POPULATIONS DE L'INDE, HIMALAYA OCCIDENTAL
se mélanger et se fondre diversement, en formant et reformant à nouveau les groupes primitifs.
Cependant la stabilité des races est beaucoup plus grande en Hindoustan que dans le continent d'Europe, ce qui s'explique en partie par les contours relativement massifs de la péninsule Gangétique, comparée à l'ensemble d'îles et de presqu'iles qui constitue la région nord-occidentale de l'Ancien Monde : toutes choses égales d'ailleurs, les populations ggricoles doivent être d'autant moins sédentaires qu'il leur est plus facile de changer de climat et que la nature environnante est elle-même plus mobile et plus variée. À maints égards, les Hindous représentent un élément presque immobile en comparaison des Européens; pendant cette même période de vingt-trois siècles qui a vu la plupart des tribus barbares de l'Occident s'élever au degré de civilisation le plus haut qui ait été jamais atteint, les habitants de l'Inde sembleraient presque être restés stationnaires. Les descriptions sommaires du peuple, laissées par les premiers éerivains étrangers, s'appliquent encore aux habitants de la Péninsule : même l'institution des eastes, que le bouddhisme avait partiellement abolie, a reparu, de même que la vraie nuance d’une étoffe se montre de nouveau sous un bain de couleur superficielle, Grâce à cette persistance remarquable, les types des tribus, des nations et des races diverses qui se trouvent en contact les unes avec les autres dans les provinces de l'Hindoustan, se présentent avec plus de netteté que ceux des populations occidentales, incessamment mélangées.
À chaque région spéciale de l'Inde appartiennent donc des populations encore distinctes, barbares ou civilisées, qu'il importe de décrire à part. Dans les pages qui suivent, on essayera de tenir compte, autant qu’il est possible, du groupement des habitants de même origine, tout en étudiant le pays conformément à ses divisions naturelles, brutalement modifiées çà et là par les conquêtes et les divisions administratives.
HTMALAYA OCCIDENTAL
HAUTES VALLÉES DES € CINQ FLEUVES D, KACHMIR, DARDISTAN ORIENTAL, HAZARASs TOHAMBA. KANGRA, ÉTATS DU AAUT SATLEDI
Dans son ensemble, cette terre montagneuse est un espace neutre n’appartenant géographiquement ni au Tibet, ni à l'Inde, ni au Turkestan. Les crêtes qui la dominent sont le prolongement des saillies tibétaines et les
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vallées intermédiaires continuent les dépressions du plateau; si l’écoulement des eaux se fait vers les plaines du Sind et la m:" d'Arabie, les gorges profondes dans lesquelles passent les torrents, les escarpements et les cols qu’il faut traverser pour se rendre dans les bassins supérieurs, séparent complètement les deux régions de la plaine et de la montagne, de même que celle-ci est séparée des glaces : ainsi que le disent les anciens poèles hindous, « trois mondes » sont superposés dans cette contrée. Presque toutes les populations du Kachmir et des vallées limitrophes contrastent aussi par l’origine avec les habitants des campagnes unies du Pandjab. C'est au pied des montagnes que, dans les premiers âges historiques, s’arrèlait de ce côté le pays des Aryens, et souvent le Kachmir a suivi des destinées politiques différentes de celles des « Cinq Rivières ». Encore en 1819 il se trouvait sous la domination des Afghans; le maha radjah de Srinagar ne reconnaît la suzeraineté anglaise que depuis l’année 1846. D'ailleurs, la limite politique de ses possessions coïncide assez exactement avec les frontières naturelles; au nord, les crêtes du Karakoroum et ses brèches neigeuses, si difficiles à franchir, séparent le Kachmir du Turkestan chinois, tandis qu’au sud les dernières saillies paralièles des monts Himalaya indiquent les bornes du royaume; seulement une lisière de terrain, variant en largeur de 5 à 30 kilomètres, empiète sur la région des plaines : c’est la zone que l’on appelle du nom persan de Daman-i-koh, c’est-à-dire « Piémont ». Chacune des régions naturelles de la contrée a reçu ainsi une désignation générale : la chaîne des avantmonts, aussi bien dans le Tehamba et le Spiti que dans le Kachmir, s’appelle le Kanti ou le « Rebord » ; au delà, tous les pays accidentés de l’intérieur sont le Pahar ou la « Montagne »'.
De beaucoup, la plus grande étendue de cette vaste région du haut bassin des Cinq Fleuves se compose d'espaces inhabités*. On comprend qu’il en soit ainsi pour un pays qui représente dans son ensemble un plan incliné dont le bord supérieur a 6000 mètres d'altitude. La hauteur moyenne de toute la contrée doit être évaluée à plus de 4000 mètres : un bien petit
1 Frederic Drew, The Jummoo and Kashmir territories. 3 Superficie et population de l'Himalaya occidental :
Superticie, Population en 1872. Population kilométrique. Kachmir, , , , . , , . 478 558 kil, car. À 535 000 hab, 8,6 hab. Dardistan indépendant, . . 351700 » 400 000 (?) » 10,6 » HAT NU nd nn rue 7342 » 367200 » 50 î Tchamba, . . . . , .. 8329 » 130 000 » 15 »
KAMEL ele ae 4e 25218 » 743900 » 32 »
États du haut Satledj , . 20623 » 729 700 » ab) »
Ensemble . . . . . 275850 kil. car, 5905 800 (?) hab. 15,0 hab.
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