‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 94 sur 471 · FF · texte numérisé non relu

FF

HA cles, quoique très vigoureux, font à peine une saillie sous l’épiderme". a | Comparés aux Hindous, toujours réservés, méfiants et polis, les joyeux Leptcha, pleins de confiance et d'abandon, paraissent aux Anglais les plus ai-

mables compagnons de voyage; la flûte est leur instrument favori, et ils en 15 jouent avec beaucoup de douceur et un charme singulier; ils n’ont dans leurs idiomes, bien différents à cet égard de toutes les langues de l’Inde, aucune expression injurieuse*. Les dialectes des diverses tribus du Sikkim

{AE AE | diffèrent entre eux, mais se rattachent également à la souche tibétaine; SN de même les mœurs et la religion sont celles des Bod de la vallée du Tsangbo.

La formule sacrée, Om mani padmi houm, résonne dans tous les villages du Sikkim, comme sur l’autre versant de l'Himalaya, et se grave sur les pierres, au bord des sentiers. Une vingtaine de lamascries s'élèvent aussi Û dans les plus beaux sites de la contrée, et les jeunes gens, fuyant l'opth pression des radjahs, entrent dans les ordres pour jouir tranquillement ‘ de l'existence, sans avoir à payer d'impôt ni à fournir de corvées : environ ; 800 individus habitent ces couvents. L'un des monastères les plus célèbres +: du Sikkim est celui de Pemiongtchi, situé à 2100 mètres environ, au sommet d’une terrasse d’où l’on voit au-dessus de sa lête la masse puissante HE du Kintchindjinga, et à ses pieds la vallée du Grand Randjit, affluent de la h Tista; là s'élevait autrefois un chef-lieu du Sikkim”. La résidence actuelle du radjah, Tamloung, est située dans la partie orientale de la contrée, sur un escarpement de 1656 mètres d'altitude, que contourne un tributaire de ïa Tista. Cette capitale est partiellement abandonnée pendant la saison des pluies, le radjah se réfugiant alors avec les principaux digni- LA 1: taires sur le territoire chinois, dans la vallée tibétaine de Tchoumbi, qui | 5 : RER s'ouvre à l'est, abritée des averses par une chaine de montagnes. DE Dardjiling, le chef-lieu du district que les Anglais ont détaché de l’ancien état du Sikkim, moyennant une rente de 7500 francs, a pris une importance exceptionnelle comme eapitale temporaire de la province de Cal-

cutta. Fondée en 1835, lors de la cession du territoire à la Compagnie des Indes, la ville, dont le nom tibétain signifie « Saint Lieu », est située sur l'étroite arète d'une montagne en croissant, de 2000 à 2250 mètres d’alti- YU à tude, d’où l’on aperçoit, à 1800 mètres plus bas, au-dessous de pentes

boisées, la gorge par laquelle s’enfuient les eaux du Grand Randjit. Dardji- jouit : ling, comme toutes les autres « villes de santé » de l'Himalaya, est flan- la poi quée de casernes et de batteries de canon, mais son aspect général est sants sant € 1 Houker, ouvrage cité; — Hermann von Schlagintweit, ouvrage cité. de to 2 Hooker: — Campbell; — Sherwill: — The Indian Alps, by a Lady Pioneer. 3 Jules Rémy, Pèlerinage d'un curieux au monastère bouddhique de Peminiantsi ÿ comm

PEMIONGTONT, TAMLOUNG, DARDJILING., 195

celui d'un groupe de palais et de villas. Comparée à Simla et aux autres villes anglaises de l'Himalaya occidental, elle a de grands désavantages à cause de son climat trop humide; mais aux heures matinales, avant que les nuages n'aient caché le ciel pour déverser les pluies journalières, on

N° 3e == DARDJILING.

d'après l'Indian Atlas C Perron

jouit souvent à Dardjiling du panorama merveilleux de l'Himalaya, depuis la pointe vaguement entrevue du Gaourisankar jusqu'aux massifs puissants du Donkiah et du Tchamalari; au centre, le Kintchindjinga, dressant deux cimes égales en apparence, semble être le point de convergence de toutes les arêtes ; toujours, quand le temps est clair, il est surmonté comme un volcan d’une aigrette de nuées qui se replie vers l’est, au

3! ‘+ ER TR FsRt 1 1H BU y LORIE 'e

me me me — Monmtres 4 4 et

L se DEEE ne ED XL TETE bé ne - — - - — L naar CET é CET — * + rene ù No ER vs ge. rh DE er ae ELTe . 0 parer ir 2? go dm * ; dodiid in and . PA * PE à Le < ER re ..

