‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 231 sur 552 · MINEURS DE LA CORNOUAILLE. H · texte numérisé non relu

MINEURS DE LA CORNOUAILLE. H

ans journée et que la marée envahissait deux fois par jour : quand il recomap mençait son labeur, le trou était rempli d’eau. Au moyen d'une tourelle la en bois soigneusement goudronnée, le mineur réussit à protéger le puits l'on contre l'irruption des vagues, puis il le mit en communication avec le Ilo- rivage, à 200 mètres de distance, par la construction d’un plancher. La ent masse d’étain de la mine du Wherry ou du « Bachot », exploitée désormais n à avec régularité, donna des quantités considérables de minerai; mais un O'- vaisseau mouillé dans le voisinage, ayant chassé sur ses ancres pendant unc un nuit de tempête, vint heurter la tourelle et la démolit : la mine, déjà pro-

fonde, fut de nouveau remplie d’eau. L'exploitation n'a pas été reprise des depuis cette époque".

ent Quelle que soit la persévérance des mineurs de Cornouaille, quel que soit olé aussi l'avantage que leur donne pour là production un outiflage augmenté l'a de siècle en siècle, la pauvreté du minerai, la cherté de la houille et du he- bois de construction, ne leur permettent pas de soutenir la concurrence Iles avec les pays miniers plus riches. Les Stannary Parliaments où « Parlele- ments de l'Étain » qui discutaient, avec les représentants du seigneur, | se loutes les affaires relatives aux mines, n'ont plus l'occasion de s'assembler : res la dernière réunion de ces délégués s’est faite dans le Devon en 1749, dans le la Cornouaille en 1752, Un grand nombre d'ouvriers ont émigré dans les de contrées d'outre-mer : chaque amoindrissement dans la production des ute mines à eu pour conséquence une diminution de la population des campaen- | nes, les habitants se portant vers les villes du comté*. Les gisements d’ar- Jus senie, les carrières de pierres et les gisements de kaolin, dont on exporte uit Ë chaque année plus de 100 000 tonnes pour la fabrication des faïences et urs î de la porcelaine, ne remplacent ps + importance les mines abandonro= 4 nées”. Mais les habitants de Cornouaille ont toujours les richesses que r'u- Li leur donne le poisson des côtes, notamment l'espèce de hareng appelée du pilchard ; ils ont surtout leurs jardins de légumes, « potagers de Lonaf | ssil à ! Dufrénoy et Élie de Beaumont, Voyage métallurgique en Angleterre. tt 4 ? Production des mines :

Ÿ En 1844 : Minerai de cuivre, . . 152 970 tonnes. Valeur . 20 03 550 francs. du É 1875» ) 40985 »

un d'étain. . . . 14700 jer Fi “de plomb 45 5 909 » renfermant # tonnes d'argent Fa de fer... 31 4ù Ù

de lopulation du comté de Cornwall en 1851, . . : 356 690 habitants, la » » ù 1871. . A ; 362 100 »

5 Production du kaolin en Devon et Cornouaille, en 1879 : 405 000 tonnes ; valeur. , . , , 4 , , . . . à 000 000 fraucs.

ais NOUVELLE GÉOGRAPITIE UNIVERSELLE.

dres, >» et leurs champs, qu'ils améliorent au moyen de sable calcaire. Quoique les roches de la Cornouaille soient, comme celles de la Bretagne française, très-pauvres en carbonate de chaux, cependant l'abondance des organismes qui extraient le calcaire des eaux marines donne au sable du littoral une riche teneur en éléments de chaux carbonatée : depuis des siècles on l'utilise pour renouveler la force productive des champs où le alcaire fait défaut. L'exploitation de cette tangue est très-active, surtout dans la petite baie de Padstow ; les cultivateurs retirent chaque année de ses plages environ cent mille tonnes de sable, à peu près la cinquième partie de tout ce qu’on emploie pour amender les champs de la Cornouaille et du Devonshire !.

