‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 95 sur 471 · ETAPE · texte numérisé non relu

ETAPE

Pa à

agé à: D 5 ee à

Se a AG” ai ce rad vtr

TEETIMAT.

CR NT Te DE eee em + ti ie |

are ma.

Ve

PE OR OR RE ren

En

amer

SE. DA 0 De me

Fr

djong, et ce sont des gens du pays qui transportent les denrées dans l’As- Jui d sam, en payant les droits au monastère. Cette route du Tibet, qui côtoie leur de grands lacs, franchit des cols de 4000 à 5000 mètres". Midj

Le poste militaire de Devangiri, conquis par les Anglais, est situé à tribu 450 mètres d'altitude, sur un dernier contrefort de la montagne de Tas- donn

gong (4200 mètres) et surveille à la fois les populations du Bhoutan oriental et les Bhot abbatiaux ; on y tient annuellement l’une des plus grandes foires de l’Assam. A l’autre extrémité du Bhoutan, l’ancienne forteresse de Buxa, bâtie sur une plate-forme de rochers aplanie par le travail humain, à le même rôle de surveillance à l'égard des Bhoutia occidentaux. C’est dans le voisinage de ces forts, sur les pentes des doar, qu’il a été souvent question de diriger un mouvement de colonisation européenne par la concession de terres et la remise d'impôts ; mais jusqu’à maintenant ces entreprises sont restées à l’état de projets. Dans Ja région du teraï qui borde ces doar, de vastes territoires appartenaient jadis à des propriétaires différents suivant les saisons : de juillet en novembre, pendant les chaleurs, ils étaient occupés par les Assamais et les Metch ; le reste de l’année, ils devenaient la propriété des Bhoutanais.

A l’est des petits États aux frontières changeantes que gouvernent les abbés bouddhistes, le territoire se partage, on le sait, entre diverses tribus qui n’ont encore laissé pénétrer chez elles ni le Chinois, ni l'Hindou, ni l'Anglais, mais qui, retenues par la crainte de perdre les subsides que leur paye le gouvernement britannique, ne font plus d’incursions de pillage À dans les campagnes riveraines du Brahmapoutra. Les Akha, qui occupent, : au nombre d’un million d'individus, la partie occidentale de ce territoire, se désignent eux-mêmes par l'appellation de Hrousso; ils ne méritent plus les noms que l’on avait donnés à leurs tribus : Hazari-khoa ou « Mangeurs de Mille Foyers » et Kappatchor ou « Voleurs de coton », Un des clans à

même accepté du gouvernement de l’Assam la concession de terrains situés C'éta dans la plaine et des rites hindous remplacent peu à peu ses anciennes aus pratiques du fétichisme. Naguère les Akha ne savaient même pas cultiver le lecti sol et n'avaient d'autre industrie que l'élève des troupeaux : pourtant, bre comme la plupart des sauvages de l'Inde, ils s’abstiennent de boire du lait, bed boisson qui les dégoûte*. D’après Hesselmeyer, leur idiome ressemble à ce- SRRE : û livre PE ! ch # Naïn-singh, Journal of the Geographical Society of London, 1871. ‘|

40h « # Dalton, Ethnology of Bengal

BHOUTAN, AKHA, DAPLA, ABOR. 205

lui des Chan et des habitants du Manipour : cette dernière contrée serait leur lieu d'origine. Au nord des Akha, les vallées sont occupées par les Midji, dont on ne connaît guère que le nom'. A l'est vivent les diverses tribus que les gens de la plaine appellent Dapla ou Daffla, mais qui se donnent à eux-mêmes le nom de Banghni, c'est-à-dire « Hommes ».

