‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 238 sur 552 · RACE TS · texte numérisé non relu

RACE TS

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trent en même temps dans le golfe de Bristol et se superposent en une seule vague. Un de ces flots, venant directement de l'Atlantique, a suivi la côte depuis le cap Land’s End ; un autre, refluant de la côte irlandaise, pénètre dans l'estuaire de la Severn par le milieu du golfe; le troisième enfin, se propageant du nord de la mer d'Irlande, rencontre le précédent au large du promontoire de Saint-David et s’unit à lui en doublant sa hauteur. La masse liquide énorme, presque toujours rouge et bourbeuse par l'effet des érosions, élève de 12 et 13 mètres le niveau du golfe au-dessus des eaux de basse mer; pendant les marées de syzygie, l'écart entre le flux et le reflux dépasse 18 mètres à Chepstow, à l'embouchure de la Wye'. À marée basse, l'estuaire de la Severn, où passe le reflux, augmenté des eaux fluviales, a bien l'aspect d’une véritable rivière; le courant n’a plus en certains endroits que 200 ou 500 mètres de rive à rive. Quelques-uns des bancs qui le bordent ont une plage ferme, bien limitée, que le flot rase comme un rivage de continent; même, entre la bouche de la Wye et celle de l’Avon, des roches forment le lit dans lequel s’écoulent les eaux de jusant : on a pu les utiliser pour y appuyer les piles de jetées, qui, de l’une et l’autre rive, s’avancent au loin dans l'estuaire; des chemins de fer, que réunit maintenant un bac à vapeur, s’y rejoindront tôt ou tard par un viaduc de 2700 kilomètres de longueur. Au large de la côte de Galles, un bane de sable et de vase, parsemé de quelques flaques d’eau, les Welsh Grounds, s'étend sur un espace de plus de 50 kilomètres carrés, et des champs de sable à perte de vue longent aussi la côte anglaise. Les grands navires qui n’ont pas utilisé l'heure de la marée pour entrer dans les ports et se remiser dans les bassins à flot doivent mouiller dans les fosses profondes du chenal, car des banes de sable obstruent çà et là le passage, et même les bouches de la Wye et de l’Avon sont parfois complètement fermées. Quant aux petites chaloupes de pêche, elles attendent sur les sables, où la baisse rapide de l’eau les à fait échouer. Les matelots voient de loin briller la crête des vagues qui viennent de la mer; ils entendent la voix de l'Océan remontant dans l'estuaire; bientôt le fleuve, qui descendait, s'arrête et reflue vers l’amont; les plages se rétrécissent de plus en plus ; elles affleurent le navire, creusent le sable au-dessous de sa quille, le soulèvent par secousses graduelles et de nouveru le mettent à flot : le pilote est au gouvernail et vogue sur la mer là où, quelques minutes auparavant, ne S'étendait que l'arène dure. En amont de l'estuaire, dans le lit rétréci du fleuve, la marée, retardée par les inégalités du fond

! Kinahan, Quarterly Journal of Geological Soctely, 1 feb. 1877.

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