AFFAISSEMENT DU SOL DE LA NÉERLANDE
lacustre sur les côtes de Walcheren'. De même, dans le voisinage de Texel se trouvent sous les flots les restes d’un bois sous-marin composé de grands arbres, dans les branches desquels s’'embarrassent souvent les filets*, On à découvert çà et là des objets de l’industrie humaine, enfouis dans une tourbe dont la surface même est au-dessous de l'Océan : les musées renferment des tombheaux, des autels, des vases, des instruments de toute espèce, qui témoignent de l'antique séjour des hommes civilisés dans ces régions, que recouvrent désormais les eaux de la mer .
Près de Domburg, petit village de bains de Walcheren, s'élevait autrefiis un temple dont les fondements, reposant d’ailleurs sur un sol tourbeux, se trouvent maintenant au-dessous du niveau marin. C’est en 1647 que l’on fit la découverte des restes de cet édifice. Des vents de l’est et du nord-est avaient soufflé avec violence pendant plusieurs jours et refoulé les eaux de basse mer beaucoup plus loin vers l'ouest qu’à l'ordinaire. Avertis par les pêcheurs, les magistrats de Domburg allèrent visiter les restes du temple englouti ; ils en firent extraire des sculptures, des inscriptions, des ases, des pierres sur lesquelles était inserit le nom de la déesse topique Nehalennia, représentée sous la forme d’une femme assise, ayant des fruits dans ses mains jointes, une corbeille des mêmes fruits à sa gauche, un chien à sa droite. Des ex-voto consacrés à cette déesse ont été découverts depuis en d’autres parties de la côte occidentale de Walcheren*. On évalue à la fin du troisième sièele l’époque à laquelle le temple de Domburg cessa d’être accessible à cause des invasions de la mer°. Mais l'existence du temple prouve que des habitations humaines existaient aussi dans le pays. Or, pour que cette île, qui est devenue aujourd'hui la terre de Walcheren, fût habitable à l’époque de la conquête romaine, la surface devait s’en élever au-dessus des plus hautes marées d’équinoxe, à moins
qu'un large rempart de dunes continues n’oceupât alors tout le littoral.
Or, à cette époque, les auteurs romains nous le disent, la côte était comme de nos jours découpée par de nombreux estuaires. La couche tourbeuse, c’est-à-dire l’ancien sol, qui se trouve maintenant au-dessous du niveau des marées les plus basses, était donc alors supérieure au niveau du flot montant. D’après M. À. de Laveleye, dont l'évaluation paraît beaucoup trop forte, l'affaissement du sol aurait été de 8 à 10 mètres.
A. de Laveleye, Affaissement du sol el envasement des fleuves.
Alp. Esquiros, La Néerlande et la vie hollandaise.
Debast, Recueil d'antiquilés romaines et gauloises.
Ernest Desjardins, Géographie de la Gaule romaine.
Smallegange, Chronyk van Zeeland; — À. de Laveleye, Affaissement du sol el envasement des fleuves.
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L'existence même des levées qui protègent l’île de Walcheren est une preuve du tassement qui s’est accompli. Si ces hautes digues n'existaient pas, la Zélande tout entière serait noyée par l'Océan; or, comment de pareilles constructions faites en pleine mer auraient-elles été possibles ? Il a donc fallu, à une époque antérieure, que le niveau des terres fût plus élevé et que les habitants aient trouvé un sol ferme pour appuyer leurs