WINDSOR, ETON
renferme plusieurs tombes de rois et de princes, et que décorent des vitraux, des statues, des sculptures, les marbres les plus précieux. D'ailleurs, le palais est dans son ensemble un vaste musée de tableaux, de statues, de tapisseries, d'œuvres d'art de toute espèce, offertes en présent ou achetées par le trésor royal. Dans les salles d'apparat on se promène entre des chefs-d'œuvre, auxquels l'espace n’est pas trop étroitement mesuré : une salle est consacrée à Rubens, une autre à Van Dyck; dans une troisième, presque tous les portraits sont de Thomas Lawrence. La collection des dessins de maîtres est peut-être la plus riche qu'il v ait dans le monde, et la bibliothèque, malheureusement bien peu fréquentée par les hommes de science, renferme beaucoup d'ouvrages d'un prix inestimable. Nulle retraite n’est plus agréable pour l'étude : des fenêtres en saillie, suspendues pour ainsi dire au-dessus des terrasses, on voit la plus riche campagne de l'Angleterre et la Tamise qui serpente au milieu des prairies.
En face de Windsor, sur la rive gauche du fleuve, et presque à l'ombre du château royal, est le collège d’Eton, fondé en 1#40, sous le règne de Henri IV, pour recevoir € vingt-cinq pauvres écohers de grammaire » et « vingt-cinq pauvres vieillards infirmes, chargés de prier pour le roi », mais devenu peu à peu l'école la plus aristocratique du royaume, celle des jeunes gens de noble famille, de grande fortune ou de haute ambition, que
l hs 0 , £ *« \ , on voit pendant la journée presque tout entière, au nombre de huit à neuf
cents, jouer au eneket dans les prairies, où pêcher à la ligne, ou ramer sur la Tamise. Les environs de Windsor, chantés par les poètes de l’Angleterre depuis Shakespeare, sont riches en souvenirs, et le «€ grand pare », qui s'étend au sud du château, sur un espace de 750 hectares, renferme divers monuments; mais il a surtout ses admirables avenues, ses arbres puissants, ses charmantes pelouses et les eaux tortueuses de Virginia- Water. A l'ouest de cette nappe d’eau sont les vastes pâtis de Bagshot-Heath et le célèbre hippodrome d’Ascot. Dans un des palais du pare, Manor-Lodge, on a récemment établi une manufacture de tapisseries dirigée par des ouvriers français.
Au-dessous de Windsor et d’Eton, qui ne forment plus maintenant qu'une seule ville, la Tamise décrit de nombreux méandres en venant se heurter, de distance en distance, à la base des plateaux du sud : elle passe devant le village d’Old Windsor, puis elle entoure l'ile fameuse de la Magna Charta, où le roi Jean Sans Terre fut forcé, en 1216, de signer l'acte qui devait limiter à jamais les prérogatives royales. À droite est le village d'Egham, près duquel est un grand champ de courses; puis vient la ville de Staines, où, depuis 1280, commence la juridiction du port de Londres. C’est que
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496 NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE.
à viennent se réunir à la Tamise plusieurs affluents dont les vallées étaient autrefois les chemins naturels du commerce, Une de ces rivières, la Colne, qui vient des Chiltern-Hhlls, à dans son bassin le vieux bourg d'Uxbridge, Watford, longue rue dont la commune possède plusieurs papeteries, et Saint-Albans, l'ancien Verulamium (Verulam), dont lord Bacon, seigneur de la contrée, avait pris le titre : ee fut, dit-on, la ville romaine la plus populeuse du sud de l'Angleterre; elle à pris son nom actuel d'une abbaye, jadis très-puissante, dont il reste une église ogivale, récemment restaurée, el contenant quelques restes du dixième siècle, mélés à des constructions des époques suivantes. Saint-Albans est un de ces «hourgs pourris» auxquels le droit d'envoyer deux membres au parlement dut être enlevé en 1852 pour ca de corruption électorale par trop scandaleuse. Non loin de Saint-Albar: ‘ancienne abbaye de Rothamsted, utilisée depuis 1845 comme laboraioir. agricole et entourée de champs d'expériences, Le château de Cassiobury, près de Watford, possède une importante bibliothèque et l'un des plus beaux pares de l'Angleterre.
La rivière Wey, qui rejoint la Tamise en aval de Staines et de Chertsey, dans une région qu'envahissent des faubourgs avancés de Londres, arrose une vallée très-peuplée, entre des plateaux et des coteaux déserts. Au sud du camp d’Aldershot, elle passe à Farnham, puis, se heurtant à la chaine des North-Downs, elle se détourne à l'est par Godalming, où elle devient navigable : c'est là qu'a été transférée de Londres, en 1872, l’école dite des « Chartreux », Charterhouse, l’une des plus importantes de l'Angleterre, lune de celles où les élèves étudient le plus sérieusement : ils y sont limités au nombre de cinq cents. En aval de Godalming, la rivière s'échappe par une brèche des collines, aussi nette que st elle avait été coupée par un glaive : la ville de Guildford qui garde le passage est une ancienne résidence des rois saxons de l'ouest, et mainte vieille construction y date du moyen âge. Peu de paysages en Angleterre ont autant de charme que ceux des environs de Guildford, avec leurs admirables prairies, leurs bouquets d'arbres, leurs cultures soignées, leurs murailles couvertes de lierres, et les chemins unis qui serpentent au flanc des coteaux entre les haies, Mais à peu de distance au nord de la brèche recommencent les terrains de graviers et les bruyères : lt est le cimetière de Woking, la plus grande nécropole de Londres, comprenant une étendue de près de 9 kilomètres carrés.
La Mole, autre cours d'eau qui naît en plusieurs ruisseaux au milieu des campagnes du Weald, passe, comme la Wey, dans une brèche des North- Downs, à Dorking, pour gagner ensuite par de nombreux détours la plaine
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