BATH
sieurs pierres où la divinité Sulis, adorée aussi dans la Bretagne gauloise, était associée à Minerve', Bath est déchue de son ancienne gloire. Au dixhuitième siècle, un roi de la mode, le « beau » Nash, avait su attirer à Bath, par les fêtes, les danses et le jeu, tout le monde élégant de l'Angleterre ; mais les monuments somptueux qu'il fit construire ont un air de tristesse et d'abandon; la foule ne se presse plus sous leurs colonnades et dans les places qui les entourent. Leamington, Cheltenham, Malvern et les villes du bord de la mer ont remplacé Bath comme centre d'attrac-
N° 07, —— BATH ET DRISTOL.
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tion des riches baigneurs; maintenant ce sont principalement des bourgeois ayant une modeste aisance qui choisissent là capitale du Somerset comme résidence. Outre ses édifices du siècle dernier, Bath possède une belle église d'abbaye. L'industrie des draps, jadis très-prospère dans le pays, n’y existe plus, et la ville reçoit de Londres presque tout le papier marqué comme provenant des usines locales. L'enfant le plus illustre de Bath est le navigateur Parry, qui n’a encore été dépassé par aucun voyageur sur le chemin du pôle arctique. Le célèbre astronome Herschel, le
1 Ernest Desjardins, Notes manuscrites.
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premier de sa dynastie, fut longtemps musicien à Bath : c'est là qu'il commença sa carrière de savant,
À l'ouest de Bath, l'Avon laisse sur sa rive droite la grande commune de Bitton et bientôt après déroule ses méandres dans la ville de Bristol, l'une des cités les plus actives de l'Angleterre. Au quatorzième siècle, Bristol le cédait à peine en importance à la capitale : lorsque le roi Édouard HE fit un appel général à toutes les villes maritimes du pays pour le siège de Calais, la part qu'eut à fournir Bristol était de 24 navires, tandis que Londres avait à équiper seulement un navire de plus. Lors des grandes expéditions qui suivirent la découverte du Nouveau Monde, c'est dans le port de l'Avon que furent armés les bâtiments qui devaient eingler vers les terres inconnues. C'est de Bristol que partit en 1497 Le navire Mathias, sur lequel Sebastiano Gabotto, Vénitien de race génoise', aborda la terre ferme d'Amérique, probablement le Labrador, quatorze mois avant que Christophe Colomb eût lui-même touché le rivage du continent”, Dans ce siècle-ci, Bristol est aussi la cité maritime d'Europe d'où le premier bateau à vapeur se soit aventuré vers le nouveau continent : en 1858, le Great Western, commandé par le capitaine Hosken, sortit de l'Avon et gagna sans accident le port de New-York. Toutefois, nous l'avons vu, Bristol n'est pas la ville commerciale qui a recueilli le principal bénéfice de ses tentatives : Liverpool est devenu le grand port d'armement des vapeurs transatlantiques. D'ailleurs, la déchéance relative de Bristol avait déjà commencé depuis plus d'un siècle, et les bourgeois de la ville n'avaient qu'à s'accuser des progrès que leur rivale faisait à leurs dépens. Disposant de privilèges tyranniques, déguisés, comme d'habitude, sous le nom de « libertés », ils ne permettaient aux étrangers de s'établir dans la cité qu'à titre d'inférieurs, et d'avance ils leur rendaient impossible toute initiative en les enserrant de formalités nombreuses. C’est ainsi que se perdirent peu à peu les avantages considérables donnés à Bristol par sa position exceptionnelle et par les relations acquises *.
Néanmoins Bristol est toujours l’un des ports de commerce les plus fréquentés de la Grande-Bretagne. La rivière Avon, que le flot gonfle de 6 à 10 mètres, suivant l’époque de la marée, porte les plus grands navires jusque dans la ville, qui les reçoit en de vastes bassins, fermés à l'heure du reflux. Au commencement du siècle, un nouveau lit fut creusé à l'Avon dans toute la traversée de Bristol, et l'ancien lit, agrandi, pourvu
! D'Avezac, Bulletin de la Société de Géographie.
> Oscar Peschel, Geschichte des Zeitallers der Entdeckungen. 5 Ialley, Atlas maritimus el commercialis.