Eux ÉRLECLE de fer le 81e TT EPP EEE

souffle du contre-alizé', Au sud, se profilant sur les plaines vaporeuses du Gange, se montre la croupe boisée du Sentchal.

Centre de la domination anglaise dans l'Himalaya, et jouissant en outre d'une position géographique remarquable, au sommet de l'angle de sépa- ‘ation entre les affluents du Gange et ceux du Brahmapoutra, Dardjiling ne pouvait manquer de devenir un marché très actif comme intermédiaire entre Hindous et Tibétains. Le Sikkim expédie par ses torrents beaucoup de bois de construction dans le district de Dardjiling; le Tibet envoie dans la ville même des laines et des cornes; le Nepal fournit surtout des animaux en échange des marchandises d'origine anglaise”. Mais les frontières tibétaines sont si bien gardées, que le Sikkim ne peut vendre à Lassa aucune partie de la récolte annuelle de thé qui se fait depuis l’année 1856 dans les plantations du Dardjiling*. Le: cinchonas ont été aussi introduits dans le district; en 1879, on a pu écorcer les arbres pour la première fois et en fabriquer de la quinine. Les planteurs ont également tenté dans les forèts voisines la culture de l’ipecacuanha, celle des cardamomes, et un jardin d'essai leur fournit d’autres plantes tropicales du Nouveau Monde; en outre, des mines de houille et des gisements de fer et de cuivre sont pour la ville anglaise des ressources en réserve, que les progrès de l’industrie locale permettront d'exploiter. Déjà Dardjiling, la première parmi toutes les stations himalayennes, à l'avantage de communiquer avec le réseau des chemins de fer hindous. Une voie ferrée ordinaire amène les voyageurs à Pounkabarri, au pied des montagnes, et de là une ligne de rails, à fortes rampes de # et même 5 centimètres par mètre, et à brusques détours de 21 à 22 mètres, s'élève de crête en crète jusqu’à la hauteur de 2225 mètres, au sommet que couronne la cité nouvelle. Au delà, des routes nombreuses, parcourant les plantations d'arbres à thé et de cinchonas, serpentent sur les flancs des monts et vont aboutir aux villages du Sikkim. Le voyageur hongrois Csoma de Kürôs, qui a tant fait pour la connaissance de la langue tibétaine, fut enseveli à Dardjiling.

Dardjiling possède, comme Simla, sa « grande route du Tibet ». Le chemin descend à l’est dans la vallée de la Tista, traverse le fleuve sur un beau pont suspendu et monte par les crêtes dans la direction du nord-est

! The Indian Alps by a Lady Pioneer, — Kuntze, Aus allen Welttheilen, 1881. ù Exportation de Dardjiling au Sikkim en 1877, . . . . . . . 3541400 francs. Importation du Sikkim à Dardjiling. . , . . . . . . , . . 2006625 » Ensemble de commerce en 1877. . . . . . . 9360 725 francs 3 Plantations d'arbres à thé dans le district de Dardiiling en 1875 : 121. Production annuelle : 2 000 000 kilogrammes de feuilles.

vers men dans

kim prol

rout Tran facil au €

Bogl

P Ben; l'ext vallé que de | mèên tien enti sur tale.

les r faite topo l’est par dépt

qu'i des don!

etp Prof sem

leur

DARDJILING, POPULATIONS DU BHOUTAN. 197

vers le col de Djaïlap (fyelap), au nord du Gipmotehi, Cette brèche, relativement facile, puisqu'elle a seulement 3960 mètres d'élévation, donne accès dans la vallée tibétaine de Tchoumbi, mais cette vallée est, comme le Sikkim, une de celles qui appartiennent au versant hindou de l'Himalaya, et probablement les Chinois ne se décideront pas de longtemps à continuer la route anglaise sur leur territoire par-dessus les crêtes de l'Himalaya et du Trans-Himalaya. D'ailleurs, c'est là que s'ouvre l'une des voies les plus faciles entre les deux versants, celle que suivirent au siècle dernier et au commencement de celui-ci, les er voyés anglais à la cour du Tibet, Bogle, Turner et Manning.

