FAUNE ET POPULATIONS DE L'HINDOUSTAN
A l'exception de quelques tribus d'une origine inconnue, que l'on dit
autochthones, par ignorance de leur filiation réelle, les races de l'Inde se
rattachent, on le sait, aux aires ethnologiques limitrophes. De même que
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VICIINOU GARDÉ PAR UN SERPENT. — SCULPTURE DU TEMPLE DJAINA DE SADRE (ounaïroun )
Dessin de Goutzwiller, d'après une photographie de MM. Bourne et Shepherd.
les espèces végétales et animales, les peuples hindous appartiennent à des
centres de formation plus vastes que la Péninsule dans laquelle ils se ren-
contrent et s’entremélent de nos jours. Les Aryens, conscients de leur
civilisation commune, se reconnaissent comme frères de langue et de pensée des deux côtés du Caucase indien; à l’ouest, des transitions gra-
duelles de race, d'idiomes et de traditions unissent les populations
x LC mahométanes de l'Iran et de l'Inde; de même au nord et au nord-est,
| | “ la parenté se reconnaît de peuplade en peuplade entre les vallées du } versant méridional et celles qui s'inclinent vers l'est de l'Asie. Enfin,
| ‘a les Dravidiens eux-mêmes, quoique repoussés maintenant en dehors t des plaines hindoues vers les plateaux du sud, paraissent être venus
du nord-ouest, et l’on croit voir dans le Baloutchistan des traces de leur | 1 passage, le langage brahui étant considéré comme d'origine dravidienne d, | 4 et l'ancien médique ayant été reconnu comme appartenant au même 1 |? 174 groupe de familles glossologiques. Les inscriptions trilingucs de Behistan, racontant l’histoire de Darius Hystaspes, ont fourni aux traducteurs des ; témoignages incontestables de l'ancienne parenté des idiomes dravidiens # avec les langues « scythiques », représentées principalement de nos jours “fl par les dialectes finnois". 4 D'ailleurs, l'antiquité des migrations et les changements qui s'accom- Al plissent dans le vocabulaire et la structure des langues, d'autant plus “hi rapidement que les populations sont plus barbares et plus mobiles, expli- 1 quent les différences considérables qui se sont produites dans les tribus SN et les nations depuis qu'elles ont cessé d'être en relations directes les Li unes avec les autres. Aux preuves tirées de l’histoire elle-même s’ajoutent les innombrables trouvailles des archéologues, pour témoigner de l'ancienneté du séjour de l'homme dans la péninsule hindoue. De même à 4 que l’Europe, l'Inde a ses dolmens et ses menhirs, ses pierres à écuelles | et ses gisements de silex travaillé : on y retrouve toute la série des âges sa préhistoriques pendant les époques de la pierre*. C’est même en Hin- 7 doustan que l’on a reconnu les traces les plus anciennes du séjour de dd l'homme sur la Terre : à l'est de Goa, les géologues ont découvert, à t demi enfoncé sous une couche de basalte et de latérite, une forêt de nn palmiers et de conifères transformés en silice, et quelques-uns de ces à troncs d'arbres changés en pierre portent encore les marques évidentes ' de la hache qui les a coupés’. Ainsi des bûcherons poursuivaient déjà leur industrie à une époque où les coulées de lave s’épanchaient encore HA des cratères du Dekkan, depuis si longtemps fermés et méconnaissables : c'est aux âges éocènes, peut-être même à la fin de la période crétacée, qu'on doit faire remonter l'existence de ces habitants de l'Inde occidentale. Le temps n’a donc pas manqué aux populations de la contrée pour
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