‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 54 sur 471 · N° 2%, —— ANCIENS LACS DU PLATEAU DE ROUPCHOU · texte numérisé non relu

N° 2%, —— ANCIENS LACS DU PLATEAU DE ROUPCHOU

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avités du plateau; partout, du Kouenlun à l'Himalaya, de même que daris la région tibétaine où se trouve le lac Pangkong, on reconnaît les effets d'un climat devenu plus sec pendant la période actuelle; partout les eaux ont baissé et les substances salines, chlorure de sodium, sels de magnésie, carbonate de soude, se sont concentrées dans les fonds; des gisements de soufre et de borax sont également exploités dans le pays pour le compte du souverain de Kachmir?, Lorsque Cunningham visita Hanlé en 1847, un assez grand lac d'eau douce occupait une partie de la plaine; dix-sept ans après, en 186%, la nappe d’eau avait complètement disparu.

1 Frederic Drew, The Jummoo and Kashmir territories. # Ferd, Stoliczka, Memoirs of the Geological Survey of India, V, 1866.

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ROUPCHOU, GLACIERS DU KARAKOROUM. 401

A l'exception de la haute vallée du Chayok, que remonte le sentier du col de Karakoroum, le plus fréquenté des marchands entre le pays de Kachmir et le Turkestan chinois, toute la région septentrionale du bassin de l'Indus est barrée par des glaciers presque infranchissables. Sur une longueur d'au moins 500 kilomètres du sud-est au nord-ouest, autant qu'on peut en juger par le résultat des explorations partielles faites dans ces régions, le Karakoroum ou Moustagh, ainsi qu’on l'appelle également dans le Kachmir, s'élève en un rempart continu, obstrué de glaces qui descendent de 40 à 50 kilomètres au sud de la crête : dans les premiers temps de l'exploration, c’est de loin seulement et par de nombreuses visées que Thuillier et autres officiers du bureau topographique de l'Inde parvinrent à reconnaître et à mesurer la plupart des géants neigeux de cette chaîne. Les plas hautes pointes de la chaîne étaient depuis longtemps siynalées par les indigènes : ce sont le Macherbroum aux trois cimes, le Goucherbroum, et un pic à deux cornes, coupé à l’ouest par des précipices de plus de 1000 mètres; il resta longlemps désigné sur les cartes par une simple lettre et un chiffre. Cette montagne, le K?, connue désormais sous le nom de Dapsang, s'élève à 8660 mètres d’allitude : elle occuperait done le deuxième rang parmi les sommets de la Terre. Les indigènes Balti ont quelquefois franchi le Moustagh à l’ouest de ce pic, en contournant les crevasses du glacier de Baltoro ; mais ce passage est praticable seulement pendant une courte période d'été, et même alors les dangers sont grands; les hommes se suivent à la file, attachés les uns aux autres, et les petits chevaux du Yarkand, qui accompagnent leurs maîtres, doivent être portés par-dessus les crevasses. Aucun Européen n’a franchi ce pas redoutable du Moustagh, et les Balti paraissent l'avoir pratiqué pour la dernière fois en 1863. Arrêtés par le brouillard, un des frères Schlavintweit, puis Godwin-Austen essayèrent vainement d'atteindre le seuil'.

Les glaciers que verse le Karakoroum sur ses pentes méridionales et qui occupent loute une moitié de l’ancien royaume de Baltistan, sont, on le sait, les plus vastes de l’Asie et du monde, en dehors des régions polaires. C'est un fait remarquable que la chaîne de Leh, s’élèvant en massif insulaire entre les profondes dépressions du Chayok et de l’Indus, soit lrangée de quelques petits glaciers à peine, tandis que d’une part les monts du Karakoroum, de l’autre l’arête du Zanskar épanchent de si vastes fleuves de glace dans leurs vallées. Bien que la hauteur moyenne de ses pics dépasse 5000 mètres et même çà et là 6000 mètres, la chaîne de Leh,

! Journal of the Geographical Society-of London ; — Frederic Drew, ouvrage cité.