N° 46. — PAYS DES DAPLAe

d'aorés l'Indian Atias C Perron

u 50 kil

C'étaient autrefois les plus redoutés des pillards, mais ils sont divisés en une multitude de peuplades qui n'ont pas su offrir de résistance collective aux planteurs, soutenus par les soldats anglais. En 1872, le nombre des chefs, indépendants les uns des autres, auxquels le gouvernement servait une rançon en dédommagement de leur droit de pillage, n'était pas moindre de 298; il est vrai que chacun d'eux ne touchait guère plus d’une livre sterling par an. De même que les Akha, les Dapla fournissent main-

1 Iesselmeyer, Journat of the Asialic Society of Bengal, A868, part. 1, n° IV.

\ Ne OT HE 204 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE. 18: 1 HR tenant aux planteurs de l’Assam un nombre croissant de travailleurs et se ont é AB ON laissent pénétrer peu à peu par les idées de leurs voisins d'origine hin- malad | | doue. Comme leurs voisins du Tibet, ils admettent toutes les formes de déjà. f mariages, aussi bien la polyandrie, usuelle chez les pauvres, que la poly- ils ma | ‘à gamie, pratiquée d'ordinaire par les riches", les D Lo | l Les Padam ou Pagdam, désignés par les Assamais sous le nom général lourds 1 A ie ae d'Abor où Abar, c'est-à-dire « Sauvages », peuplent, avec les Miri, les val- posent À HITS lées que parcourent le Dihong et le Dibong, dans l'Himalaya oriental. Ap- que | | À ot ra partenant au même groupe cthnique, d'origine tibétaine, que les Dapla d'oise | LAN LE, et les Akha, et parlant des dialectes analogues, ils ont mieux conservé La 1 " i leur indépendance, mais ils acceptent aussi de leurs puissants voisins bong € KT des ex! aux annuels, gages de ieur soumission. En 1855, lorsque le mis- frères D oETt 4: sionnairs 1% pénétra dans leur contrée, ils ne l’admirent qu'après l’a- mani

voir couvert ie feuillage, comme pour le transformer en homme des forêts, mollet el. après l'avoir fait passer sous une arcade hérissée d’arcs et de flèches. Dans leur voisinage vivent les Miri, c'est-à-dire les « Intermédiaires », car ils s'emploient en effet aux échanges entre les gens de la plaine et ceux de conit, à la montagne. Les Padam se disent les frères aînés des Miri et se croient tissen

spécialement privilégiés parmi les tribus. Ils sont en effet plus heureux, figure

grâce à leur indépendance. Ils ne reconnaissent point de maîtres poli- presq nl tiques. Tous les hommes font de droit partie de l'assemblée communale, les pèl qui se réunit chaque soir et traile de toutes les questions intéressant la vêtus € | grande famille; le conseil des élus n’a qu'à promulguer les décisions Michm prises par l’ensemble des citoyens. Mais Ja discipline volontaire est com- prêtre RS ts plète. Après le conseil, des jeunes gens parcourent le village en criant ; guérir ‘A l'ordre du jour pour le lendemain et tous s'y conforment, qu'il s'agisse de tan h d'aller à la chasse ou à la pêche, de travailler aux champs ou de célébrer procui i quelque fête. Dans les grandes circonstances, on nomme des délégués, qui à ving 1 se réunissent dans le village de Bor-Abor, — d’après lequel on désigne quel- bétail quefois l’ensemble de la tribu, — mais le résultat de la délibération n’est tulis), 4 valable qu'après avoir été ratifié par les communes. Les villages sont d’une voix € k grande propreté, la maison de ville, où couchent les jeunes hommes non mais 4 ! pi ur à mariés, et qui sert d’ouvroir pendant les jours de pluie, est parfaitement lage, 1 COTE tenue, les chemins sont bordés d'arbres fruitiers, les ponts de rotin sont anim: LEE a élégants et De amarrés, les cultures pourraient servir de modèles à celles tous 1 des planteurs de l'Assam. Les Abor ont des prêtres, mais ceux-ci ne sont qu'ils | à NE F point héréditaires; on les choisit parmi les vieillards dont les prédictions 7. | s. . > Lé 1 y th Est : Robinson, mème recueil, 184, n° Il; — Dalton, Ethnology of Bengal. * Co | +

