‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 25 sur 552 · COURANTS ET SALINITÉ DE LA BALTIQUE · texte numérisé non relu

COURANTS ET SALINITÉ DE LA BALTIQUE

salinité motsnne de l'Océan, la proportion normale des sels est réduite de moitié à l'entrée de la Baltique, dans le Kattegat, dans le grand Belt et dans le Sund, du moins à la surface de l'eau. Vers le milieu de la mer intérieure, sur les côtes sud-orientales de la Suède, la salinité n'est que des six septièmes, et dans les golfes extrêmes, près de Saint- Pétersbourg, d'Umeä, de Torneä, l'eau superficielle est presque douce ! Méme aux environs de Stockholm, dans les baies extérieures, les riverains peuvent boire sans inconvénient l'eau à peine saumâtre de la mer; mais quand les vents d'est se maintiennent longtemps et font refluer l'eau du large dans le dédale des canaux de Stockholm, le lac Mälaren lui-même se mélange d’un flot salin. Suivant les alternatives des vents et l'abondance des rivières qui se jettent dans la Baltique, la salure de ses eaux varie constamment dans les mêmes parages; cependant elle n’est point suffisante pour qu’il soit possible aux riverains d'extraire du sel de l'eau marine. Pendant la guerre de Crimée, les habitants de la Finlande et de l'Estonie, privés de la provision de sel que leur apportent d'ordinaire des navires du midi de l'Europe, allaient en demander à bord des vaisseaux anglais et français, an risque d’être faits prisonniers”?.

La mer Baltique diffère aussi de la mer du Nord et de l'Atlantique boréal par les grands écarts de sa température de saison en saison ; à cel égard, elle ressemble plus aux lacs d’eau douce du nord de l'Europe qu'à la mer libre dont les flots viennent battre la Scandinavie, Tandis qu'au plus profond de l'hiver les côtes de la Norvège et de la Laponie, jusqu'au delà du cap Nord, ne se frangent pas d’un seul glaçon, tout le golfe de Botnie, tout celui de la Finlande se recouvrent d'une dalle de glace : la moindre salinité des eaux, leur manque de profondeur, enfin l'action des vents froids delest et du nord-est, que les collines de la Finlande et de la Russie ne peuvent arrêter dans leur course, sont les causes de cette congélation hivernale dune grande partie de la Baltique. Les deux golfes restent pris en moyenne pendant cinq mois, de novembre en avril; mais les côtes germaniques de la mer principale sont aussi bordées de glaces jusqu'à une assez grande étendue en mer; leseaux libres qui s'étendent au centre du bassin sont parsemées de glaçons flottants, et les canaux de sortie sont interdits à la navigation à

! Salinité moyenne de l'Océan. . , . . . . . . . . 54.404 pour 1000, » de Ja mer du Nord . . ÿ À à ce 4 1004020 »

» du Kaltegat et du Sund. . . . . . . 16.950 » de la Baltique... , 4,591 »

» de la rade de Kronstadt . . . . . 0.610 »

(Forchhammer, Philosophical Transactions, 1865.) # Ant, von Etzel, Die Ostsee und ihre Küstenländer.

PIE Le

cause des fragments glacés que les courants + promènent en longs convois.

En quelques années de grands froids, la Baltique à même été prise en entier, et des routes de commerce ont été frayées lemporairement à sa surface, Au moins dix fois, pendant le treizième, le quatorzième et le quinzième siècle, la glace s'étendait en plaine continue des côtes de la Russie à celles de la Suède, des plages de l'Allemagne aux rivages de la Laponie; les îles du Danemark étaient réunies de chaque côté à la terre ferme, et même en dehors de la Baltique, le Fydland s'était rattaché à la Norvège. Des caravanes de marchands se rendaient de la Suède et du Danemark à Lübeck, à Rostock, à Stralsund, à Danzig : on érigea même des auberges au bord de ces routes, et des foires se tinrent sur la glace. Les loups passèrent aussi des forêts de la Norvège dans les plaines du Jydland. En 1658, des armées s’aventurèrent même sur la gl e et S'y heurtèrent en batailles. Frédéric TE, roi de Danemark, ayant isnprudemment déclaré la guerre à la Suède, Charles-Gustave, qui guerroyait alors en Pologne, accourut aussitôt; il campa au bord du petit Belt as son à née de 20 000 hommes, fit sonder la glace et y hasarda chevaux, canons, trains d'approvisionnement; il battit l'ennemi qui voulait l'empêcher d'aborder dans l’île de Fyen (Fionie), puis, s'engageant sur les glaces du grand Belt par les îles de Laaland et de Falster, 11 entra dans l'île de Själland et vint dicter la paix à Copenhague. Mais en 1809 La capitale de la Suède fut à son tour menacée par une expédition russe qui traversa la Baltique, à l'endroit le plus étroit du golfe de Botnie, à où se trouve l'archipel des Qvarken. Pendant les quatre derniers siècles, les grandes congélations de Ta Baltique ont été plus rares qu'elles ne l'étaient précédemment, IP y à pour l'ensemble du bassin un radoucissement certain dans la rigueur des froids extrêmes de l'hiver : c'est lun fait contraire à l'hypothèse de ceux qui croient, avec Adhémar, au refroidissement de l'hémisphère du nord depuis le douzième siècle!

Les montagnes de glace flottante ne se voient point dans la Baltique comme dans les mers polaires; mais çà et Jà des bloes détachés de la côte s'élèvent à # et à mètres au-dessus de l’eau et donnent comme une image affaiblie des fragments de glaciers que l'on voit cheminer sur les flots au sud du Spitzberg et du Grôünland. Ces blocs, de même que ceux des époques glaciaires, font voyager quelquefois des pierres et d’autres débris : ils conünuent, d'une manière affaiblie, ce transport des erratiques, jadis st important dans l'histoire géologique de la péninsule Sceandinave, de la Finlande et de la Germanie, Les mémoires scientifiques citent un grand nombre de

1 Révolutions de La mer.

GLACES DE LA BALTIQUE. 37 dis, faits qui témoignent de ce déplacement des rochers emportés du nord au een sud par le courant de débâcle : on a même vu des blocs de granit, pesant gul'= des millions de kilogrammes, transportés ainsi de la côte finlandaise à ile

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