ASSISES PROFONDES ET SOL DE LA NÉERLANDE
tres. Plus bas, jusqu'à 219 mètres de profondeur, les coquilles marines sont encore celles des mers actuelles; mais au-dessous elles se mêlent à des espèces plus anciennes Là commence probablement une formation pliocène, analogue aux dépôts sableux de Belgique auxquels Dumont a donné le nom de « système scaldisien! ».
De nos jours, l'homme étibli sur le sol en des demeures stables a fixé par des digues les contours de la terre ferme qui porte ses maisons et ses cultures; mais si les forces de la nature étaient laissées à elles-mêmes, toute la région de la basse Hollande deviendrait aussitôt une terre indécise que les eaux de la mer disputeraient aux alluvions des fleuves. Il est vrai que l'Océan, soulevant les sables de ses bas-fonés, dresse lui-même un rempart de dunes sur les plages et fixe de cette manière ses propres limites; mais ces amas sablonneux obstruent le lit des rivières et les forcent à s'étendre latéralement en lacs ou en marécages. Que la pression de ces eaux intéricures s’accroisse, et le cordon littoral peut être rompu, tantôt sur un point, tantôt sur un autre, suivant le volume de l'eau débordée, la force et la direction des tempêtes qui les aident à se chercher une nouvelle issue. Là où de larges estuaires ne pénètrent pas au loin dans l'intérieur, l'appareil des dunes se reforme et les fleuves retenus se changent encore en lacs pour s'écouler de nouveau en courants temporaires : la terre et les caux se mêlent et se confondent : l’eau n’est que de la vase, et la terre est fluide. En maints endroits, on peut reconnaitre quelles étaient autrefois les dimensions des bassins d’eau saumâtre que le cordon des dunes retenait dans l'intérieur comme les haff de la mer Baltique : les fonds d'argile ct les couches de coquillages que l’on rencontre à 5 mètres au-dessous de la surface indiquent mème l’ancienne profondeur de ces estuaires. Les coquilles que l’on y trouve ne sont pas les espèces de la mer libre, mais elles sont identiques à celles des estuaires zélandais et du Zuiderzee *.
Le sol de la basse Hollande, que les eaux de la mer et des fleuvos ont tour à tour recouvert, à gardé, du moins en apparence, l'horizontalité d’une nappe liquide. Dans ces campagnes comme sur l'Océan, la surface est si égale que la courbure de la planète se reconnait distinctement : en voguant sur le grand canal de Noord-Holland, on aperçoit les toits pointus des moulins de Zaandam et de Zaandijk, longtemps avant d'en distinguer les galeries circulaires et les maisons qui sont à leur base ; les grandes fermes entourées d’arbres que l'on aperçoit au loin en parcourant la basse Frise ressemblent à des iles de verdure. Le sol n’a qu’une pente insensible, et
! Lettre de M. Van Klemsdyk à M. Dewalque, communiquée par M. Quarles van Ufford. # Staring, Voormaals en Thans.
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les fleuves qui le traversent el que contiennent maintenant de fortes levées, pourraient s'écouler librement dans tous les sens, si leurs riverains voulaient les déverser à droite où à gauche : on peut dire que toute la région bassé de la Hollande est leur lit naturel: il n'est pas une partie de ces ! campagnes où n'aient passé les eaux courantes. Il serait donc bien difficile +: de suivre les divagations des rivières hollandaises : ces cours d'eau se sont promenés dans toutes les régions du territoire. Même dans l'ile d'Urk, située maintenant au milieu du Zuiderzee, on a voulu reconnaitre l'ancien cours de quelque bras du Rhin ou de lssel : des infusoires d'eau douce découverts dans les tourbes de File, sous une couche d'argile alluviale, rappellent que là passa jadis une rivière, engloutie par les flots du golfe avec les plaines qu'elle arrosait ".
Au commencement de la période historique, le Rhin, le Rhenus bicornis de Virgile, qui pénètre sur le territoire hollandais à l'altitude de 15 à 18 mètres, suivant le débit des eaux, se divisait comme de nos jours en deux branches principales : mais les auteurs anciens parlent aussi de ramifiations plus nombreuses. Le grand bras, celui de gauche, avait le nom de Helius où Waal, qu'il porte encore aujourd'hui, et, de mème que pendant la période actuelle, il S’unissait à la Meuse pour se jeter avec elle dans la mer par une large embouchure. Pline, Tacite et d'autres écrivains menlionnent également un bras qui conservait son nom jusqu'à la mer et que l'on croit avoir été le « vieux Rhin » de Leyde. Quant au bras du Rhin qui
# : se jetait dans le lac Flevo, faut-il y voir, suivant l'opinion généralement ; fu adoptée depuis Clavier, l'Oude Lssel où « Vieille Hssel », réunie au grand 1: | Rhin, en amont d'Arnhem, par le eanal artificiel que fit creuser Drusus, le
Ë père de Germanicus et de Claude, ou bien la fossa Drusiana devrait-elle 1 + être cherchée dans une autre partie de la Néerlande? IPest certain que
4 toute Ta plaine dans laquelle coule actuellement la branche du Rhin que
l'on croit avoir été l'ancien canal est une lirge campagne d'alluvions rhénanes, bordée à l'ouest par les versants réguliers du plateau de la Veluwe et se relevant à l'est en pente doues vers des terres qui sont en moyenne à 12 mètres au dessus de la rivière. Nulle part on ne peut y reconnaitre les talus d'une coupure, qui naturellement eût été assez étroite pour
une tranchée de cette profondeur, et d'ailleurs les nombreux ruisseaux. | RAS
les rivières même qui descendent vers l'Hssel, s'unissent de part et d'autre de à ce fleuve, non par de brusques confluents, mais par des lits de forme | ui
normale, gracieusement infléchis dans le sens de la vallée. Si le canal a été Al
" Alph. Esquiros, La Néerlande et la vie hollandaise.
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