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RICHESSES, ÉCOLES DE LA NÉERLANDE

progrès de l’enseignement populaire, Le pays est un de ceux où la proportion des enfants assis sur les bancs des écoles est la plus considérable : elle est de plus d’un huitième, comparée au nombre des habitants'. Dans les districts ruraux, un quart des hommes faits, un tiers des femmes, ignorent encore la lecture et l'écriture, tandis que dans la province de Noord-Holland, où se trouve la capitale, la part des personnes complètement ignorantes n’est guère que d’un quatorzième*. En 1870, on évaluait à plus de 100 000 enfants ceux qui restaient encore sans aucune instruction sur le territoire de la Néerlande *. Environ un cinquième des enfants sont envoyés dans les écoles particulières, où l'instruction religieuse est spécialement protestante, catholique ou juive *; mais les lois de 1857 et de 1878 ont exclu des écoles de l'État tout enseignement d'un dogme quelconque. De même, les établissements d'instruction moyenne appartenant à la nation sont tenus en dehors de toute influence d'église : des collèges et des séminaires spéciaux reçoivent les jeunes gens auxquels la volonté des parents fait donner une éducation religieuse *.

Si la Hollande, qui fut jadis le premier pays de l'Europe par ses imprimeries et ses écoles, s’est laissé devancer par d’autres nations dans l’ensemble du mouvement intellectuel de l'humanité, a-t-elle relativement déeru au point de vue de la moralité nationale, depuis que la communauté du péril avait donné aux habitants du pays leur forte solidarité nationale ? Le peuple néerlandais a-t-il encore sa fleur de jeunesse ? Il serait téméraire de hasarder une opinion à cet égard : on doit se borner à signaler les causes de démoralisation, qui d’ailleurs sont les mêmes chez tous les peuples d'Europe, les grandes inégalités sociales, le contraste du luxe et de la mi-

sère, et, surtout dans les villes, l'abus des liqueurs fortes”. Tout récemment

! Enfants de 6, 7 et 8 ans absents de l'école. .. . … 27103 garcons 32309 filles, nn de9,10et1l ans » ” ,.. . . . 20641 » 2SO8T »

. (Kuyper, Nederlands Toestand.) Écoles primaires en 1876 : 3 821.

Instituteurs . . . 8 870 10 919 Garçons . . . . . 258289 | ñ Institutrices. . . . 2024 "| Filles , . . . . . 25488ù | $ Mariages dans le Noord-Holland, de 1868 à 1872 : 95 137 :

93174 élèves.

Conjoints ne sachant signer ni l'un ni l'autre... dm 8 .. 009 Maris ne sachant pas signer, . , . . Se à à ; gun € CA tn 00 Femmes » » a | à

“ Écoles de l'État en 1871. . 917 827 garçons 172309 filles, Total. . . 390 1929 » particulières, : , , DbO388 » 61374 » » ,... 111762

5 Gymnases, écoles moyennes, écoles pratiques en 1876. . 119, Élèves. . 10 297 Écoles d'adultes... . . . . . . . . . . . . . . . A9, Élèves. . 10411 Étudiants des Universités... . . . . es AE SN Le 1782

& Consommation de l'eau-desvie par tête en 1872 : 8 litres 38.

encore, la nation hollandaise avait le malheur de ne pas compter sur ses seules ressources, mais de faire dépendre pour une certaine part son équilibre financier de l'exploitation de colonies lointaines. La Hollande était jusqu'à un certain point, il faut l'avouer, le parasite de Java, et le parasitisme, quel qu'il soit, matériel ou moral, à toujours pour conséquence une détérioration de l'individu.

La Hollande est un royaume ne différant guère par sa charte politique des autres monarchies constitutionnelles d'Europe. Elle à aussi son pouvoir judiciaire indépendant, son pouvoir législatif composé de deux chambres, son pouvoir exécutif représenté par le roi, un conseil d'État et le conseil des ministres.

