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502 NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSELLE,
gation viennent ÿ former leur principal nœud, Avant même que les grands avantages de Londres comme port de commerce international eussent été révélés, un maire demandait ironiquement au roi qui parlait de déplacer le siège du gouvernement : « Et la Tamise, nous la laisserez-vous? » Ville déjà importante à l’époque romaine, puisque Tacite la dit fameuse par son mouvement d'affaires et par l’affluence des étrangers, Londres grandit lentement pendant les siècles du moyen âge, et quelquefois des guerres, de longues crises commerciales, des épidémies arrêtèrent ses progrès où même en diminuèrent la population : jusqu'aux premières années du dix-huitième siècle, Paris fut sa rivale pour le nombre des habilants, et sans aucun doute elle lui fut supérieure à diverses époques. Mais dès que l'Angleterre fut en possession du commerce des Indes et que le port de la Tamise eut pris ainsi une nouvelle importance par ses échanges avec l'Asie extrême, Londres distança définitivement Paris : sa population, qui dépassait un demi-million d'hommes au commencement du dix-huitième siècle, était de près d’un million cent ans après, et depuis cette époque elle a quadruplé. L'aceroissement normal, qui pendant la dernière décade était de 45 000 personnes, est maintenant d'au moins 60 O00 habitants chaque année : l'augmentation est la même que si un village peuplé de 240 personnes surgissait tous les jours pour s'ajouter à l’immense agglomération ; en moyenne, plus d’une maison par heure vient se dresser autour des 530 000 autres maisons que comprend déjà la métropole. Les empiètements de Londres sur la campagne ressemblent par leur marche inexorable à un phénomène de la nature : la mer de « briques et de morler » s'agrandit sans cesse comme la surface d’un lac qui vient de rompre ses digues. Et tandis que Londres augmente en étendue, par des faubourgs, comparables à ces nœuds de racines traçantes que certaines plantes projettent autour d'elles, les villages de sa banlieue s’accroissent aussi ; ils deviennent des villes, et bientôt se trouvent englobés dans la cité qui déborde : de même qu'il y a trois cents ans, Londres et Westminster, autrefois distinctes, se sont fondues en une seule capitale, de même Greenwich et Woolwich se soudent avec leur puissante voisine par des isthmes de maçonnerie ; Croydon, Wimbledon, Putney, Richmond, Kingston, Brentford, sont sur le point de perdre leur individualité de communes indépendantes, pour n'être plus que des faubourgs londoniens : on dirait des gouttelettes rapprochées qu'attire une goutte centrale et dont elle se grossit. successivement, On sourit en pensant à l'édit sévère de la reine Élisabeth défendant de bâtir une maison quelconque à moins de trois milles autour de Londres et de Westminster, enjoignant de démolir tout hangar élevé dans les sept
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