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phénomènes serait le même, soit de onze années, et par conséquent la prévision du danger pourrait déjà permettre de le conjurer en partie; mais l'utilisation complète des eaux courantes, naissant pour la plupart en des régions où les pluies tombent en abondance, est le seul moyen d'assurer la réussite des récoltes et par conséquent l'existence des cultivateurs dans le Sind et toutes les régions du versant oriental de l'Inde.
Moins redoutables en réalité que le manque de pluies, les cyclones causent pourtant plus d'épouvante, parce que leur œuvre de destruction est subite et que les scènes de désastre laissées sur leur passage se montrent à la fois dans toute leur horreur, D'ailleurs, si les famines font périr des millions d'Hindous dans l'espace de quelques mois, il est des cyclones qui noient plus de cent mille personnes en quelques heures, et des épidémies, des famines locales, sont aussi les inévitables conséquences de ces terribles méléores. Dans les mers de l'Inde, au nord de l'équateur, la plupart des cyclones développent leur spirale au nord des îles Andaman, entre les côtes d'Orissa et celles d’Arrakan; mais ils bouleversent aussi les eaux sur la côte de Coromandel et, de l’autre côté de la Péninsule, dans la mer d'Arabie, Ces évènements se produisent soit au commencement, soit plus souvent encore, à la fin de la mousson d'été. D'ordinaire, la rupture d'équilibre est précédée par un temps calme, avec une pression baromé- Lique à peu près égale sur une étendue considérable. Les vapeurs échauffées qui s'élèvent dans ces parages, ne trouvant pas à s'épancher à droite et à gauche, se condensent de nouveau, la chaleur latente se dégage, et l'air froid est appelé de toutes parts vers ce foyer de haute température; c'est ainsi que du conflit des masses aériennes nait le tourbillon. Les plus grands désastres ont lieu naturellement sur les côtes basses, où des raz de marée, de quelques mètres seulement plus élevés que le niveau moyen du flot, suffisent à ravager des campagnes s’élendant à perte de vue dans l’intérieur.
C'est aux bouches de la Kistnah, de la Godaveri, de la Maha naddi, du Gange, du Brahmapoutra, que les cyclones ont rasé le plus de villages, englouti les populations les plus nombreuses. Le plus terrible ouragan dont parle l'histoire de la Terre est celui qui vint frapper en 1876 la région orientale des Sanderband, sur les deux bords de la Meghna : on le connait sous le nom de « cyclone de Bakerkandj », d’après l'appellation du distriet dont il dévasta les campagnes. Dans la nuit du 31 octobre au L* novembre, vers minuit, les trois vagues successives, de 3 à 6 mètres de hauteur totale, abordèrent les rives de l'embouchure et dans l’espace de quelques heures, trois grandes îles, les îlots voisins et près de 60 000 hecres sur le continent, étaient recouverts par les eaux : plus d’un demi-