‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 128 sur 552 · COTES, DUNES, CLIMAT DE LA NÉERLANDE · texte numérisé non relu

COTES, DUNES, CLIMAT DE LA NÉERLANDE

immédiate de la dune, et les molécules légères, que le vent emporterait facilement si la sécheresse de l'air les rendait incohérentes, s'agglutinent en couches épaisses qui s'écroulent par masses au lieu de se changer en nuages de poussière. Elles se recouvrent même d’une végétation mousseuse qui s'étale en plaques vertes et jaunes, contrastant bizarrement avec la surface blanche des monticules : à elle seule, la mousse suffirait à arrèter le mouvement des dunes, si les lapins ne creusaient leurs terriers dans le sable et si les hommes n'y traçaient leurs chemins. Depuis longtemps, les agriculteurs et les ingénieurs vont jusqu'à raser les dunes, soit pour en méler le sable aux terrains de la campagne cultivée, soit pour construire des îles artificielles dans les marais, remblayer les fondations des édifices et des écluses ou lester les navires; en beaucoup d’endroits, on à mème trouvé profitable de creuser des canaux d'exploitation temporaires qui vont jusqu’à la base des sables et que l’on comble quand la dune a disparu‘, mais on a soin pourtant de laisser debout le rempart extérieur des monticules, qu’il faudrait remplaçer à grands frais par des épis et des jetées, si des travaux imprudents ou quelque inondation venait à les faire disparaître : c’est ainsi que lors d’une violente tempête, vers le milieu du siècle, la mer a menacé. de percer le cordon de dunes au sud de la Hollande et de dévaster les campagnes de Delft et de la Haye”. Tandis que sur le littoral des landes françaises les dunes non boisées, suivies par le flot rongeur, envahissaient les terres de 20 mètres par an, de 2 kilomètres par siècle, les collines sablonneuses de la Hollande, même celles dont le sol n’est pas fixé par la végétation, sont la meilleure barrière contre le flot. Si la côte de Hollande n’a cessé de reculer vers l’est, la cause en est beaucoup moins au cheminement des dunes qu’à l’érosion de leur base occidentale par les courants de houle et de marée. Ainsi de 18453 à 1855, en vingt et un ans, la plage de la péninsule de Hollande a été rongée de 31 mètres.

Tout protégé qu'il était en grande partie contre les irruptions de la mer, le territoire qui est devenu la basse Hollande n’en était pas moins inhabitable dans presque toute son étendue. Des tourbières, des marais, des îles flottantes, des plages vaseuses et d'immenses forêts croissant sur le pays émergé, telle est la contrée qu'il a fallu assainir, défendre contre les eaux, reconquérir sur les fleuves et sur la mer. Au-dessus de cette terre humide s'étend un ciel non moins humide, que voilent sans cesse les nuées, où montent constamment des vapeurs pour ramper en brouillards ou

! Pictet de Sergy, Notes sur le Nord-Hollande; — E. * Staring, Voormaals en Thans.

5 Staring, même ouvrage.

de Laveleye, Néerlande

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{ ÿ Le ‘y AR € $ 14 i RAT ji ne 239 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

1 | retomber en pluies, dans toutes les saisons ', et surtout pendant les vents pay: ! af | d'ouest, qui soufflent le plus souvent dans l’année *. La température Belg ni moyenne est assez douce, grâce à la tiède atmosphère de l'Océan bru- 4 l'Ov À fl meux qui baigne les rivages, et même dans le mois de janvier le thermo- ses Ù nt mètre est d'ordinaire au-dessus du point de glace. Si ce n’est dans la dim \ ABLE | Frise et dans la Néerlande orientale, où le climat a quelque chose de conti- elle nental, comparé à celui de Rotterdam et de La Haye’, les eaux intérieures voit sont rarement prises pendant plusieurs jours par une glace épaisse : les péri scènes gracieuses qui se jouent sur la glace sont moins fréquentes que ne on : le ferait supposer dans les musées la multitude des toiles qui repré- glie n° sentent les traîneaux et les patineurs. Mais si la température moyenne déjà Fa de l’année est assez égale, combien soudains sont les changements dans moi ‘ME | une même journée, suivant la marche des vents et des nuages! Qu’une Jus (Fa ‘ $ :

| YA brume cache le soleil, et tout à coup un frisson semble passer sur la nature | mat | (ME: : entière ; le vent plie la cime des arbres et ride la surface de l’eau ; la mer des RMS E | 7. . A . ,. ÿ SRE : s’élance contre la rive en vagues clapoteuses, à moins que l'immense étendue ont {F4 Â . . . . . , , LR de la plaine grise ne soit aussi envahie par la brume, car souvent l'Océan L {il UE | AE TNTE : É , el | qui baigne la Hollande est morne et sans reflets : c’est bien cette « mer d'u Re | lourde et lente » dont parlait Tacite, la comparant dans sa pensée aux flots que LE joyeux de la mer Tyrrhénienne. d'h A |!

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| HE | Quoique de plus grande étendue que la Belgique, la Hollande à moins lon | ANR | d'espèces dans sa faune et dans sa flore : la cause en est à la moindre variété cell

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: de sol et de climat qu’elle présente ; plus uniforme dans ses phénomènes, ma

FAR | ENS ; AR | D 1 Û la nature devait l’être davantage dans ses produits. Le territoire néerlan- | la FH | qi dais n’a point de région qui corresponde à l’Ardenne, au Condroz, au tret nt Hi. mo |É mr a if ! Pluies moyennes de la Hollande. Rire 108680! I

f E + fi: 7 :

! EE Printemps : 0°,148 , Été : 0,930 ; Automne : 0,174; Hiver : 0,127. ï E \ ï $ n:: ; A à Ltd | 4 | * Régime des vents à Utrecht de 1849 à 1864 :

| | mul Vents de l'Ouest. Vents du Nord. Vents de l'Est. Vents du Sud. hs RL: (Du S-Oùl'O.-N.-0) (Du N-0. au N.-NE.) (Du NÆ.àl'E.-SE) (Du S.-E. au S.8.-0.) sou n 0 37 fois 91 fois. 18 fois. 24 fois. al

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| | il 5 Température moyenne des saisons :

| Ë Printemps Été Automne Hiver 1 CL PE La Haye. . . . . . 10,63 18,63 11,77 3,46 : |} NE Amsterdam... . . . ® 18° 10°,67 2,5 3 M ! Hi Qi an 1 Armhem . ..... . 9 16,8 (juill. 17°,6) ®,6 4,6 (janv. 0.6) 3 Bi 30 Lil

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