ILES SCILLY, MINES DE CORNOUAILLE
des mines qui, après avoir été exploitées pour un métal, le sont maintenant pour un autre. En quelques endroits, la teneur de la pierre en minerai est considérable et l'on peut même voir au bord de la mer des roches teintes en vert par l'efflorescence du cuivre'; mais en moyenne le minerai sortant des mines de Cornouaille est très-pauvre : il ne renferme guère qu'un cinquantième d'étain, où bien un trentième ou un quarantième de cuivre :
MINE DE BOTALLACK
Dessin de Th. Weber, d'après une photographie.
sa valeur provenait surtout de la rareté des mines, avant que l'on ne connût les gisements des États-Unis, de la Bolivie, de l'Australie, de la Sonde. À la poursuite du précieux minerai, les vaillants Cornishmen ont accompli d'admirables travaux qui rangent leurs puits et leurs galeries parmi les curiosités de l'Angleterre. Pour vider les mines de l'eau qui filtre en abondance par les fissures des roches supérieures, 11 a fallu recourir à d'énormes pompes; mais cet épuisement artificiel devient presque impossible dans les mines profondes de plusieurs centaines de mètres et lon
1 Carus, England und Schottland im Jahre 1844.
a dù creuser des tunnels de décharge pour :atrainer l’eau directement dans la mer. Quelques-uns des souterrains, dans les districts miniers de Gwennap et de Redruth, passent en certains endroits à 534 mètres au-dessous de la surface du sol et l'ensemble des galeries comprend une longueur d'environ 100 kilomètres : le tronc principal du tunnel n’a pas moins de 9 kilomètres jusqu'à ia mer; soixante machines d’épuisement en retirent 100 000 mètres cubes d’eau par jour, plus d’un mètre par seconde. On à calculé que tout le bois de soutènement employé dans les mines de Cornouaille représente une forêt de pins âgée d'un siècle, s'étendant sur un espace de 360 kilomètres carrés.
Le promontoire de Botallack, non loin du cap Cornwall, est un des rocs les plus pittoresques de la côte, et d'autant plus curieux qu’il contient dans ses profondeurs une mine de cuivre. Presque complètement isolé du continent par une fissure, l'énorme bloc de 60 mètres de hauteur à été rattaché à ‘la terre ferme par des passerelles vertigineuses ; des chemins de fer en spirale gravissent les pentes de la falaise; des aiguilles de rochers continuent leurs pointes par des cheminées fumantes. Les galeries de mine taillées dans l’intérieur du promontoire sont de celles qui se prolongent au-dessous de la surface de la mer, jusqu’à plus de 560 mètres au large : les travailleurs entendent faiblement le bruit des galets que le flot promène au-dessus de leurs têtes. Dans une mine voisine, celle de Wheal-Cock, les chercheurs de minerai ont suivi la veine à travers toute l'épaisseur du plafond qui les séparait de la mer : un simple tampon enfoncé dans le roc empèche l’irruption des eaux. Immédiatement au-dessous des plages, là où le flot vient déferler, entrechoquant les cailloux, le bruit de la mer est formidable; pendant les tempêtes, les plus hardis mineurs frissonnent en entendant l'effroyable mugissement de la houle et des rochers'. Dans une autre galerie, les anciens mineurs avaient eu l’imprudence de poursuivre la veine de métal jusqu'à une si petite distance du fond de la mer, que celle:ci finit par percer le plafond près de la ligne d’affleurement des hautes marées, et inonda une partie des galeries. On réussit à boucher cette entrée en y plaçant une plate-forme en bois recouverte de terre, gazonnée et chargée de pierres?. Près de Penzance, du côté du sud, se trouvait une autre mine de cuivre, souvent citée comme un monument de la hardiesse des mineurs de Cornwall. Un simple ouvrier avait commencé de la creuser, à la fin du siècle dernier, À un endroit de la grève où il ne pouvait travailler que pendant quelques heures de la
t Henwood, Transactions of the Royal Geological Society of Cornwall, vol. VI. * Dufrénoy et Élie de Beaumont, Voyage métallurgique en Angleterre.
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