‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 24 sur 552 · MER BALTIQUE · texte numérisé non relu

MER BALTIQUE

J9 phénomènes de es œux. Le nom de Baltique, d'origine probablement thuanienne, comme celui de l'ile Baltia dont parle Pline, est, dit-on,

SYNoPYme de « mer Blanche » el lui viendrait de ses vagues courtes el

clapoteuses, à l'écume blanchissante. Quant aux Allemands, ils ui donntrent jadis, lorsque les rivages méridiopaux de cette méditerranée étaient OCCUPÉS par des Slaves, le nom de mer Orientale (Ostsce), et cette désination, vraie pour le Danemark seulement, à fini par rester à l'ensemble du bassin maritime.

À certains égards, cette « mer Orientale » peut être considérée comme un affluent de “Atlantique, car elle lui donne beaucoup plus d'eau qu'elle n'en recoit, La Neva, je Niemen, la Vistule, l'Oder el les deux cent cinquante autres fleuves, grands el petits, qui se déversent dans la mer Bal-

tique, lui #pporlent une masse liquide bien Supérieure à celle que Jui fait perdre lévaporation, On n'a point encore mesuré directement ces apports ; mais, à en juger par l'eau de pluie et de neige qui tombe en moyenne dans le bassin de la Baltique, on peut évaluer à douze mille mètres cubes par seconde l'accroissement normal de la mer intérieure, Tout cet excédant doit s'échapper en entier dans l'Atlantique par le Sund et surtout par le détroit du grand Bolt, car le niveau de la Baltique n'est pas, comme on le croyait naguère, plus élevé que celui de la mer du Nord : les mesures précises faites aux deux extrémités du canal de l'Eider ont prouvé qu'en temps ordinaire les surfaces des deux mers sont précisément à la même hauteur. I fut done que les eaux surabondantes de la Baltique trouvent leur voie vers la mer du Nord, et l'on remarque en effet un courant de sortie qui se porte régulièrement de Copenhague et Helsingür vers le Kattegat, si ce n’est quand il est renversé où même neutralisé par les vents du nord?. Dans le grand Belt, porte de communication principale entre les deux bassins, la marche du courant de sortie est beaucoup plus régulière ?,

Néanmoins les fleuves maritimes qui S'échappent de la Baltique n'occupent point toute la profondeur du lit que leur offrent les détroits. De mème que dans les Dardanelles et dans le Bosphore, un contre-courant inférieur

d'eau plus saline, et par conséquent plus lourde, coule en sens inverse du

Ant. von Etzel, Die Ostsee und ihre Küstenlämuter,

# Marche du courant superficiel dans le Sund pendant 154 jours :

De Ja Baltique à la mer du NOUS 255 0 pes +. + « 86 jours, De li mer du Nord à Ia Baltique. : 13, OU Équilibre + TRE RU Dear CA

Forehlammer (et Prosilins, Philosophical Transactions, 1865. # Expedition der Pommerania, ITA.

iv,

courant supérieur d'eau relativement douce et légère, et va se répandre

au loin dans le bassin de la Baltique, Ni ce fleuve caché ne venait pas de

l'Atlantique pour maintenir la salure de la mer intérieure, celleser, où ne se jettent que des rivières d'eau douce, perdrait en un petit nombre de siècles tout le sel qir'elle renferme; elle ne serait plus qu'un large fleuve ayant l'aspect d'un golfe de l'Océan, mais n'en faisant point partie, L'analyse chimique de l'eau de la Baltique recueillie à diverses profondeurs à permis de constater l'existence de ces contre-courants inférieurs du grand Belt et du Sund, qui renouvellent incessamment la salure de la mer suédoise : les proportions du sel contenu dans les eaux de la surface et dans celles des profondeurs diffèrent toujours de plusieurs millièmes. Dans le grand Belt, les explorateurs Me.cr, Môbiu:, Karsten, Hessen, ont constaté que le courant supérieur d'eau ja suce à LS mètres d'épaisseur et qu'au-dessous la 1] masse d'eau saline venue de: haute mer est épaisse de près de 50 mètres". D'ailleurs, les travaux hydrauliques entrepris dans le port de Copenhague et dans le Sund ont fourni aux ingénieurs les moyens de mesurer directement le contre-courant salin, On à remarqué fréquemment que lorsque deux navires à voiles de grandeur différente essayent de remonter le Sund en luttant contre le courantsuperficiel, beaucoup plus mince dans ce détroit que Hi dans le grand Belt, le gros navire à de beaucoup l'avantage, grâce à l'eau profonde dans laquelle plonge sa carène et qui l'aide dans son mouvement, Au printemps, lors de la fonte des glaces, l'action des eaux salines se fait également sentir : de plusieurs degrés plus tièdes que le courant de la surface et néanmoins plus lourdes à cause de leur teneur en sel marin, elles fondent rapidement la partie inférieure des glaçons, et, grâce à elles, le phénemène du dégel accomplit en très-peu de temps. Pourexpliquer la disparition presque subite desglaces, les pêcheurs prétendent qu'elles plongent fl en masse pour aller se désagréger lentement sur le fond même de la mer. Quoique le contre-courant profond envoyé par l'Atlantique renouvelle incessamment la salinité des eaux intérieures, ainsi qu'on l’a fréquemment

observé sur les côtes allemandes jusqu'à Rügen ?, cependant les golfes

les plus éloignés de l'entrée ne reçoivent qu'une très-faible proportion de

sels : du Kkager Rak aux baies reculées de la Botnie et de la Finlande, les

flots deviennent de moins en moins salés, Tandis que la salinité de la mer

du Nord, quoique influencée déjà par la grande quantité d'eau douce sortie

de la Meuse, du Rhin, de la Weser, de FElbe, est à peine inférieure à la * Expedition der Ponmerania, ISTA,

® Meyer, Untersuchungen über physikalische Verhällnisse des westlichen Theiles der Ostsce, Ein Bcilrag zur Physik des Mecres.

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