DELFT, LA HAYE
dès que les routes convergentes eurent fait de cette résidence un centre de commerce, Sinon pour l'industrie, du moins pour la consommation, elle grandit rapidement : le mouvement des voyageurs et des marchandises s'infléchit sans peine dans cette direction, Maintenant la Haye est la troisième ville de la Néerlande par le nombre des habitants; elle n'a de supérieures que les deux cités maritimes, Amsterdam et Rotterdam.
Dans son ensemble, et sans tenir compte des faubourgs qui empiètent sur les campagnes, la Haye a la forme d'un quadrilatère limité par des
“anaux. Mais la ville n'a pas à l'intérieur lemême aspect que les autres cités
de la plaine : les canaux y sont rares, si ce n'est dans le voisinage du chemin de fer, et les rues ne sont pas, comme à Amsterdam, de simples quais réunis de distance en distance par des ponts. Les grands canaux de navigation contournent la ville, et le principal bassin, placé au centre de la Haye, n’a pas été crensé pour recevoir des embarcations : e’est un vivier de plaisance (Vijver), reflétant dans ses eaux noires les sombres murailles du palais de la Chambre haute, les arbres de l'ancienne dune du Vijverberg, transformée en une belle promenade, et le bouquet de verdure d'une ile artificielle. Habitée par un grand nombre de hauts fonctionnaires, de seigneurs, de négociants enrichis, la Haye se distingue de la plupart des villes industrielles par l'étendue de ses quartiers élégants ; les maisons de ces rues nobles, construites sans prétention architecturale, sans faste extérieur indiscret, n’en sont pas moins à l'intérieur somptueuses et commodes à la fois, et surtout elles reçoivent en abondance l'air et la lumière, et sont ornées de verdure et de fleurs : des jardins les entourent et les bois qui s'étendent au nord-est, au nord, à l’ouest de la ville, leur servent de pare. La petite forêt qui porte spécialement le nom de « bois » ou de « haye », est la gloire de la cité par ses arbres superbes, de même que l'admirable allée menant en droite ligne à la plage de Scheveningen; mais en beaucoup d'endroits cette allée est déjà transformée en « boulevard » par les hôtels, les restaurants et les villas; on travaille maintenant à réparer les pertes de ce bois en l’étendant par des plantations sur les dunes « blanches » qui bordent le littoral, au nord et au sud de Scheveningen. Ce long village, au large duquel se livra en 1675 une bataille indécise entre les vaisseaux hollandais de Ruyter et les flottes alliées de la France et de l'Angleterre, fait en réalité partie de la cité, dont il est le faubourg de pêche et, pendant l'été, le lieu de villégiature et de bains. Un mouvement incessant d'hommes et de voitures se porte de la ville à la mer et de la mer à la ville. Lors de la grande prospérité des pècheurs de hareng, Scheveningen avait pour industrie principale l’encaquement du poisson, et maintenant encore sa
À 288 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE, | place de marché est souvent encombrée de charrettes pleines de harengs". | |: En hiver, c'est un spectacle curieux que celui de tous les pinken ou | ‘AE « flibots » remisés sur la plage. Ces bateaux pansus, au nombre de plus | h | de deux cents, presque tous de même grandeur, ornés des mêmes pein- 1] tures, son’ alignés sur deux rangées au pied de Ja dune et forment une ( sorte de rue qui va se perdre au loin dans la brume. À marée basse, les | bateaux sont à cent ou deux cents mètres de l'eau qui déferle, et leurs R 11 ancres à demi recouvertes par le sable restent à sec bien au-dessus des I ( | N° 64 — LA MAYE ET SCHEVENINGEN, ] : ( | 11° 50° E de P EF: | TC// I | | e | | ; ne hi | le P ) R . | q Et : | % nr À k h al 4 23 d 4 à (
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LR flots. Des flaques d'eau salée sont éparses çà et là sur le rivage; pourtant IV | + 1 44 . ° . . Q | à A des centaines de marins vont et viennent incessamment, jetant le filet cle
14 À dans la vague pour en ramasser les coquillages, qui servent dans le pays du
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