d’ailleurs fort étroite, est un peu moins élevée que celle du Zanskur; aussi les vents pluvieux qui remontent de la mer et des plaines, passent au-dessus d'elle en ne baignant de leurs vapeurs que les plus hautes pointes; la part des pluies qui n'est pas tombée sur les monts Zanskar est réservée pour le haut rempart du Karakoroum, contre lequel vient se presser le courant nuageux. Ce contraste dans la précipitation des pluies et des neiges, et par conséquent dans l'abondance des glaces entre les deux chaînes voisines de Leh et du haut Baltistun, a aussi pour résultat une grande différence dans- l'aspect de la végétation. Dans les monts (le Leh, presque toutes les vallées sont stériles et pierreuses; quelques nappes de verdure, dues à l'industrie humaine, sont de toutes parts entourées de roches et de sables, blessant le regard par la violence du contraste. Les pentes n'offrent que broussailles, et çà et là quelques touffes de gazon; sur les croupes, des plantes aromatiques et de petites graminées interrompent de leurs teintes grisâtres le fond plus clair des rochers. Dans les vallées du Karakoroum au contraire, les pelouses épaisses, embellies au printemps par une grande variété de fleurs, s'étendent jusqu'à la base des moraines, et même plus haut, sur les pentes latérales; des cyprès, des bouleaux et des saules crois sent dans le voisinage immédiat des glaces, et comme dans les Alpes suisses on voit les terrains de culture dominés par les séracs*.

La limite inférieure des glaces dans le haut Baltistan est évaluée à 9000 mètres environ par les divers observateurs. Le glacier de Biafo descend, près du village d’Askoli, à une cote de niveau un peu inférieure à cette altitude; la limite supérieure de la zone des arbres le dépasse en hauteur d'au moins 500 mètres, Grâce au long développement de ces glaciers, dont l'un, le Baltoro, n’a pas moins de 56 kilomètres entre le cirque de réception et la moraine frontale, leur pente moyenne est peu considérable ; elle est de 2 degrés seulement sur le glacier d’Arandou, ainsi que le constata Drew, en le remontant à plus de 25 kilomètres en amont de l’arche terminale d’où jaillit la rivière de Bacha. Plusieurs lacs sont retenus entre les glaces et les roches voisines ; mais, comme le lac suisse de Moerill, au bord du glacier d’Aletsch, ils se vident parfois tout d’un coup, lorsque le mouvement et la fusion des glaces inférieures ouvre à la pression de l’eau des erevasses et des galeries profondes. De même que les glaciers d'Europe, ceux du Karakoroum présentent des successions de progrès et de recul. Les moraines du glacier d’Arandou gagnent peu à peu sur les pâturages, en

* Shaw, Visits lo High Tariary.

2 Lydekker, Records of the Geological Survey of India, vol, XIV, part. I, 1881.

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GLACIERS DU BALTISTAN, MONTS DU ZANSKAR. 103

relevant les terres gazonnées, comme le soc d’une gigantesque charrue; de mème celles du Palma, entre les deux courants de glace du Biafo et du Bal- Loro, sont dans une période de croissance, tandis que celles du Tapsa, à l'ouest du Biafo, sont abandonnées dans le val par les glaces en retrait. Mais, quels que soient les changements actuels dans le front des glaciers, il est certain qu’à une époque antérieure les fleuves congelés descendaient beaucoup plus bas dans les vallées : tous les voyageurs parlent des barrages de moraines, des roches polies et moutonnées, des fonds burinés, qu'ils ont trouvés bien au-dessous de la zone où descendent actuellement les glaces. Des sources thermales abondantes jaillissent en grand nombre dans les hautes vallées du Baltistan, à proximité des fleuves cristallins, ou même s'ouvrent de larges entonnoirs fumants au milieu des névés.

La partie occidentale du Moustagh, qui va se confondre avec le massif où se séparent l’'Hindou-kouch et le Kouenlun, est une des régions les moins connues de l'Asie. Habitée par des tribus en guerre avec leurs voisins plus eivilisés des vallées inférieures, la contrée n'a pu encore être explorée et les cartes qu’on en donne ne reposent que sur les descriptions plus ou moins vagues des indigènes et sur les profils de montagnes dessinés de loin par les voyageurs anglais. Mais il est certain que cette région est également très riche en courants de glace, notamment aux sources des rivières Hounza et Nagar, qui donnent leurs noms à deux petits États. Les deux rivières, affluents de l’Indus par le Gilgit, contournent au nord le Baltistan occidental et le séparent ainsi des monts qui forment la chaine bordière du grand Pamir; mais la rivière Gilgit coule dans une vallée qui continue directement vers le nord-ouest la dépression au fond de laquelle passe l’Indus : du Kaïlas à l’Hindou-kouch, sur une longueur en droite ligne d'environ 1100 kilomètres, Indus et Gilgit venant à la rencontre l’un de l’autre, indiquent ainsi par leur cours l’existence d’une fosse, peut-être d'une ligne de fracture parallèle aux saillies du Karakoroum et des chaînes himalayennes. En aval du confluent, l'Indus, changeant brusquement de cours, traverse de défilés en défilés la région des montagnes que domine le Nanga Parbat des Hindous, le Diyarmir des indigènes.

