MONTAGNES ET COLS DU NEPAL
par des détours de plus de 50 kilomètres : telle est, par exemple, la percée de l'Aroun, à l’est du massif de Gaourisankar. Ailleurs, les sentiers sont tracés dans les eluses mêmes, mais de manière à faire reculer tous autres voyageurs que les montagnards. En aval de Tehoksam, où un pont d’une vingtaine de mètres de longueur franchit la puissante rivière de Bhotia-Kosi, le sentier se compose de 775 marches de pierre, larges de 25 à 45 centimètres, et reposant sur des barres de fer enfoncées dans le roc; le torrent gronde à 450 mètres au-dessous de cet escalier suspendu dans le vide. 1 est rare que des brebis ou des chèvres s’aventurent à suivre l’homme sur ces périlleux degrés".
Parmi les brèches que les trafiquants peuvent utiliser pour passer de l'un à l'autre versant, un petit nombre seulement sont ouvertes au commerce par les sévères agents de la douane tibétaine, d'autant plus soupçonneux que l'entrée d’un espion où d’un missionnaire leur serait imputée à erime capital. À l'extrémité occidentale du royaume, le col de Nialo ou Thakla khar est l’un des plus importants, car il permet d’atteindre les bords du lac Mansaraour et le seuil de partage entre les eaux du Satledj et ceux du Tsangbo; c’est là qu'est la région, sacrée par excellence, où, d’après la légende, les animaux mystérieux cachés dans les groltes du Kaïlas vomissaient les quatre fleuves de l'Inde: du moin: le Satledj, le Tsangbo, la Karnali, prennent-ils naissance autour du massif de la Gourla Mandhata, et l’Indus jaillit à une petite distance au nord du Kaïlas. Le col de P’otou, d’où les voyageurs, après avoir remonté jusqu'à la source la vallée de la Kali-Gandak, vont rejoindre sur le Tsangbo le monastère et lieu d'étape de Tadam, est aussi l'un des plus fréquentés du Nepal. Plus à l’est, le No-la, haut de 5000 mètres environ, offre un passage moins facile. La route royale, pour ainsi dire, est celle qui s'élève de Katmandou vers le nord, par la vallée de la Trisoul, la plus orientuie du bassin du Gandak, et passe à Djonka-djong pour e::‘rer à l’est dans la dépression occupée en partie par le grand lac tibétain de Palgou; mais jusqu'à maintenant aucus des pandits envoyés en exploration par les offi-
ciers géographes de l'Hindoustan n’a réussi à prendre cette voie, la moins difficiles de toutes; elle est réservée aux personnages importants, que suivent des chevaux de charge. En 1792, les Chinois descendirent par cette brèche dans l’intérieur du Nepal. Le Thoung-la, Kouti ou Nilam-djong est la brèche par laquelle passent les marchands ordinaires en remontant les formidables cluses de la Bhotia-Kosi. Enfin, vers l’est du Nepal, plusieurs
t Montgomerie, mémoire cité.
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cols, Hatia, Tipta-la, Nila-la, Tinki-la, Dango-la, permettent de franchir les diverses arètes qui séparent le versant du Gange de celui du Tsangbo !.
De tous les cours d’eau qui traversent le Nepal, celui dont le bassin est le plus considérable et qui reçoit le plus de ruisseaux glaciaires, est le torrent d'Aroun (Aran), branche maitresse de la Sapt Kosiki ou des « Sept Kosi» . Il s’est formé deux fortes rivières qui naissent dans la dépression du plateau entre l'Himalaya et le Trans-Himalaya, et marchent à la rencontre l’un de l'autre. Sur un espace d’au moins 200 kilomètres, la vallée longitudinale qui sépare les deux arèles principales du système himalayen, sert de lit à ces eaux courantes, le Dingri-tchou et le Tinki-djong. Le fleuve qui les unit dans son cours et qui reçoit les eaux de neige fondue du Gaourisankar et du Kintchindjinga, s’engouffre en de profondes cluses, à 6000 mètres au-dessous des montagnes qui le dominent à droite et à gauche, puis, avant de sortir du Nepal, mêle ses eaux à celles de la Kosi et du Tamrou ou Tambour. Jadis un grand lac parallèle à l'Himalaya et à la chaine des avant-monts recevait ces torrents, mais l’émissaire qui s'en échappait a depuis longtemps creusé son lit et déblayé sur de larges espaces les roches de grès et de conglomérats qui obstruaient son cours. Il est probable que cette disparition du lac des Sapt Kosiki est bien antérieure à l'histoire, quoique les légendes hindoues en racontent le dessèchement. De mème les Sapt Gandaki ou les « Sept Gandak » emplissaient un vaste réservoir avant de percer la chaîne extérieure des monts. À la vue de ce bassin et de tant d’autres {ar qui se succèdent dans les vallées des rivières
! Altitudes et positions respectives des principales montagnes et des cols les plus fréquentés de l'ilimalaya central :
© Simla 6700 2160 Djamnotri Kaïlas 50 ° Jbi Gamin Kidarnath ee 7780 6960 e Badrinath e 7074 Masouri 2267 Nanda devi Gourla Mandhata 7825 ° 7686 e Col de Nialo Apie __ #00
e Almora 1650 e Naïni-tal 195 © Djoumla + P'otou-la 244 4599 Ncela 5000 Davalaghiri 8180 °
e Thouug-la
7247 © e Gaourisankur Tchamlaug e Katmandou 1527 «
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