RIVIÈRES DU PANDJAB, SARASVATI
à droite et à gauche dans les canaux d'irrigation, est bientôt tari; il faut même le retenir par des barrages pour que les pèlerins puissent venir s’y laver de leurs péchés'; un étang
d’eau boueuse a remplacé le large N° 45, — DIRAMATIONS DE LA GOLA NADDI, confluent des « Sept Sarasvati »
dont parle le Maha-Bharata. La Sa-
rasvati ne peut plus rejoindre un
cours d’eau parallèle, le Ghaggar,
avec lequel elle coulait autrefois,
soit à l’Indus *, soit même directe-
ment à la mer, vers le Rann de Ce /
Catch. La disparition de la Saras- aaoanl
vati dut s’accomplir à une époque déjà très éloignée de nous, puisque les poèmes hindous parlent de cet évènement, et que mille légendes locales se rattachent à la fuite de la déesse. En aval des dernières mares où l’eau de la Sarasvali se montre encore dans les sables, on retrouve de distance en distance, bordée de villages abandonnés et de digues effondrées, la large fosse dans laquelle serpentait autrefois son courant; les ingénieurs topographes l'ont reconnue jusque dans le Bahawalpour, à 900 kilomètres au delà de Bhatner, le bourg le plus méridionat qu’elle atteigne dans la période des crues. Sans doute les Aryas, vivant sur les bords de la Saravasti, donnèrent une importance exceptionnelle à ce cours d’eau qui leur servit longtemps de frontière ; mais, si désireux qu’ils fussent de célébrer le courant sacré, ils n’eussent pu le décrire comme ils l’ont fait, s’il n'avait été réellement un fleuve considérable. Le
1 Login, Quarterly Journal of the Geographical Society, may 1, 1872. 3 Vivien de Saint-Martin, Géographie du Véda.
vil,
nom même qu'ils lui avaient donné : « Rivière aux Eaux abondantes, » finit par s'appliquer à la mer. Le Rig Veda dépeint la Sarasvati comme « la plus belle, la plus aimable, la plus honorée parmi les sept sœurs »; elle est « plus rapide qu’un char », et « protège les siens comme un mur de fer » !; c'est un courant immense, perçant les monts et dépassant tous les autres fleuves de ses vagues retentissantes”. Certes, on ne saurait expliquer le contraste entre la paresseuse rivière actuelle et le torrent impétueux d'autrefois par le creusement de canaux emportant les eaux de la