La chaîne du Kachmir, qui rivalise presque avec les monts du Baltistan pour l'abondance des neiges et des glaces, est la rangée du Zanskar ou de Bara-latcha (Bara latsé), ainsi nommée d’une brèche entaillant profondément la crête. Malgré quelques irrégularités d’allures, cette chaîne peut être considérée comme la continuation du Trans-Himalaya, dont la borne occidentale est le Raldang Kaïlas, une de ces montagnes d’or et d’'émeraude que la mythologie hindoue dit porter le ciel. Mais au pied de ce mont se sont

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ouvertes les profondes coupures du Satledj et de son affluent la Para, l'un pour descendre du plateau tibétain, l'autre des hautes terres de Roupehou. Les gorges par lesquelles ces rivières échappent aux régions supérieures pour descendre dans les plaines sont effrayantes à contempler. À l'endroit où le Satledj, plus généralement connu dans le pays sous son nom tibétain de Sangpo, — comme le grand fleuve du Tibet oriental, — s'unit au Spiti, venu des gorges que domine le rocher de Dankar, c'est à grand peine si le voyageur peut discerner la jonction des eaux du haut de quelque promontoire; de presque tous les points du sentier qui serpente sur les hautes terrasses, on n'aperçoit que le vide entre les parois des roches verticales ou brusquement inclinées : on sait seulement que là, dans le fond du gouffre, glissent les deux courants, à 550 mètres de profondeur au-dessous des bords de la coupure, taillée peu à peu dans les masses schisteuses"!, Immédiatement à l'ouest des gorges du Satledj, la crête des montagnes qui se profile dans la direction du nord-ouest dresse ses hautes cimes à plus de 6000 mètres, et de chaque brèche elle déverse des neiges et des glaces; mais c'est au delà du col de Bara-latcha, près duquel naissent la Tehandra et la Bagha, les deux affluents supérieurs de la Tehandra-Bagha où Tehinab, que la chaîne du Zanskar se montre dans toute sa sauvage majesté, secouant de chaque côté son vêtement de glaces. Les monts du Zanskar, composés de gneiss, de porphyres, de schistes et de conglomérats quartzeux, n'ont point de rivaux dans tout l'Himalaya pour l'éclat des couleurs, là fierté des lignes, la bizarre et superbe architecture de l’'ensemble; la variété des formes y est infinie : dômes, aiguilles, tours, dents, arêtes el pyramides se succèdent en désordre apparent, et chaque gradin, chaque saillie à sa nuance spéciale de vert, de pourpre, de jaune où d'autre couleur resplendissant au soleil ou rompant l’uniformité des ombres. Mais peu de voyageurs bravent les fatigues de longues expéditions dans ces pays de froidure pour venir admirer ces tableaux grandioses. Les deux torrents qui coulent en sens inverse à la base septentrionale de ces monts et qui forment la rivière du Zanskar, tributaire du haut Indus, arrosent des champs et des pâturages situés en moyenne à 4000 mètres d’élévation; les hameaux, dont les cabanes sont couvertes de broussailles, protégeant la charpente contre la sécheresse de l'air, se distinguent à peine du sol environnant. Deux à trois mille individus seulement sont épars sur un espace de plus de 200 kilomètres de longueur : loin des voies naturelles du commerce, le Zanskar ne pourrait se peupler que si les gisements de cuivre

# Andrew Wilson, The Abode of Snow.

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Dessin de Taylor, d'après une photographie de M. Frith.

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d'énormes blocs roulant au milieu des galets*', étaient exploités sérieusement par les Kachmiriens. De l'autre côté de la chaine, le Spiti, ou plutôt le Piti, d'après la prononciation des indigènes, n'est guère moins élevé que le Zanskar. La hauteur moyenne des villages est de 3900 mètres, et c'est à peine si l’on voit un arbre dans tout l'espace qui les entoure; les indigènes montrèrent à Wilson comme un objet merveilleux l'unique abricotier du val. Les défilés par lesquels s'échappe le torrent étant inaccessibles, on ne peut entrer dans la vallée que par des cols aux pentes redoutables; celui de Bhabeh, qui communique au sud avec la vallée du Satledj, est impraticable pendant la mousson du sud-ouest à cause de la violence des orages qui s’y engouffrent; le passage de Maniroung, beaucoup plus élevé, est souvent obstrué par les neiges. Mais à l'ouest du Spiti le pays de Darcha mérite moins que les contrées limitrophes le nom sanscrit de Lahoul ou « Lieu Sauvage », sous lequel il est généralement connu; haut de 5000 à 3500 mètres à son origine, il s'incline graduellement vers le nordouest, et tous ses villages sont entourés d'arbres et de cultures.

