Nouvelle géographie universelle [microforme]
Les eaux qui baignent, au nord-ouest et au nord de l'Europe, les Pays- Bas, les Iles Britanniques, les Färôer, l'Islande, le Danemark, la Scandinavie, le Spitzhberg, roulent au milieu de golfes et de mers peu ouvertes; toute celle partie de l'Atlantique n’est guère qu'un bassin latéral, une vallée secondaire, bien moindre en dimensions et en profondeur que le vaste Atlantique du sud, serpentant entre les deux mondes. Les mers seplentrionales de l'Europe, où Ja géologie nous raconte que des assises de continents ont disparu, pour surgir encore, puis s'engouflrer de nouveau, recouvrent des ‘Spaces que la terre et l’eau se sont disputés pendant les cycles immenses de la planète : des iles, des archipels, des bancs, de larges seuils sousmarins partagent en bassins secondaires les abimes de l'Atlantique boréal, et, dans le voisinage de l'Europe, les fonds de Ja Manche, du canal d’I-
lande, de la mer du Nord, de la Baltique, peuvent être considérés comme appartenant géologiquement à la terre ferme : ee sont des plaines inondées,
Déjà sur les continents les limites des régions naturelles sont difficiles à reconnaitre, car il est rare que les transitions de relief et de climat se fassent brusquement de pays à pays; mais sur l'Océan ilest tout à fait impossible de marquer des lignes idéales de séparation, Non-seulement les oscillations des saisons et les alternatives des vents se produisent librement à la surface unie des mers, mais la masse liquide se déplace par l'effet des lempêtes, des marées, des courants et des contre-courants, superficiels et vrofonds; en outre, un échange se fait incessamment entre les eaux de températures et de conditions physiques différentes, C'est done d'une manière tout à fait approximative que l'on peut indiquer les espaces de partage entre les régions océaniques.
Toutefois les explorations sous-marines que l'on a faites au moyen de sondages, depuis le milieu du siècle, ont permis de reconnaitre des zones de transition entre les divers bassins. La partie de l'Atlantique boréal que l'on pourrait appeler l'océan Seandinave et Britannique est séparée des eaux américaines par des abimes de plus de 4000 mètres : lt est la fosse creusée entre les deux masses continentales, Une vallée latérale de ce souffre qui S'ouvre au large du banc de Terre-Neuve se dirige à orient vers le milieu de F'Atlantique, à l'encontre d'un autre bassin profond qui S'étend à Fouest du golfe de Gascogne et de la péninsule Ibérique : entre ces deux cavités, une sorte de seuil rattache le plateau des Açores à ceux des mers européennes, Dans son ensemble FAtlantique du nord de l'Europe n'a qu'une fable profondeur relative; même un soulèvement d'une centaine de mètres ferait presque disparaitre ses golfes orientaux, la Baltique, la merdu Nord, le canal de Saint-George et la Manche. En dehors du plateau qui porte lesiles Britanniques sont épars d'autres plateaux de moindre étendue, ceux de Rockall, des Färôer, de l'Islande, de Jan Maven. De l'Écosse au Grônland se prolonge un isthme sous-marin dont on n'a pas encore entièrement mesuré le relief, mais qui n’est pas recouvert par 700 mètres d'eau dans les parages les plus profonds, entre les Oreades et le bane des Färôer: entre les Färôer et l'Islande, le seuil est en moyenne à 500 mètres de la surface : d'après un sondage isolé pris au milieu du canal qui sépare l'Islande et le Grünland, on présume que cette partie du seuil n'est pas immergée sous une nappe d'eau plus épaisse. Les pierres ramenées du fond par Wallich ‘ permettent de croire que l’isthme rattachant
* North Atlantic Sea-bed
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