Privé maintenant de ses dix-huit doar s'ouvrant sur les plaines du Bengale et de l’Assam, le Bhoutan, ou plutôt le Bhout-ant, c'est-à-dire l'extrémité du pays de Bhout ou Bhot', ne comprend plus que d’étroites vallées de montagnes, séparées les unes des autres par des arètes élevées, que franchissent des sentiers difficiles. La vallée la plus occidentale, celle de la Toursa, limitée au nord par le territoire tibétain du Tchoumbi, est même presque complètement isolée du reste du Bhoutan et ne lui appartient politiquement que par la complaisance des Anglais. La première vallée entièrement bhoutanaise est celle du Tchin-tchou, qui prend son origine sur les flancs du Tchamalari : c’est dans cette vallée que se trouve la capitale. Le Sankos, torrent parallèle au Tchin-tchou, est aussi alimenté par les neiges de l'Himalaya, et l’un des monts qui dominent cette partie du faite, encore inexplorée, si ce n’est par les instruments des ingénieurs topographes, dépasse même en hauteur la pyramide du Tehamalari. Mais à l’est le rempart de l'Himalaya est percé, comme en tant d’autres endroits, par une vallée d’érosion, qu’emprunte la rivière Manas, née dans la large dépression, qui sépare les deux rangées principales du système himalayen.

Les Bhoutia appartiennent à la même race que les Tibétains, et le nom qu'ils portent provient de la mème racine que celui des Bod du plateau et des Bhotia du versant méridional, dans le Nepal et le Koumaon; on leur donne aussi l'appellation générale de Lo. Ils sont petits, mais robustes, et pourraient être considérés comme l’une des belles races de l’Inde, si la proportion des goîtreux n'était pas très forte parmi eux. Les Bhoutia semblent être aussi parmi les plus opprimés; rien ne leur appartient et leur sort dépend du caprice des seigneurs ou des moines qui les gou-

t Latham, Descriptive Ethnology ; — Dalton, Ethnology of Bengal.

ss it al

vernent. Les envoyés anglais qui ont visité leur pays décrivent la situation des Bhoutanais comme des plus misérables; la terre n'est pas à eux et l'État hérite de toutes leurs acquisitions; ils ne gardent de leur récolte que la part strictement nécessaire pour se procurer quelques feuilles de bétel et ne pas mourir de faim; le reste est pris par les gouverneurs, qui ne reçoivent aucun traitement, mais auxquels sont attribués des droits de prélèvement sur l'impôt. Afin de jouir en paix du produit de leur travail, des milliers de Bhoutia émigrent chaque année dans les provinces de l'empire indien et surtout dans le Sikkim britannique, où on les considère en général comme très inférieurs aux Leptcha pour la gaieté, la franchise, l'amour du travail.

I n'est pas étonnant que sous un pareil régime le pays se soit appauvri. Le commerce, qui est un monopole du gouvernement, est resté sans importance où même a diminué, quoique le Bhoutan ait de grandes richesses naturelles et possède une excellente race de chevaux, ponies charmants et d'une singulière force de résistance, Quand ils n'ont point à craindre d'être dépouillés du fruit de leur travail, les Bhoutanais sont industrieux; ils cullivent avec soin les terrasses étagées sur les flanes des collines, tissent de solides étoffes, fabriquent d'élégants objets en fer et en cuivre, transforment l'écorce du diah où daphne papyrifera en papier et même en une espèce de satin, sculptent le bois avec goût, construisent des chalets spacieux et commodes, qui ressemblent assez à ceux des Alpes suisses. Dans plusieurs villes s'élèvent de riches pagodes d'architecture chinoise. Un pont de chaînes que Turner vit à Tehouka, sur le Tehin-tchou, lui parut une œuvre admirable, et de longues années se passèrent avant que l'Europe pût en offrir de pareille; les Bhoutanais attribuent eux-mêmes ce monument à la main d’un dieu.

