‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 204 sur 552 · SEE ATP EIN ARS · texte numérisé non relu

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d'intelligence, avec le plus grand respect de sa nature, de manière à le faire croître en force et en beauté. Il est peu de babies anglais qui ne soient charmants. Malheureusement la misère flétrit de bonne heure les traits d’un grand nombre d’entre eux; mais parmi ceux qui ont le privilège de la fortune, combien tiennent les promesses de leur enfance en devenant d’admirables jeunes gens! Les observations faites à cinquante ans d’intervalle dans les écoles de Harrow et d’Eton, ainsi qu'aux universités d'Oxford et de Cambridge, ont mis hors de doute que les adolescents de l'aristocratie anglaise sont plus élancés et lus forts que ne l’étaient au même âge leurs pères et leurs grands-pères. Grâce à une hygiène mieux entendue, la petite fraction d'humanité formée par cette génération nouvelle a certainement progressé au point de vue de la valeur physique. C'est vraiment un beau spectacle que celui d’un jeu de cricket sur une pelouse! Ces jeunes gens de haute taille, aux bras nerveux, au costume souple et facile, qui mettent lant de passion à remporter une victoire honorifique et que suivent de leurs regards, de leurs vœux, de leurs encouragements, des milliers de spectateurs, ne ressemblent-ils pas à ces héros des jeux olympiques dont la postérité célèbre encore la gloire? Pour égaler en charme poétique les athlètes hellènes, il leur manque seulement, avec plus de grâce personnelle, un milieu semblable à celui de l'antiquité grecque. Ils n’ont pas au-dessus d'eux le ciel azuré; les temples de marbre et les statues aux formes divines n'entourent pas leurs arènes, et par-dessus tout ils n’ont pas ce prestige que donne un passé de plus de deux mille années. Néanmoins les jeunes athlètes de l'Angleterre ne le cèdent pas à ceux de la Grèce pour le courage, l'endurance, la force de volonté, la passion qu'ils mettent à leur gymnastique. Dans leur éducation, qui malheureusement ne s'occupe pas autant de l'équilibre intellectuel que de la santé physique, tout est calculé pour donner au regard plus de calme, aux muscles plus de force, à la volonté plus d'énergie. Grâce à une pareille discipline, ces hommes apprennent à compter sur eux-mêmes en toute occasion; ils bravent la maladie, la lassitude et le danger ; ils ne craignent ni le grand air, ni les froidures, ni les chaleurs; qu'ils restent seuls dans le désert ou sur l'océan, ils n’en gardent pas moins comme boussole leur inflexible volonté, et tant que leur œuvre n’est pas accomplie, ils ne regrettent ni les parents, .ni les amis, ni les grandes cités où la vie est facile. Conscients de leur force, ils dédaignent la ruse, ressource des faibles; ils ne mentent point, disent fièrement la vérité, même quand elle doit leur porter dommage.

En résumé, on peut dire que, de tous les pays civilisés, l’Angieterre est

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bien celui où se rencontrent le plus d'hommes réellement consciencieux, essayant de régler leur vie sur leur idéal intérieur, sur ce qu'ils croient être Le bon et le juste, Sans doute, le nombre des hypocrites est d'autant plus considérable, que le respect de la dignité personnelle et Famour de la vérité sont plus en honneur : en Angleterre, plus qu'en tout autre pays, en risque de se heurter à des gens qui se font une religion de la « respectabilité », et qui vivent dans un cercle de conventions et de formules, asservis à de niaises et solennelles pratiques. Ceux qui n'ont pas la vertu interieure sont bien obligés de s'en créer une toute de formes et d'apparences; mails par celle austérité fausse ne rendent-ils pas hommage au respecl de soi-même, signe distinelif du véritable Anglais, et ce respect n'a-t-1l pas lait plus que tous les avantages de l'industrie et du commerce

pour élever si haut Br puissance de li Grande-Bretagne ?

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