FLEUVES, POPULATIONS DU NEPAL
du Nepal, il est impossible de ne pas en reconnaître aussitôt l'origine lacustre. Mais presque tous les réservoirs ont été vidés par la pression des eaux ; à J’exception des lacs de Pakra, situés dans le bassin du Sweta-Gandak, il ne reste plus que des étangs, et çà et là, dans le voisinage du terai, des espaces marécageux'. Jusqu'à la sortie de la région des montagnes, la pente des torrents est très forte et nulle part ils ne portent bateau. Les riverains ne les utilisent que pour l'irrigation et le flottage.
Naturellement la population du Nepal se répartit par zones; très rare dans les hautes vallées voisines de la frontière, s’accroissant du nord au sud vers le débouché des vallées, elle diminue brusquement à l'approche du teraï. A l'étroit dans leur pays montueux, les habitants ne se bornent pas à cultiver les campagnes unies des tar et les épaulements peu inclinés qui bordent les vallées, ils savent aussi construire des terrasses artificielles sur les pentes trop inclinées; de même que les montagnes de l'Ardèche, les avant-monts des Alpes lombardes et les coteaux du Rhin, les escarpements du Nepal moyen sont transformés en une succession de gradins, en gigantesques escaliers dont chaque degré porte un champ de céréales. Sur les pentes douces et sur le sol uni des vallées, les arbres fruitiers croissent en fourrés épais, enveloppant les villages de leur verdure et de leur parfum. Plus haut, les forêts, composées surtout de conifères, occupent toute la région moyenne des montagnes. C’est par centaines que les Anglais trouveraient au Nepal des sites favorables pour y construire des villes de santé comme celles du Garhwal et du Koumaon; elles seraient séparées toutefois des plaines gangétiques par la région la plus dangereuse du teraï, où les fièvres déciment la population et où des milliers d'individus sont affectés de goîtres. La population des montagnes souffre aussi de cette maladie. La cause en est attribuée par Hooker à l'habitude générale dans le pays de soutenir des fardeaux au moyen de courroies qui passent sur le front et font ainsi porter l'effort sur les muscles du cou. Les brebis et les chèvres de charge, dont le faix est également soutenu en partie par une courroie attachée au cou, ont aussi des goîtres”*.
La variété des races est encore très grande au Nepal, les familles des vallées se maintenant pures de tout croisement, si ce n’est aux époques d'invasion guerrière ; excepté dans les ports de mer, on ne sau-
1 HH, von Schlagintweit, Reisen in Indien und Hochasien ; — Oldfeld, Sketches from Nipal. 3 Hooker, Journal of the Asiatic Society, may 1849,
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