Le gouvernement du pays a pour modèle celui du Tibet, si ce n'est que les ministres chinois, vrais dépositaires du pouvoir dans le Bod-youl, n'ont point fait leur apparition dans le Bhoutan. Le souverain en titre, sorte de grand lama, à regn le nom de tchoïgyal, en sanscrit dharmaradjah, c'est-à-dire « roi de la Loi ». À la mort de ce bouddha, le conseil des lenehen où ministres cherche pendant un an ou deux à trouver l'enfant dans lequel le dieu a daigné s’incarner et le trouve généralement dans la famille de l’un des grands dignitaires du pays. A côté du souverain spiri-

Mouvement commercial entre le Bhoutan et l'Inde anglaise en 1877 : 785 000 francs. Importation... . . . . . . . . . 260000 francs; Exportation. . . . . . . . . . . +. , . 925000 »

2 Samuel Turner, Account of an Embassy to the Court of the Teshoo-Lama.

“proqdogs À mo “KK ?P angdesSorogd oun soide p ‘Jose 2P UISSA

SIVXVANONA AO VILAIONS SANNIA 13 SINKON — ‘SINNLSOD LA SAJAL

tuel, !

minis l'auto maint paux | orient dans u du ra aulre :

tagnes croire escarpe l'ouest ce n'es le col ç Le ] du Mar lienner pouvoir les dom du dala ment di himala, des bat aviser | des Kh comme de ln celles-ci Tovang.

le pays les vail anglaise pire ind directeu

! Ashley

* Hevrau

VILLES DU BHOUTAN, BHOT ABBATIAUX. 201

tuel, règne un autre radjah, le deb, qui est aussi nommé par le conseil des ministres, ou plutôt par le parti qui dispose alors du pouvoir ; en principe, l'autorité du deb ne devrait durer que trois années, mais il peut toujours se maintenir sur le trône s'il jouit de la faveur des grands. Les deux principaux gouverneurs ou penlo sont ceux du Bhoutan occidental et du Bhoutan oriental, qui résident respectivement dans les villes de Paro et de Tongso*.

La capitale du Bhoutan est la ville de Tasisoudon (Tasitcho song), située dans un cirque de montagnes, au bord du Tehin-tchou. La résidence d'hiver du radjah temporel, Panakha ou Pounakha, se trouve à l’est dans une autre vallée, déjà très basse (530 mètres), quoique dans le cœur des montagnes. Le palais est entouré de manguiers et d’orangers : on pourrait se croire dans les plaines du Bengale, si l’on ne voyait au nord se dresser les escarpements des monts neigeux. Paro est située dans un autre val, à l'ouest de Tasisoudon. Quant au chef-lieu de la province orientale, Tongso, ce n’est qu’un hameau communiquant avec les campagnes de l’Assam par le col de Roudou (5668 mètres), souvent obstrué de neiges.

Le pouvoir du « roi de la Loi » ne s’étend pas à l’est au delà du bassin du Manas, et même quelques affluents orientaux de cette rivière n'appartiennent pas à sa juridiction. Entre l’État qui reconnait officiellement son pouvoir et les tribus indépendantes de l'Himalaya oriental, s’interposent les domainss de lamas radjahs ou « prêtres rois » qui se disent les vassaux du dalaï lama, mais qui sont en réalité souverains, grâce à leur éloignement de Lassa et à la difficulté des communications par-dessus les crêtes himalayennes; ils se font même parfois la guerre et, suivant le résultat des batailles, changent les limites de leurs possessions, sans avoir à en aviser leur suzerain*. Malgré ces rivalités entre petits potentats, le pays des Khanpo Bho', c'e: -à-dire des Bhot « abbatiaux », ‘st assez important comme voie de commerce entre le Tibet et l’Assam. Toute la zone orientale de l'Hinialay», peuplée par des sauvages, étant interdite aux caravanes, celles-ci sont farcées de suivre la lisière de ce terr/iuire par la ville de Tovang. Au nor de ce lieu de marché, situé à C!T7 êtres, presque tout le pays dépend da monastère tibétain de Tehona-djong, tandis qu’au sud les vallées appartiennent aux lamas de Tovang, jusqu’à la frontière anglaise ; jadis même, une partie des disuricis annexés maintenant à l’empire indien était sous le régime des :noines. Par ordre du ;\eto ou conseil directeur du couvent, les caravazes tibétsines doivent s'arrêter à Tchona-

! Ashley Eden; — Ware Edgar; :— buitesu P:,uberton, Official Records. * Hermann von Schlagintweit, Reisen in s1/en und Hochasien,

LETR 26

et

ÈS TT ai ce Fo DE ie de 2 PTE EP PES GR APRES SRE Ro RME RTE AE DS RÉ TEE

Page 1