‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 274 sur 552 · OXFORD, LA · texte numérisé non relu

OXFORD, LA

de la résistance, [ne tombe pas une pierre à Oxford qu'on ne la remplace religieusement par une autre de forme semblable; de même, il n'existait pas une ancienne idée, pas un usage des vieux temps, que les savants docteurs, retirés dans ces collèges aux murailles noireies, comme en des forteresses, ne cherchassent à les soutenir de leur influence et de leur érudition. Quoique Wicklef eût été l'un des professeurs d'Oxford, l'université s'opposa très-énergiquement aux progrès du protestantisme en Angleterre, et c'est devant un des collèges, celui de Balliol, que, sous le règne de Marie Tudor, furent brûlés les savants Cranmer, Ridley et Latimer. Lors de la Révolution, Oxford prit parti pour les royalistes et c'est là que Charles E vint établir son quartier général pendant la guerre, Depuis cette époque, l'université tint à honneur de rester le foyer des idées conservatrices : seulement, les traditions ont été brusquement rompues dans ces derniers temps, un nouveau courant d'idées entraine une partie des professeurs et des élèves, et c'est précisément à Oxford que les opinions exirèmes, dans un sens ou dans un autre, sont maintenant le mieux représentées, D'ailleurs il n'est pas de ville en Angleterre, pas même Londres, où les défenseurs des causes opposées puissent trouver plus d'arguments à leur service dans les travaux du passé, car nulle part les facilités d'étude ne se trouvent réunies en si grande abondance dans un si petit espace. Tous les collèges ont leurs laboratoires, leurs bibliothèques, leurs collections diverses, que l'on a pris à tâche dans ces derniers temps de spécialiser, afin de leur donner une plus grande valeur pour les hommes d'étude, Un musée d'histoire naturelle s'enrichit de jour en jour ; la Taylor Enstitution est à la fois une collection fort complète des ouvrages modernes et un musée d'antiquités et de beaux-arts : on y voit de belles sculptures antiques, 162 dessins originaux de Raphaël et 79 de Michel-Ange, achetés par souscription, L'édifice des Schools contient les précieux « marbres d’Arundel », inscriptions et sculptures recueillies pour la plupart dans l'Asie Mineure, et c'est là que se trouve la fameuse bibliothèque bodleienne (Bodleian), ainsi nommée, en 1597, de son fondateur Bodley : cette collection, fort riche, puisqu'elle renferme environ 400 000 volumes ! et 25 000 manuserits, est importante suriout par la valeur inestimable de quelques séries d'ouvrages qui ne se trouvent point ailleurs ; certaines collections de manuscrits, grecs, latins, persans, tures, chinois, anglo-saxons, possèdent des travaux uniques au monde. La Bodleian Library reçoit, sur la demande des curateurs, un exemplaire des ouvrages imprimés chaque année en Angleterre; en outre, elle s'enrichit,

1 Bodleian Library en juillet 1878... . . . . . . . . . . 394000 volumes. Accroissement annuel... , . . . , . , . . . . . . . 3 000 »

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de même que les autres établissements d'Oxford, de collections précieuses procurées par d'anciens élèves, riches seigneurs qui se glorifient d'être les « nourrissons » d'Oxford. Ensemble, les diverses bibhothèques appartenant à l'université ont certainement plus d'un million de volumes, presque autant que le British Museum; mais on regrette que ces trésors, éloignés d'une grande ville, ne puissent guère servir qu'aux membres gradués de l'université et aux savants étrangers qui pour leurs recherches sont obligés de rendre visite aux sanetuaires de la science. Pendant les vacances, les bibliothèques sont presque toujours désertes. C’est alors qu’on voit combien insignifiante est la vie propre d'Oxford : sans les deux mille six cents étudiants, sans la foule des parasites qui se presse autour d'eux et qui vit de leurs prodigalités, la ville semble déserte : l'herbe pousse dans les rues,

Au-dessous d'Oxford, la Tamise, qui descend vers le sud pour contourner les Chiltern-Hills, pénètre dans le Berkshire ; elle traverse, comme en amont, une région où les villes sont peu nombreuses : encore en 1728 pas un seul pont de pierre ne franchissait le fleuve entre Oxford et Londres”. Abingdon, la première ville que baigne la Tamise, fait, grâce au canal qui la met en communication avec Bath et Bristol, un irès-grand commerce de céréales et principalement d'orge pour la fabrication de la bière. Plus bas, la Tamise (Thames) reçoit la rivière Thame, presque homonyme, qui arrose, dans sa région supérieure, la région d'Aylesbury, fameuse par ses cultures et ses prairies. Aylesbury est une des villes qui envoient à Londres pour les fêtes de Noël le plus d’oies et de canards.

La Kennet, qui rejoint la Tamise à la convexité méridionale d’un long méandre, naît dans le Wiltshire, sur les plateaux crayeux de Marlborough, non moins riches que la plaine de Salisbury en débris préhistoriques : les tombelles y sont nombreuses et l’on y a trouvé des amas prodigieux d’ossements : un double cercle de pierre existait encore en 1725 près de Marlborough. À dix kilomètres à l’ouest de la ville est l’ancien « temple » d'Avebury ou Abury, enceinte de 1350 mètres de tour, entourée d’un fossé profond et d’un rempart de 21 mètres de hauteur. Elle renferme deux cercles de pierres non taillées, tandis qu’en dehors des avenues de menhirs mènent aux remparts d'Avebury et que près de là se dresse le tumulus de Silbury, haut de 58 mètres, que contourne une voie romaine. De tous les «temples » préhistoriques de l'Angleterre, celui d'Aveburv, qui s'étend sur une superficie de plus de onze hectares, a les plus vastes dimensions ; mais les maisons d'un village et les haies des champs et des jardins empèchent

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