‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 97 sur 471 · RÉ RER RL · texte numérisé non relu

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RIVIÈRES DU PANDJARB, 207

établies à l'est le long des canaux et dans les fonds humides. Au plus une moitié du pays est habitée, et quoique certaines parties du Pandjab soient couvertes de villes, la densité générale des populations est beaucoup moindre dans l’ensemble de a contrée que dans le reste de l'Inde. Un désert sépare de la Péninsule le bassin de l’Indus; les deux régions ne sont rattachées l’une à l’autre commercialement et politiquement que par la zone de cultures longeant la base de l'Himalaya, entre le bassin du Gange et le Pandjab'. On comprend combien grande, au point de vue stratégique, est l'importance de cette lisière qui rattache à l'empire angloindien la région presque extérieure du bassin fluvial dont le nom est pourtant devenu celui de toutes les Indes. Par leur position mème, les provinces nord-occidentales que parcourt le Sind ont été la partie vulnérable de l'Hindoustan et leurs destinées politiques ont fréquemment changé. La brèche qu'offre la vallée du Kophen ou rivière de Caboul a souvent permis aux, conquérants de pénétrer dans l'Inde. C'est par là que vinrent les Aryas eux-mêmes, repoussés peu à peu vers l’est par le flot des immigrations nouvelles. Des plateaux de l’ouest descendirent les envahisseurs persans, puis les Grecs d'Alexandre, les Arabes, les Turks du Grand-Mongol, les Afghans, et c’est du mème côté que regardent sans cesse les populations de l'Inde, se demandant si les Russes ne se préparent pas à descendre à leur tour.

Le nom de Pandjab, — en sanscrit Pandchanada — ou « Cinq Rivières », ayant succédé à l'ancienne appellation de Sapta Sindhavah ou « Sept cours d’eau », prouve que l’hydrographie de la plaine nord-occidentale de l'Inde a changé pendant les temps historiques. Des rivières se sont desséchées, « perdues, » suivant l'expression populaire; de vastes territoires, jadis populeux, se sont changés en déserts; des dunes de sable, poussées par le vent, ont englouti mainte cité dont on retrouve maintenant les édifices. Le climat est devenu probablement plus see et par conséquent le sol plus aride. IL est vrai qu'à l’époque où les premiers Aryas habitaient les campagnes arrosées par les « sept » rivières, ils avaient à souffrir fréquemment de

1 Superficie et population des bassins de l'Indus et du Louni et des îles de Catch : Superlicie Population Population

en kil. carrés, en 1872. kilométrique.

Pandjab (sans Delhi) . + HOT 257 541 45 695 075 hab, 61 hab, États tributaires de la plaine (Sirhind, Kapourtala, Bahawalpour . . . . ‘ 61 509 2952100 » 48 » Radjpoutana occidental (Marwar et Bikanir) 199 285 6885000 » 56 » Sind, Khairpour et Catch . . . . . . . 460 356 2 810 070 » » 48 » Ensemble. : . . . . 678297 285422%45hab. 40 hab.

Population probable en 1882 . . . . . . . . . . . . 30 000 000 hab. 44 hab.

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sécheresses prolongées, et ne cessaient d’invoquer Indra, le suppliant de « verser la pluie pour le sacrificateur »; mais l’espace désert ou « pays de la mort » était moins étendu, et les régions fécondées par les eaux courantes occupaient une superficie plus considérable. L'assèchement graduel des lacs de l'Himalaya, dont la plupart se sont transformés en nappes salines, témoigne d’un changement de climat qui devait se faire sentir aussi dans les plaines ; en mème temps que l'apport des reiges diminuait sur les eimes, les pluies s'amoindrissaient dans les campagnes basses.

L'hydrographie du Pandjab a dû changer aussi par l'effet naturel du va-et-vient des torrents, qui, au sortir des « portes » himalayennes, ont à chercher leur pente sur un sol presque uni : une grève de cailloux cédant sur un point où sur un autre, un tronc d'arbre qu'emporte le eourant, suffisent pour que le lit se déplace; le cours d’eau prend une direction nouvelle et parfois vers un autre bassin. La plaine de partage, d'environ 250 mètres d'altitude, qui sépare le cours du Satledj de celui de la Pjamna, est parfaitement horizontale en apparence et s'élève en effet si peu, que le seuil intermédiaire, situé à 144 kilomètres à l’ouest de la Djamna, est de 20 mètres seulement au-dessus des eaux moyennes de ce fleuve. La plupart des rivières qui descendent de l’avant-chaine de l’Himalaya sont tellement de niveau les unes avec les autres et avec la plaine, qu’elles se rejoignent par des canaux naturels et artificiels, formant tout un réseau liquide pendant les mois d'inondation : elles ramifient leurs bras comme les branches d’un éventail, formant au milieu des cultures et des forêts de la plaine une sorte de delta qui va se perdre non dans l'Océan, mais dans le désert ; on peut donner en exemple de ce phénomène de divagations la Gola naddi, la rivière où coule le trop-plein des lacs du Koumaon. Î[l semble probable que la Djamna, actuellement le grand affluent du Gange, se dirigeait autrefois vers l'Indus, fertilisant les contrées du Radjpoutana occidental, désertes de nos jours. D'autre part, la rivière Saasvali, qui va se perdre maintenant dans les sables, entre la Djamna et le Satledj, est énumérée dans le Maha-Bharata comme l’un des affluents du Gange*,

Le faible ouadi qui reste actuellement de la Sarasvati ou Sarsouti semble bien peu mériter les chants que lui adressèrent les anciens poètes aryens. Née dans les avants-monts de l'Himalaya, elle n'apporte guère dans la plaine, sur le seuil qui sépare la Djamna du Satled), que des eaux de pluie, abondantes seulement après les averses; mais d'ordinaire le flot, détourné

4 Adi Parva, distique 645.

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