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pour menacer les admirateurs du dieu. On adore aussi Vichnou gardé par un serpent aux mille têtes. Dans presque tous les temples hindous se retrouve cet ornement symbolique, dont le sens primitif s'est graduellement perdu et qui a fini par devenir un simple motif de décoration. Les parapluies et les ombrelles, d'abord réservés aux grands personnages, ont une forme rappelant celle des serpents de Siva,
La faune de l'Hindoustan comprend aussi quelques sauriens redoutables, deux espèces de crocodiles et le gavial du Gange, mais le nombre de ces animaux diminue rapidement, depuis que les fabricants en utilisent la peau et la graisse et qu'on a entrepris de les combattre en employant les moyens mis par l’industrie moderne à la disposition des chasseurs. Dans ce travail incessant de l'homme pour l'aménagement de la nature, suivant ses intérêts ou son caprice, il lui est plus facile de supprimer ou de s’asservir les grands animaux que de lutter contre la foule sans nombre des insectes ou de petits rongeurs. Tandis qu'il extermine le lion, combat le ugre, assujétit l'éléphant, peuple les forêts himalayennes de gibier importé d'Angleterre et remplit de poissons du nord les viviers des Nil ghiri, il reste aussi impuissant que l'étaient ses ancêtres contre les vols de sauterelles, les bandes de rats, les fourmis, et toutes ces nuées d’ennemis imperceptibles qui s'attaquent aux récoltes en les détruisant dans le fruit ou dans la fleur. Contre ces adversaires, il lui faut compter sur le secours d’autres petits animaux ou animalcules qui pullulent ou disparaissent suivant les oscillations du climat. Du moins a-t-il dans le monde immense des oiseaux des alliés sûrs pour le débarrasser de tous les débris qui pourraient engendrer la peste dans les cités. Parmi les espèces de vautours, il en est deux, gyps indicus el gyps bengalensis, qui ont mérité le nom spécial de « nettoyeurs » : on les nomme «philosophes » ou bien « adjudants », à cause de la gravité de leur démarche. À Calcutta notamment, on voit en foule ces grands volatiles, au long bec, à la tête chauve, au goître violet, aux ailes noires, perchés mélancoliquement sur les murailles. De fortes amendes protègent ces bienfaiteurs publics contre toute attaque. Les Hindous ont les mêmes volatiles de basse-cour que les Européens, et de plus ils ont conservé dans plusieurs provinces, notamment dans le Sind, l'usage de dresser les faucons à la chasse. L'oiseau que les habitants de l'Inde centrale élèvent avec le plus d'amour, est une espèce de sansonnet (acridotheres tristis), qui devient très familier et que l’on habitue à prononcer quelques mots, entre autres celui du dieu Krichna ; mais les oiseaux chanteurs sont beaucoup plus rares dans les forêts hindoues que dans celles de l'Occident. Le moineau a suivi l'Anglais dans les vallées des monts himalayens.
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