ABOR, MICHME. 205

ont été le plus souvent justifiées par l'évènement et qui ont su guérir des malades, « forcé les démons à rendre aux malades l'âme qu'ils enlevaient déjà. » Les Padam se tatouent et la croix est l'ornement principal dont ils marquent leur front et leur nez. Les femmes ont le même signe sur les lèvres et les mollets; elles ont aussi des colliers, des bracelets et de lourds pendants en fer, qui, après avoir allongé le lobe de l'oreille, reposent sur leurs épaules. C’est du Tibet que viennent ces objets, de même que les cuirasses des hommes et leurs casques de métal, ornés d’un bec d'oiseau ou des défenses croisées du sanglier’.

La région la plus inexplorée des montagnes où naissent les eaux du Dibong et du Brahmakound est habitée par les Michmi, que Dalton croit les frères de race des Miaotze chinois, et dont une tribu ressemble d'une manière étonnante, par les traits, la forme du corps, le développement des mollets, aux Japonais de basse classe dans tout le centre de la grande ile?. Ceux avec lesquels les Anglais de l’Assam sont en relations sont de très habiles commerçants et portent aux marchés de la plaine du muse, de l'aconit, diverses drogues médicinales et même des étoffes solides qu'ils üissent des fibres de l’ortie. La plupart des Michmi ont le teint jaunâtre et la figure plate ; cependant on remarque chez plusieurs d’entre eux des traits presque aryens, ce qu’ils expliquent eux-mêmes par les croisements avec les pèlerins hindous qui viennent annuellement au Brahmakound ; ils sont vêtus d’une espèce de sac qui leur tombe jusqu'aux genoux. La religion des Michmi n’est autre que l’art de la sorcellerie et des conjurations ; leurs prêtres, comme les chamanes des Toungouses, savent chasser les diables et guérir les maladies par leurs contorsions, leurs danses, leurs roulements de tambour. Les Michmi sont polygames et l’orgueil des chefs consiste à se procurer beaucoup de femmes, dont le prix varie singulièrement, d'un pore à vingt bœufs. Après les épouses, la principale richesse du Michmi est le bétail; ils apprécient surtout l'espèce de bœuf appelée mithoun (bos fronlulis), qui vit presque sauvage, mais qui ne manque jamais d'accourir à la voix du maître quand celui-ci lui offre à lécher un peu de sel. Les énormes maisons, dont chacune renferme une population de cent Michmi ou davanlage, sont ornées à l'intérieur des cornes du mithoun et de trophées des animaux tués à la chasse. Le mot « tête » s'emploie chez les Michmi pour tous les objets d'échange”. La cause en est-elle aux chasses à l’homme qu'ils faisaient autrefois”?

1 Krick, Relation d'un voyage au Thibet.

© Léon Metchnikov, Notes manuscriles.

3 Cooper, New routes for Commerce.

Hi LA ERT MIRRE 206 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

CERN TE AR

F0 MENT Mais les seules peuplades michmi que l'on connaisse sont celles qui ha-

bitent dans le voisinage des plaines. Celles de l'intérieur ne sont connues ‘} que de nom, et si l’on en croit les récits des marchands, bien des années

se passeront encore avant que des routes pénètrent dans le territoire de ces

Sr sauvages. L'une d'elles, riveraine du Dihong, ne pourrait être visitée, dit-

#4 on, que par un chemin passant sur une corniche de rocher, qu’interrompt ii : ET dans un endroit une surface lisse percée de trous pour les mains et les

n $ : pieds des voyageurs". La géographie de ces contrées sera d'autant plus dif-

RE Le ficile à élucider, que les villages n'ont point de noms; ils sont désignés d’a- HU EER À près ceux des chefs de clan?.

re :

Page 1