ARNHEM, ROTTERDAM
De toutes les villes de la Hollande, Arnhem est celle dont la population a le plus augmenté depuis le milieu du siècle : elle a presque doublé de 1850 à 1876.
En aval d'Arnhem, le fleuve ne passe devant aucune ville considérable, jusqu’à Rotterdam. Les trois communes les plus populeuses de ses rives sont Renkum et Wageningen sur la rive droite, et Culenborg ou Kuilenburg sur la rive gauche. Plus bas, dans l’île d'Isselmonde, est la ville de Ridderkerk, qui possède des chantiers de construction et des fabriques de lin. Rotterdam, ou « Digue de la Rotte », ainsi nommée d'une rivière qui vient s’y mêler aux canaux de la .feuse, est la grande cité commerçante des bouches communes de la Meuse ct du Rhin; si les chemins de fer ne donnaient d’autres issues vers la mer aux villes du bassin rhénan, Rotterdam serait l'unique entrepôt maritime de l'Allemagne occidentale. Elle en est du moins l’un des plus importants, et pour la Hollande elle-même elle est, depuis la perte d'Anvers, le port où le mouvement général des échanges avec l'étranger peut se faire avec le plus de facilité ; la population s’y accroît plus rapidement que dans la capitale. Rotterdam a même sur Amsterdam l'avantage de se trouver, par le moyen des estuaires, en communication plus directe avec la mer libre. Rotterdam importe surtout les denrées coloniales, et en échange elle expédie des produits de l'agricul-
ture locale, des bestiaux pour l'alimentation de Londres, et, d'une ma-
nière générale, toutes les marchandises lourdes arrivées par la voie des canaux et des fleuves. Plus de 7000 navires, d'un tonnage total de plus de 9 millions de tonneaux, tel est le mouvement annuel du port de Rotterdam; les deux tiers des échanges maritimes de toute la contrée se concentrent devant les quais de la « Meuse » et de la Rotte. Mais dans ce grand port de la Hollande, aussi bien que dans celui de la Belgique, la grosse part est celle de l'Angleterre : près des deux tiers des navires qui mouillent dans les eaux de Rotterdam battent pavillon britannique. Quant au commerce direct de la France avec les bouches de la Meuse, il existe à peine : souvent on ne pourrait voir dans le port un seul navire français. Après les bâtiments anglais, ceux de la Russie, des États-Unis, de l’Allemagne, ont le plus fort tonnage. Le commerce de‘Rotterdam avec le Congo est assez considérable depuis 1869 ; une société néerlandaise possède 44 comptoirs dans cette partie de l'Afrique et en importe de l'huile de palme, du caoutchouc, du copal, du café, du coton, et d’autres denrées tropicales. Dans l’ensemble de la navigation maritime de Rotterdam, les bateaux à vapeur représentent à peu près les deux tiers des navires et les trois quarts du tonnage.
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