‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 196 sur 552 · EN 3255 A ON · texte numérisé non relu

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puissance de la Grande-Bretagne? D'énormes villes industrielles surgirent là où ne se trouvaient que des villages agricoles et des cités murées ; toute une vaste région manufacturière fait équilibre dans le nord à la région agricole et commerçante du midi de l'Angleterre ; Birmingham, Sheffield, Manchester, Leeds et toutes les cités grandissantes qui les entourent, sont nées spontanément sans attendre l'impulsion de la capitale ; elles ont développé librement leur vie propre, gardant ainsi le bien précieux de l'initiative; chacune est devenue un centre indépendant de Londres, agissant à sa manière, exerçant sur le monde une influence à part. C'est là qu'a commencé le grand mouvement industriel des temps modernes pour se propager sur l'Europe et sur le monde : de là surtout sont venues pendant longtemps, sinon les inventions, du moins les applications des procédés nouveaux, les améliorations de l'outillage mécanique. Les manufactures du Lancashire et du Yorkshire ont été pendant un temps le modèle de tous les établissements du mème genre fondés dans les autres contrées. Pour les travaux hydrauliques, les ingénieurs anglais, après avoir longtemps imité ceux de la Hollande, sont à leur tour devenus des maitres, et, nous l'avons vu, dans les Pays-Bas mêmes existent maintenant de grandes œuvres de canalisation qui leur sont dues.

Dans les régions manufacturières de la Grande-Bretagne, la fumée se mèle à l'atmosphère en quantité si considérable, que l'aspect de la nature en est tout changé. En certaines villes, le ciel est toujours noirei par le charbon ; les maisons, même les édifices publics les plus somptueux à l'intérieur, sont revêtus de suie; il neige noir sur les feuilles des arbres et le gazon. Ainsi les fabriques ont donné à la contrée un nouveau climat, mais elles ont aussi, plus que tout autre élément de la civilisation contemporaine, réagi sur les mœurs du peuple; elles en ont transformé l'état social, elles lui ont donné un autre genre de vie, et préparé de grandes révolutions à l'humanité, C’est en Angleterre d’abord qu'a surgi le problème redoutable du prolétariat moderne ; c'est là que les masses humaines les plus nombreuses se trouvent-engagées dans les oscillations du commerce, là que les grèves ont pris les plus vastes proportions et que les associations ouvrières disposent des forces les plus considérables. Pas un évènement ne s'accomplit en Europe sans que le contre-coup ne s’en fasse aussitôt ressentir dans les usines anglaises! Pas une variation des salaires dans les manufactures de la Grande-Bretagne sans que le marché du travail n'en subisse immédiatement l'influence dans tous les pays du monde!

Outre l'influence indirecte exercée avec tant de puissance par la nation anglaise sur les destinées des autres peuples, l’action directe de ses colons

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