus dangereux, ils s'arrètent, implorent les rochers, leur expliquent en détail l'importance du voyage, et leur jettent des bananes, des noix de bétel, mème un biscuit quand un homme blane les accompagne”.
Les torrents et les rivières de la Malaisie entraïnent en boue les débris des argiles et des latérites et les déposent sur les plages en vasières dont les palétuviers s'emparent peu à peu, bordant le littoral de leurs échafaudages de racines aériennes. Toutes les eaux troubles qui s’écoulent du continent et des îles et que la mer reprend pour les lancer en vagues contre la côte, s'épurent dans ce dédale et colmatent graduellement le littoral en ajoutant aux rives laisse après laisse, comme les couches dont la croissance
1 Gabriel de Nortillet, Revue d’ Anthropologie, 1815 ? Wernich, Geographisch-medicinische Studien. 3 Daisy, mémoire cité.
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annuelle entoure les trones des arbres. C'est ainsi que Poulo Pinang se rapproche de la terre ferme. L'étude du sol prouve que le détroit eut jadis une vingtaine de kilomètres; mais la Pray (Prye, Praï) et les autres rivières deseendues des monts de Larout ont avancé leurs rives aux dépens du chenal, ne lui laissant que 5 kilomètres au pas le plus étroit : le courant
N° 19. — PUELO MXANG ET WELLESEN.
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resserré entre l’île et le continent a creusé le chenal à 25 mètres de profondeur, mais au nord et au sud de vastes banes se prolongent au loin dans la mer'. Sur les bords du détroit de Malacca, l'influence de Sumatra, qui s'aligne parallèlement à la côte continentale, produit un phénomène inverse. Là aussi les torrents de la Malaisie apportent à la mer de grandes quantités de boue, mais ceux de Sumatra, qui en charrient beaucoup plus, ont une action prépondérante et forment de vastes delta: en avant de leurs
* Logan, mémoire cité.
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