‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 108 sur 552 · SECRET NL 28 2 SERRE 0 ki · texte numérisé non relu

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travaux des champs sont interrompus, les carrières sont remplies d’une foule d'ouvriers, et des bateaux en grand nombre transportent le tuffeau de Maastricht dans toutes les villes de la basse Néerlande, où manquent la pierre et la marne. En temps de guerre et de révolution, les carrières du Pietersberg, trop vastes pour être assiégées, percées de trop d'ouvertures pour qu’il fût possible d'en asphyxier les habitants par la fumée, ont été un lieu de refuge pour des populations entières; des batailles sanglantes s’y sont livrées. En 1815, de nombreux fugitifs vinrent y chercher un asile, et parmi eux Bory de Saint-Vincent, qui profita de son sé-

jour forcé dans ce monde souterrain pour l'étudier et le décrire. Bien avant d'avoir été explorées par ce savant, les cryptes du mont Saint-Pierre étaient déjà connues de tous les géologues à cause des fossiles de toute espèce qu'on y a trouvés, des animaux microscopiques aux grandes tortues et au vigantesque crocodile appelé mosasaurus, qui font la gloire des musées. D'autres carrières préhistoriques s'ouvrent dans les collines de la rive droite de la Meuse, sur les bords de ja Geule ou Galoppe ; on y voit aussi des galeries de plusieurs kilomètres de longueur’.

Au nord des collines du Limburg néerlandais, la surface du sol, appartenant aux âges tertiaires et quaternaires, est beaucoup moins inégale ; cependant elle n'a point l'uniformité d'un fond de mer récemment délaissé par les eaux. Les renversements et les failles des couches profondes se révèlent à l'extérieur par quelques collines et des mouvements de terrain, auxquels le contraste des campagnes basses et des eaux donne une apparence pittoresque. Une chaîne de hauteurs se prolonge dans l’étroite péninsule qui sépare, à Nimègue, le cours de la Meuse et celui du Rhin. Même dans le delta rhénan, entre l'Hssel et le bras principal du fleuve, au nord d'Arnhem, s'élèvent les coteaux de la Veluwe, longues chaînes, qu’embellissent les bois, les jardins, les prairies dans le voisinage d’Arnhem et des autres villes, mais qui partout ailleurs sont couvertes de bruyères : cest là le pays par excellence des abeilles; un bourg de là Veluwe, Veencendaal, est devenu pour la Hollande le principal marché des ruches et de leurs produits. D'anciennes dunes, dont le sable affermi s’est recouvert de végétation, parsèment aussi la Veluwe et même en certains endroits forment de véritables massifs de collines. Il y existe aussi quelques monticules mouvants : près d'Otterlo, une rangée de dunes mobiles couvrail naguère un espace de plus de 4000 hectares, et la moindre dénudalion du sol y eausait ie déplacement des sables dans le sens de l’est, sous l'influence du vent dominant? Jadis un « comte des sables » (zandgraaf) était chargé de prendre des mesures de précaution contre le fléau; mais on n'a plus besoin de ses services depuis que les dunes ont été fixées par des plantations de sapins. Le sol néerlandais ne prend une horizontalité parfaite que dans la région basse des marécages et des polders que pourraient noyer les eaux de la haute marée, si les digues venaient à se rompre soudain. Même au-dessus de ces terres basses se montrent quelques buttes insulaires : telles les hauteurs d’Amersfoort, dans la province d’Utrecht, celles du Gooïland, près d'Amsterdam, la butte du Château, au milieu de la

‘ Bauduin, Notes manuscrites.

2 E, de Laveleye, Néerlande, Études d'économie rurale.

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