Le régime municipal était l’assise première sur laquelle reposait le gouvernement néerlandais, lorsque le pays reconquit son indépendance et se fit admettre au nombre des États européens. Les villes de chaque province étaient chacune administrées par une assemblée de vingt à quarante magistrats nommés à vie. Ce collège, appelé vroedschap ou « réunion des sages », choisissait lui-même ses membres parmi les citoyens notables, soit directement, soit par la présentation de deux ou trois hommes, dont l'un était élu par le stadhouder, représentant des États. Les « sages » nommaient tous les ans un corps d'échevins ou schepens, dont les fonctions étaient prineipalement judiciaires, et deux ou trois bourgmestres, suivant les traditions locales', Le gouvernement actuel des communes à été constitué d'une manière uniforme dans toute l'étendue du royaume. Le bourgmestre est nommé par le roi pour six années et préside le conseil municipal (gemeenteraud), avec simple voix consultative quand il n’est pas membre élu du conseil, avec voix délibérative lorsqu'il est le mandataire direct de ses concitoyens ; il peut être aussi le secrétaire du conseil. Le privilège de l'élection appartient à la richesse : ne votent que les habitants de la commune payant en impôts directs une somme qui ne peut être fixée à moins de 10 florins, mais qui, suivant les communes, peut être élevée à 80 florins. Les conseillers munisipaux sont nommés pour six ans, mais ils sont renouvelables par tiers tous les deux ans : dans les communes de moins de 5000 habitonts, leur nombre est fixé à neuf; s'élevant en proportion de l'importance des villes, 11 est de trente-neuf dans les trois premières cités du royaume.

1 Meteren, cité par Lothrop Motley. Histoire de la fondation des Provinces-Unies des Pays-Bas.

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Ces conseillers ne reçoivent d'autre traitement que leurs jetons de présence. Ils nomment pour six années deux, trois ou quatre adjoints où « mainteneurs de loi » (wethouders), qui siègent à côté du bourgmestre et l’aident dans ses fonctions. Le gouvernement n'a pas le droit de dissoudre les conseils. Avec l’assentiment des pouvoirs supérieurs, deux ou plusieurs communes peuvent se constituer en syndicat pour l'exécution de grands travaux publics.

Dans la hiérarchie du gouvernement national, le deuxième corps délibérant est celui des États provinciaux (Prorinciale Staten). Chacune des onze provinces, divisée en arrondissements, cantons et communes!, est administrée par des commissaires (commissarissen) que le souverain choisit à son gré, et qui président l'assemblée élue avec voix consultative : le commissaire est assisté par quatre ou six députés nommés pour six années par le vote de leurs collègues. C'est en grand un mécanisme semblable à celui des communes. Le cens des électeurs est doublé pour le suffrage provineial : de 40 florins en moyenne, il varie de 21 à 160 florins; en outre, le privilège du vote n'appartient qu'aux hommes âgés de plus de vingt-cinq ans, tandis que pour les élections communales les jeunes gens votent dès l’âge de vingt-trois ans. Les mandataires provinciaux sont nommés pour six ans et renouvelables par moitié tous les trois ans; leur nombre varie suivant les provinces, mais non en raison directe de la population : la province de Zuid-Holland a la plus forte assemblée provinciale, composée de S0 membres, tandis que Drenthe en à seulement 59. Les délégués n'ont point de traitement direct, mais seulement une indemnité de voyage et de séjour. D'ailleurs, le mandat qu'ils ont à remplir n'impose pas de grandes fatigues, car les deux sessions des États provinciaux durent chacune seulement quelques jours. Pendant les vacances, un collège de délégués est chargé des affaires.

La deuxième Chambre, qui représente la nation tout entière, est élue par les mêmes électeurs que ceux des assemblées provineiales ; mais les distriets électoraux, qui sont au nombre de quatre-vingts, sont découpés dans l'ensemble du territoire, sans que leurs limites coïncident avec les frontières provineiales : les députés ont ainsi un mandat plus général que S'ils étaient élus strictement par les électeurs d’une seule province, La population normale de chaque district étant évaluée à #5 000 habitants, une nouvelle dislibution du territoire se fait tous les cinq ans. Les mandataires, qui doivent avoir au moins trente ans d'âge, sont élus pour quatre ans; mais la

! Divisions de la Hollande : TE provinces, 23 arrondissements, 106 cantons, 1150 communes,

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