Découpée à son extrémité orientale par de larges vallées et se ramifiant en chaînons latéraux, d’un côté vers l’'Indus, de l'autre vers la plaine de Kachmir, la chaîne du Zanskar se redresse pour former le massif que dominent les deux monts égaux de Noun et de Koun (Mer et Ser), surmontés de pyramidions réguliers. De ce massif s'épanchent aussi de nombreux glaciers, au sud dans la vallée de Wardwan, au nord dans celles du Sourou et du Dras; mais vers le nord-ouest la crête s’abaisse de plus en plus, offrant des seuils nombreux aux voyageurs qui se rendent de la plaine de Kachmir dans la haute vallée de l'Indus; un passage consacré à Siva, le Zodji bal des Kachmiri, le Zodji-la des Tibétains, c'est-à-dire le col de Zodji ou de Dras, par lequel on s'élève brusquement des campagnes du sud aux terres froides du nord, a seulement 344% mètres d'altitude; à l'exception des coupures d'érosion dans lesquelles passent des torrents comme le haut Satled), c’est la brèche la moins élevée de toute la chaîne du Trans-imalaya; un glacier voisin, celui de Metchihoï, descend à la cote de 5500 mètres, bien au-dessous de la zone supérieure des cultures”. Cette région des montagnes est peut-être celle de l'Himalaya où les neiges s'abattent en plus grande abondance. Les flocons y tombèrent presque constamment d'octobre 1877 en mai 1878, et sur le col de Zodji on trou-

{AL Cunningham, Ladak.

Memoirs of the Geology of India.

5 Frederic Drew, ouvrage cité.

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vail encore au mois d'août beaucoup d'endroits où la neige n'avait pas moins de #5 mètres d'épaisseur".

La crête principale, d'une hauteur moyenne de 4500 à 5000 mètres, se continue au nord de la vallée du Kinchan ganga ou Krichna ganga (rivière de Krichna), grand affluent du Djhilam, et projette au nord de nombreux “ameaux, dont l’un sert de chaîne bordière au large plateau de Deosai : ce plateau forme un bassin de 3600 à 4000 mètres d'altitude, empli de cailloux et de graviers que déposèrent autrefois les torrents glacinires descendus des montagnes environnantes, actuellement presque toutes inférieures à la limite des neiges persistantes; quelques lacs sont épars dans les ca vilés du Deosaï, et la rivière du Chigar, tributaire de l'Indus par le Sourou, s'échappe à l'angle sud-oriental du plateau, en déblayant des galets auxquels se mêlent des paillettes d'or. Facile à traverser pendant la saison d'été, le Deosaï, le « Plateau du Diable », est fort dangereux en hiver à cause des tourmentes de neige; il n'a d'autre végétation dans ses creux que des herbes courtes, et nulle habitation ne s'y montre : les animaux y sont rares, à l'exception de marmottes, pareilles aux tarbagans de l'Asie centrale et de la Sibérie méridionale; elles veillent à la porte de leurs terriers et S'enfuient en sifflant à l'approche des voyageurs, mais pour repa- ‘ailre et les regarder curieusement aussitôt après leur passage.

Les profondes vallées de l'Astor ou Hazora et de ses affluents séparent le Deosaï du massif de Nanga Parbat, borne angulaire de l'empire indien. Cette montagne, l’un des colosses du continent, parait d'autant plus élevée que loute la partie occidentale de la erête du Trans-Himalaya, au delà du Noun et du Koun, n'atteint pas la limite des neiges persistantes. La « Montagne Nue », — car lel est le sens des mots hindi Nanga Parbat, — ou Diyarmir, domine de 2000 mètres les monts environnants et, des côtés de l’est et du sud, ses parois, irop abruptes pour retenir les neiges, si ce n’est en quelques anfractuosités, se dressent d'un jet au-dessus des glaciers. De presque lous les sominets du Kachmir, on voit apparaître le Nanga Parbat comme le roi de l'espace: on l’aperçoit aussi de la plaine par-dessus tous les chainons intermédiaires; de Ramnagar, dans le Pandjab, à la distance de 390 kilomètres à vol d'oiseau, Cunningham put le distinguer à l'horizon dans l'air nettoyé de poussières par les vapeurs. Un des glaciers qui versent au nord les champs de neige du Nanga Parbat, descend dans la vallée de l'Astor, près du village de Tarching, jusqu'à la cote de 2865 mètres; de tous les courants glacés du système himalayen, c'est probablement celui qui

* Lyddeker, Report on the Metcorological Department of India, 1877-1818.

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NANGA PARBAT, 109

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