‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 130 sur 552 · POPULATIONS PRÉHISTORIQUES, FRISONS · texte numérisé non relu

POPULATIONS PRÉHISTORIQUES, FRISONS

aux fumiers, aux débris de toute espèce et aux alluvions apportées par la mer dans les fossés de ceinture. De toutes parts on s’est mis à démolir ces buttes pour les répandre sur les terres et en renouveler ainsi la fécondité : el monticule, vendu en détail, a rapporté de quarante à cinquante mille francs

Les peuplades qui se sont établies dans le pays depuis la construction des terpen et des hunnebedden sont toutes de race germanique, mais non des mêmes groupes nationaux. Les Frisons, que l’on voit dès les premiers siècles de l’histoire habiter la région septentrionale du pays, et qui, plus ou moins mélangés, la peuplent encore, sont, de tous les habitants de la Hollande, ceux qui se sont plus longtemps maintenus dans leur indépendance, La féodalité ne put s'établir chez eux. « Les Frisons, disaient leurs anciennes lois, resteront libres tant que le vent soufflera du milieu des nuages! » Ils occupaient autrefois tout le littoral qui borde au midi la mer d'Allemagne ; le fleuve ou le détroit, maintenant disparu, qui séparait le lac Flevo de l'Océan, leur appartenait en entier, et vers le sud ils s’avançaient jusqu'à l'estuaire du Rhin; au huitième siècle ils s’étendaient mème jusqu'au Zwyn, près de Bruges, sur la frontière de la Belgique ; mais ce ne fut que pour un petit nombre de décades, et bientôt ils furent repoussés au nord de la Zélande. Du reste, une grande partie de la force exubérante des Frisons s'était dépensée au dehors : mélés aux Anglo-Saxons, ils avaient été parmi les envahisseurs de la Grande-Bretagne. Les conquérants n'auraient pu soutenir la lutte contre les aborigènes insulaires, si, pendant toute la seconde moitié du cinquième siècle, ils n'avaient continuellement attiré du continent des bandes de renfort composées des tribus diverses, frisonnes, franques ou jutes. D’après divers ethnologistes anglais, le comté de Kent aurait été surtout peuplé par les Frisons ?.

Les habitants de la mère-patrie frisonne restèrent longtemps ligués pour leur défense contre les autres populations germaniques : chaque année les délégués des « sept pays maritimes » de la Frise se réunissaient près d’Aurich, sur le territoire de la province actuelle de Hanovre, et chacun des États se gouvernait lui-même : le podestat, élu par le peuple, devait jurer fidélité entre les mains des magistrats, nommés eux-mêmes par le suffrage universel. Quel que fût le souverain étranger auquel la Frise appartint nominalement, le peuple n’en restait pas moins le plus républicain d'Europe : c’est au milieu du quinzième siècle seulement qu’il fut enfin

1 E, de Laveleye, La Néerlande, Études d'économie rurale. * Lubach, De Anthropologie van Nederland.

5 Lothrop Motley, Histoire de la fondation de la république des Provinces-Unies.

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obligé de reconnaitre, et non plus pour la forme, le maitre que lui imposa l'empereur d'Allemagne. Iest probable que la Frise serait devenue le centre politique de la contrée qui reçut plus tard le nom de Néerlande, si la formation soudaine du Zuiderzee n'avait coupé le pays en deux fragments, isolant ainsi presque complètement la partie la plus considérable de cette province. Le territoire frison laissé à l'occident du Zuiderzee devint peu à peu terre hollandaise et les populations frisonnes se fondirent avec leurs voisins hollandais, de mème que les Frisons de Kent, de l'autre côté du détroit, avaient cessé de se distinguer de la population anglo-saxonne. Le siège de la puissance se déplaça pour se porter de l'estuaire de l'Ems vers les bouches de la Meuse et du Rhin. C'est encore dans la Frise occidentale, à l'est du Zuiderzee, que la race est la plus pure. Les hommes de ce pays sont d'une taille élevée, plus sveltes que les autres Hollandais ; leurs épaules sont un peu étroites, le nez est grand, le visage ovale el allongé, souvent la mâchoire inférieure est un peu en retrait. Is ont les veux bleus ou gris, les cheveux jaunes, blonds, où d'un brun clair, une rare blancheur de teint. Les femmes sont éblouissantes d'éclat et majestueuses d'aspect. Ces Frisons d'origine presque pure ne parlent plus que le hollandais ; l'usage de la vieille langue ou < frison des paysans » ne s'est conservé que dans les campagnes de l'intérieur, quoique à aussi tout le monde comprenne et parle parfaitement le néerlandais. Diverses sociétés de patriotes frisons s'occupent de maintenir l'usage et la pureté de l'ancien idiome.

Au sud de la Frise proprement dite, la contrée qui s'étend des rives orientales de l'Hssel à la vallée du Rhin perta jadis le‘ nom de pays des lames, Hamaves où Chamaves ; vers les derniers temps de la domination

romaine, elle faisait partie du pays des Naliens. À côté de cette nation de Franks, qui devait, lors de letfondrement de l'empire, prendre un rôle si considérable dans l'histoire du monde, demeuraient d'autres peuples de même souche. C'est à, au bord de l'Hssel où Kala, que fut établie la loi salique : Saleheim et Windoheim, dont parle le texte même de ce document

fameux, sont devenus les villages de Zalk et de Windesheim, sn loin de Zwolle, dans la basse vallée de FHssel ; Oldenzaal, qui po temps, pendant le moyen âge, le nom de Nalia Vetus, et que l'on 4 avoir été

capitale des Franks saliens, est placée beaucoup plus à l'est, près ee la frontière allemande. Lors de la migration conquérante des Franks, d'autres populations les remplacèrent ou plutôt se mélangèrent avec ceux d’entre eux qui étaient restés dans le pays. Les savants qui cherchent à

retrouver les traces des anciennes institutions saliques doivent aller étu-

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