N° 42, — LE SIKKIM
a CSP
0 50 kil.
ne permettent pas aux gravisseurs de s’aventurer loin de Dardjiling sur les hautes pentes du Kintchindjinga où du Kintchindjhaou. Il est très rare que l'on puisse voir l'ensemble des grands sommets se profiler dans un ciel pur. Pendant la mousson d'été, les pluies sont presque incessantes, et mème en hiver, lorsque les vents alizés du nord-est dominent dans l’espace et descendent le long des crêtes, un sous-courant humide, venant du golfe du Bengale, reflue vers les vallées du Sikkim. Après les averses, des brouillards semblent s'élever des forêts comme une fumée et rampent sur toutes
les montagnes : fréquemment, les couches de vapeurs qui s'étendent en voile uniforme sur tout le ciel ont plusieurs milliers de mètres d'épaisseur, et les paysages, qui semblent éclairés par les rayons lunaires plus que par la lumière du soleil, prennent un aspect fantastique : on croirait voir, non des montagnes, mais des spectres de montagnes, d'autant plus hauts en apparence que les vapeurs de l'air semblent les éloigner davantage. Dans cette atmosphère humide, à température presque toujours égale, les vents ne soufflent que rarement et avec peu de violence, même sur les hautes croupes ; seulement, quand les voiles de nuages se déchirent et que les monts se montrent dans le ciel clair, des foyers locaux de chaleur attirent l'air environnant, et l’on voit alors d’en bas les neiges s’élevant en aigreltes sur les sommets.
Un pays aussi humide que l’est le Sikkim est parmi ceux qui doivent le moins attirer les populations. La marche même y est difficile, à cause de la nature argileuse des roches qui se délayent en boue gluante, et dans la saison des pluies, excepté pendant les très fortes averses, les voyageurs qui traversent les forêts, entre 1200 et 2500 mètres’, ne peuvent échapper aux morsures d'innombrables sangsues, pareilles à de petits filaments, qui tombent de toutes les feuilles. Les vallées étroites de la Tista et de ses affluents, dans lesquelles s’engouffrent les eaux d’averse, sont de véritables entonnoirs où ne peuvent s'élever les cabanes, de crainte de brusques inondations : les meilleurs sites pour la construction des villages sont les hauts promontoires d’où l’eau s'écoule rapidement dans tous les sens. L'exubérance de la végétation, qui se développe avec une extrême rapidité dans les pluies et dans la brume, oppose aussi un grand obstacle aux travaux de l’homme et même étouffe souvent ses plantes cultivées, qui pour la plupart auraient besoin de longs intervalles de beau temps. La flore Lropicale, apportée par les vents du sud, s'élève plus haut sur les monts du Sikkim que dans aucune partie de la Terre située sous la même latitude : on y voit encore des palmiers et des bananiïers à 2100 mètres, sur les pentes lournées vers le midi. Les plantes de la zone torride s’entremélent dans les forêts de Dardjiling à celles de la zone tempérée ; des noyers croissent à côté des palmes; des rhododendrons contrastent avec les fougères arborescenties; des orchidées épiphytes s’atlachent aux branches de chêne. Les fougères surtout sont représentées par de nombreuses espèces dans cette zone tropicale des montagnes; Hooker en a compté une trentaine sur la seule montagne de Sentchal, au sud-est de Dardjiling. Ces plantes s’empa-
1 Sherwill, Journal of the Asiatic Society of Bengal, 1855, n° NI.
ndent en paisseur, plus que rait voir, lus hauts avantage.
égale, les e sur les ent et que e chaleur ‘levant en
ii doivent e, À cause e, et dans voyageurs | échapper nents, qui et de ses véritables brusques »s sont les les sens.
ie rapidité e aux tra- , qui pour . La flore les monts latitude :
es, sur les tremélent ers croisfougères de chêne.
dans cette ne sur la s s'empa-