Les populations de la péninsule Cornique, qui résistèrent longtemps à l'invasion saxonne, se distinguent encore en maints endroits par la forme du visage : on y voit plus d'hommes à cheveux noirs, à teint mat, à tête courte et large, que dans le reste de Angleterre; sur la côte méridionale, entre Falmouth et le cap Lizard, un si grand nombre de femmes ont un type presque méridional, qu'on à voulu l'expliquer par une immigration d'Espagnols : Tacite parle des Tbères immigrés dans la contrée. La population de cette partie de l'Angleterre à gardé quelques vestiges de son ancienne division en clans distincts et ennemis. Quant à la langue, sœur des idiomes gallois et bas-breton, elle ne vit plus que dans les noms de lieux; depuis deux siècles, elle a cessé d’être parlée d’une manière généale, et c'est en 1778 que mourut à Mousehole, non loin de Penzance, la dernière femme qui eût parlé le langage primitif de la contrée : une pierre a été récemment posée sar sa tombe par de pieux philologues. Lorsque l’idiome cessa d'être en usage, il était encore compréhensible aux Gallois*; quelques mots sont restés dans l'idiome local. La littérature cornique, étudiée particulièrement par Whitley Stokes, se compose uniquement d'un glossaire du douzième siècle et de « mystères » des siècles suivants, imités où traduits de la littérature courante du moyen âge. Quelques manuscrits non encore publiés paraîtront prochainement sous les auspices de la Société des manuscrits de Cornouaille, Quant aux légendes populaires, fort nombreuses et racontées encore en toute simplicité d'âme dans maint hameau de la Cornouaille, elles ont été recueillies et publiées en divers ouvrages anglais.

! Delesse, Lithologie du fond des mers.

* Latham, Ethinology of the British Islands.

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BARNSTAPLE, SAINT-YVES, PENZANCE. 419

Sur le versant septentrional de la péninsule, la ville du Devonshire la plus populeuse et la plus commerçante est Barnstaple, située à l'endroit où la marée vient au-devant de la rivière Taw. Bideford, au sud-ouest, se trouve également à l'endroit où un petit cours d’eau, le Torridge, se continue par un bras de l'estuaire de Barnstaple : les deux ports communiquent avec la mer par la même embouchure’. Barnstaple est le lieu de rendez-vous principal des voyageurs qui se rendent aux bains de mer d'Ifracombe et de Lynmouth, blottis au pied des falaises et des escarpements qui remontent vers le plateau d'Exmoor.

Au sud-ouest de la baie de Barnstaple, la côte de Cornouaille tournée vers la mer d'Irlande n'a que de petits ports, Padstow, New-Quay, Saint- Yves, Hayle*. Saint-Yves est le plus important pour la pêche : c'est à qu'hivernent les grandes chaloupes qui poursuivent le pilehard, le hareng, le maquereau; Saint-Yves est aussi un port d'expédition pour les produits des mines importantes du voisinage, ouvertes autour des villes de Redruth et de Camborne.

La ville principale du versant méridional de la Cornouaille et l'un de ses grands marchés est Penzance, admirablement située au bord du golfe semi-circulaire que limitent, à l’ouest le massif du cap Land’s End, à l’est celui du cap Lizard : à une petite distance en mer, près du beau village de Marazion, s'élève la pyramide régulière du mont Saint-Michel, que hérissent au sommet les clochetons d’une antique abbaye. Penzance, la première ville de l'Angleterre dans la direction du sud et de l’ouest, est celle dont le elimat est le plus doux et la végétation spontanée la plus méridionale : les étrangers y viennent en grand nombre pour jouir de l'égalité de température, aussi bien que pour visiter les promontoires environnants, les roches de granit et de serpentine, les carrières et les mines, et le puissant dolmen de 15 mètres de long appelé « Disque du Géant » (Giant's Quoit). Penzance a quelques fabriques, usines métallurgiques, ateliers où l’on sculpte la serpentine en coupes et en vases; elle fait aussi un commerce assez important, surtout en primeurs destinées à l'alimen-

1 Mouvement du port de Barnstaple, en 1877, sans les caboteurs sur lest . 1760 navires, jaugeant , 93 540 tonnes.

» » de Bideford, » 1163 » » 21790 »

? Mouvement des ports, dans les districts de Padstow et de Hayle en 1877, sans les caboteurs sur Jest :

Padstow , . , . . . . . 1054 navires jaugeant 61 525 tonnes. Hayle, avec Saint-Yves. . . . . . . 110 » ». 195500 »

Bateaux de pêche de Padstow en 1877 : 115 embarcations montées par 322 pécheurs. Û de Iayle et Sant-Yves 275 » » 1410 »

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